Publié par : marlène Belilos | janvier 12, 2015

11 janvier 2015 :L’homme qui marche

Mettons d’entrée notre réflexion sous la tutelle de Giacometti. L’homme qui marche , une oeuvre de 1956.

Après ces trois jours de sidération devant le poste de télévision, tenue en haleine par des justiciers exposant leurs forfaits en direct à la télévision, la possibilité d’aller manifester a été vécue comme une libération.

Manifiester, je laisse, merci le logiciel,oui c’était ça « manifiester »,  avec qui ? Vraiment ce n’était pas la question , manifester sa présence avant tout, qu’on était là, qu’on pouvait se déplacer, se montrer.

Et les espérances furent satisfaites . Nous avons marché , retrouvé le climat de bienveillance de 1968.

Alors aujourd’hui ? Bien aujourd’hui? Régenter les extrêmistes religieux ? Ce n’est pas mon job.

En revanche , savoir pourquoi ces tensions existent dans la société française et comment les atténuer, ce sera important.

La société métissée que j’apprécie , est traversée de tous ces courants. Oui, la décolonisation a été manquée, oui les espoirs déçus et
les jeunes à la recherche d’objectifs.

C’est tout cela qu’il faudra prendre en compte images

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Publié par : marlène Belilos | mai 30, 2013

Je me souviens du yacht du Roi Farouk, paru, éditions Michel de Maule

Le-Yacht-du-roi-Farouk/337.htm sur TV5 présentation du livre

 

Dans une limousine, Farouk en grande tenue d’amiral, habit blanc d’apparat, est assis à côté de son chauffeur.

Il est à peine reconnaissable sous ses lunettes noires, le visage s’est épaissi, il n’a plus rien à voir avec l’ovale parfait, qui illustrait les timbres d’Egypte, teintés d’un violet ou d’un vieux rose passé.

De la main, il protège ses yeux, la voiture parcourt la Corniche d’Alexandrie, pour la dernière fois, dans la fraîcheur d’une fin d’après-midi orientale. 

Il vient de quitter son blanc palais d’été de Montazah. 

Les Egyptiens après la révolution envahiront les pelouses, pour vérifier la véracité de la légende. Il se racontait que le Roi dépensier, y avait acclimaté des arbres d’essences rares venus d’Europe et que des biches s’ébattaient dans une forêt de sapins.

 Il rejoint Ras El Tin, la pointe de la figue, son autre palais gris, celui-là, et qui fait pendant à l’autre, plus solennel et d’une construction tarabiscotée.

A quoi pense-t-il ? A cet autre voyage ? Quand à 16 ans, il était revenu, frais émoulu de l’Académie de Woolwich, l’école des officiers anglais, pour succéder à son père.

 Il est loin le temps où l’on parlait avec fierté du collier de la Reine quand les réverbères s’allumaient sur la Corniche. La Reine Faridaavait son âge, le mariage avait été, comme il se doit, un mariage de légende, mais n’avait pas résisté aux pressions d’un entourage critique Que valait une belle jeune femme musulmane certes, mais élevée à l’européenne et avec qui le roi entendait partager non seulement sa vie, mais son pouvoir ? Elle fut donc répudiée, non sans avoir donné naissance à trois filles. Ce n’est qu’un peu plus d’un an avant son départ d’Egypte, qu’il rencontre la jeune Narrimann, c’est elle qui lui donne un fils, Fouad dont la naissance fut saluée par des volées decoups de canon qui firent pleurer Mohammed Ali, le grand-père du Roi. C’est avec ce petit Fouad, bientôt rebaptisé pour la forme Fouad II, que Farouk s’embarque sur son yacht pour quitter l’Egypte.

Guy Bedos à l'enterrement de Moustaki

Guy Bedos à l’enterrement de Moustaki

  • Il y avait la belle part du monde chantant pour la dernière de Moustaki au Père Lachaise, Maxime le Forestier, Higelin, Bedos, et les plus jeunes, Cali, Arthur H… ; pour entrer, le mot de passe lui aurait plu, c’était Milord.

L’atmosphère était un peu « baladi » comme on aurait dit en Egypte, dans notre Egypte, la sienne et la mienne « sans façons ». Et comme en Egypte, il faisait presque beau et les badauds échangeaient leurs anecdotes, glanées dans « Voici » ; peu l’avaient connu.

Celui qui avait toujours un peu de ce sable de la grande plage d’Alexandrie dans la voix, qui lui donnait ce timbre particulier, ne pouvait plus parler à la fin. Et surtout, m’a confié Areski, il ne ne voulait plus qu’on le voit. Il s’était réfugié dans une clinique à Nice.

En Egypte, tous les Messieurs sont un peu fainéants

Il faut avoir connu l’Egypte, y être née comme moi, pour savoir ce qu’était l’élégance de ces hommes, leur raison d’être .

Moustaki était un peu comme mon père, né aussi là-bas, ces hommes déambulaient dans les rues d’Alexandrie avec nonchalance, vêtus de costumes blancs impeccables qui se détachaient comme des taches de lumière sur le pavé, ou encore sur la Corniche à l’heure où l’air se rafraîchit, après la sieste.

Moustaki se vantait d’être fainéant, mais en Egypte tous les Messieurs l’étaient un peu.

Sa librairie, celle de son père, était tout près de chez moi, dans la rue commerçante. La Cité du Livre, c’est là que j’allais faire des rafles de livres, Moustaki la comparait à la Sorbonne, tant s’en faut… méditerranéen jusqu’au bout, Moustaki.

Fin de notre adolescence totalement inconsciente

Quitter Alexandrie avait été une véritable déchirure pour lui, comme pour tous ceux qui ont quitté avec Farouk ou un peu avant ou un peu après. Fin de la royauté, fin de notre adolescence totalement inconsciente.

Les familles cosmopolites ont rejoint ce qu’elles supposent être leur coin du monde. Chez moi, on était juifs mais de Syrie ou de Turquie ou d’Espagne, chez Moustaki on était de Grèce… mais tout ça reste assez nébuleux.

Les passeports s’échangeaient. Ce qui reste, ce sont les langues que l’on parlait indifféremment, et pas très bien, et surtout le goût de passer de l’une à l’autre. Rouler les mots comme les enfants. Le français d’abord, que l’on apprenait au Lycée et qui fit que jamais il n’y eut de doute pour lui de le choisir, mais tout en gardant la familiarité avec toutes les autres.

C’est ce qui fascine le monde, mais c’était tellement naturel. L’italien, le grec, l’arabe, et l’espagnol et le catalan… A l’enterrement, son garde du corps arabe pleurait à chaudes larmes, un couturier italien m’expliquait qu’il lui avait appris le grec, un chanteur racontait les concerts de Moustaki en Catalogne.

« Ne regarde pas cette femme de mauvaise vie avec son gigolo »

Quand j’arrivais à Paris, un peu plus âgée que lui, je logeais chez ma tante, Boulevard Lannes.

Souvent je me penchais à la fenêtre pour regarder la rue très animée. Ma tante me rabrouait : « Ne regarde pas cette femme de mauvaise vie avec son gigolo ».

C’était sa voisine du dessous, c’était Edith Piaf et Georges Moustaki.

Comme on voit, tous les juifs d’Alexandrie n’avaient pas forcément les idées larges.

Publié par : marlène Belilos | mai 24, 2013

la librairie des parents de Mustaki à Alexandrie

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Publié par : marlène Belilos | mai 23, 2013

A la machine à lire à Bordeaux , le vendredi 30 mai

Marlène Bélilos

Vendredi 31 mai

18h30

belilosAutour de l’ouvrage dont elle a assuré la direction : Freud et la guerre publié aux éditions Michel de Maule.

Marlène Belilos a travaillé à la Télévision Suisse Romande de 1964 à 1971 et produit et assuré en tant que journaliste plusieurs émissions : Champ Libre, Carré Bleu, En Marge, La Quinzaine des Arts, Correspondances. Établie à Paris depuis 1991, après un passage dans l’enseignement secondaire à Genève, elle a travaillé pour plusieurs médias : France-Culture, TV5 Monde et aussi pour la Télévision Suisse Romande et la Radio Suisse Romande. Elle écrit aujourd’hui régulièrement pour Rue 89.com. et se consacre principalement à la psychanalyse. Elle a publié divers articles dans L’Anti Livre noir de la psychanalyseLa Règle du jeu et la revue La Cause freudienne. Elle est membre de l’École de la Cause freudienne et de l’Association mondiale de psychanalyse.

« À la question que lui pose Einstein : « …existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre ? », Freud répond tout au long de son texte Pourquoi la Guerre ? : «…tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre.» Mais c’est un travail forcé et Freud ajoute que «L’humanité subit le phénomène de la culture». Il reprend ainsi, à nouveaux frais, ses considérations sur la guerre et sur la mort en faisant valoir que «Celui qui est ainsi obligé de réagir constamment dans le sens de prescriptions qui ne sont pas l’expression de ses penchants pulsionnels, vit, psychologiquement parlant, au-dessus de ses moyens…» La civilisation s’oppose à la guerre mais la pulsion entrave la civilisation. Seule la civilisation peut empêcher la guerre et pourtant elle la provoque par le renoncement pulsionnel exorbitant qu’elle impose. Ni à l’intérieur ni hors de la civilisation, ni externe ni interne, la guerre lui est extime. » (Francis Ratier, Médiapart)

La rencontre est organisée à l’invitation de l’ACF Aquitania et de l’équipe de Tresses et sera animée par Geneviève Cloutour-Monribot et Pénélope Fay.

Ecoutez Boris Cyrulnik

Publié par : marlène Belilos | avril 23, 2013

Les 43 journées de l’ECF sur les traumatismes dans la cure analytique

http://www.journeesecf.fr/

 

Ecoutez Benjamin Stora

http://youtu.be/j9U5-XQWjjk

Publié par : marlène Belilos | février 19, 2013

Les temps morts des reporters de guerre

Les temps morts des reporters de guerre

Une guerre sans images existe-t-elle encore? Une guerre sans la présence de reporters

est-elle réelle? La question devenait surréaliste , la guerre devrait-elle être attestée par les

photoreporters?

C’est sur ce thème de l’absence d’images dans la guerre du Mali, que Nicolas Demorand

avait invité deux reporters, au Théâtre de la ville, endossant allègrement le propos du

discours télévisuel, les récits journalistiques ont justement eux, l’avantage de se passer

d’images. Albert Londres n’avait pas d’images sauf celles qu’il construisait.

Les reporters d’aujourd’hui seraient les victimes de cette guerre sans images.

C’était la plainte contradictoire formulée par Patricia Allemoniere , journaliste à TF1.

Comment se plaindre d’une part, de n’avoir d’autre choix que celui d’être embarqué avec

l’armée, pour travailler, on se souvient que ce fut le choix de Joseph Capa, auteur des

clichés mémorables sur le débarquement allié, et d’autre part refuser de prendre le risque

d’être prise en otage, n’ayant  » pas envie de passer trois ans dans une grotte ». Florence

Aubenas appréciera, il n’est pas sûr qu’elle ait eu envie d’être prise en otage?

Le propos est au minimum maladroit et sinon injurieux.On apprit au passage que TF1

dispose d’un service psychologique pour les retours difficiles!.

Le reporter de guerre fut longtemps un aventurier, plein d’empathie pour le « camp d’en

face », comme le souligna Jean Pierre Perrin, grand reporter à Libération, « je n’étais pas

spécialisé dans la guerre, je connaissais le pays, et en temps de guerre, je voulais

partager l’épreuve avec une population que je connaissais » .

Aujourd’hui le mercantilisme a gagné les combattants, le reporter est une monnaie

d’échange et sa capture un défi.  » Il faut l’admettre le monde a changé, le point de bascule

cʼest le 11 septembre, expliqua JeanPierre Perrin, avant j’ étais ami avec des djedahhins,

mais aujourd’hui rien nʼest plus sûr.

Mais que veulent il nous montrer que nous n’ayons déjà vu?

Que veulent-ils voir?

La photo de guerre est-elle encore d’actualité ? La question resta sans réponse. Y-a t-il

une valeur pédagogique à ces images ? Les questions que les reporters se posèrent sans

apporter de réponse ?

La guerre exerce toujours une véritable fascination, souvent inexplicable, l’idée de

témoigner permet de l’approcher, de voir la mort de près, cette séduction évidente offre

sans conteste une mise a distance de sa propre mort.

Il faut relire Susan Sontag, et son essai intitulé »Devant la douleur des autres », où elle

disait déjà» Aucune icône laïque que sont ces images douloureuses ne nous détournent

de l’horreur de la guerre, en revanche «l’attrait du voyeurisme et l’éventuelle satisfaction

de pouvoir se dire » ce n’est pas à moi que cela arrive…il parait normal d’éluder la question

du malheur des autres. »

Pour la suivre, cʼest peut-être ce dont il sʼagit mettre à distance «la douleur des autres» ,

abandonner une partie de cette jouissance, pour imaginer autre chose.

« Photographier les temps morts de la guerre », Martin Brugmann

Un photographe, Martin Brugmann qui expose en ce moment à la Maison dʼart, Bernard

Anthonioz, à Nogent-su-Marne, a développé une autre approche, aussi efficace.

A défaut de se rendre sur le «théâtre des opérations» et de chercher à rejoindre à tout prix

sur le front, dont il pense quʼil est difficile à déterminer, pour photographier les morts, les

victimes de la guerre, il photographie la guerre dans ses « temps morts ». Il prend une

distance et propose des images dont il espère quʼelles susciteront une réflexion. Ainsi

cette photo d’un soldat armé jouant avec une petite fille blonde, contraste de lʼinnocence

et de la barbarie, Les conflits ont évolué, on ne peut les montrer comme la guerre

d’Espagne. Il faut prendre acte de la guerre d’aujourd’hui, avec des forces en présence

mal identifiées, le 11 septembre oblige les photographes à redéfinir leur perpective.

La photo qui vient d’obtenir le World Press Award est celle de deux palestiniens tenant

dans leurs bras des enfants morts et visibles à travers les sacs de polystyrène qui les

enveloppent, quʼon ne peut qualifier directement de photo de guerre, préfigure cette

nouvelle approche.

L’image des avions perçant le Trade World center vu par le monde entier et provoquant

une sidération générale a dépassé les pires clichés, l’horreur n’était pas visible seulement

imaginée.Des images qui donnent moins à voir quʼà imaginer, serait-ce la nouvelle clef?

Marlene Belilos

Susan Sontag, Devant la douleur des autres, Christian Bourgois, éditeur.

Maison dʼart Bernard Anthonioz, 16, rue Charles VII, Nogent -sur-marne, Martin

Brugmann

Publié par : marlène Belilos | février 7, 2013

Psychanalyste retenue en Iran Mitra Kadivar. Libérée!

L’an dernier au Palais des Congrès à Paris, lors des Journées de l’Ecole de la Cause freudienne, qui réunissaient  2000 personnes, -ce n’est pas un titre de gloire mais une information directe-, une jeune psychanalyste iranienne était venue expliquer qu’elle enseignait Freud en Iran. Elle formait des psychanalystes et avait  créé un groupe sur place. Sa difficulté avait été de faire reconnaître ce groupe par les autorités. Elle avait été enjointe de retirer le nom de Freud pour que l’autorisation lui soit donnée, ce qu’elle avait refusé de faire. Au prix d’une longue bagarre elle a eu gain de cause. Ceci pour vous informer ce qui se passe aujourd’hui dans le monde et que vous avez l’air d’ignorer, sinon comment pourriez-vous prétendre au fascisme de Freud ? Les autorités iraniennes y voient, elles de la subversion, vous devriez leur expliquer.

« Pourquoi la guerre, »Freud et Einstein, un texte demandé par la société des Nations  à des intellectuels sur la guerre  en 1932 . Pourquoi la guerre s’interroge Einstein ? Et Freud répond au nom cette pulsion de mort qui habite les individus. Avait-il tort ? Quelques années après, l’Europe allait se livrer à la plus grande déchirure de son histoire. Oui, il a envoyé son texte à Mussolini, pensant que celui-ci l’appuierait, oui, il a pensé qu’Hitler n’oserait pas s’attaquer à l’Autriche-Hongrie. Pensez-vous  que vous, que moi nous aurions su ce qui allait se passer ?  Allez, un peu de modestie, on redescend sur terre Michel Onfray et on laisse tomber les grandes orgues, les trompettes. La pensée c’est fragile il faut manier ça avec précaution sinon on peut facilement se trouver dans un camp que l’on se souhaite pas.

Marlène Belilos, psychanalyste

Freud en ses voyages

Freud et la guerre , Michel de Maule édite

Publié par : marlène Belilos | janvier 8, 2013

Freud et la guerre samedi à Toulouse et vendredi à Montauban

Samedi 12 janvier De 11h à 13 H –

Salle des guerilleros, hôpital Joseph Ducuing, 15 rue Varsovie, Toulouse

Guerre et Inconscient

Rencontre – conversation avec Marlène Belilos autour de son livre : Freud et la guerre (Ed.Michel de Maule, Paris 2011)

 Présentation  de l’ouvrage par l’auteur

 Guerre et civilisation, Francis Ratier

Vers la paix perpétuelle,  André Soueix

           A la question que lui pose Einstein : « …existe-t-il un moyen d’affranchir les hommes de la menace de la guerre ? »1, Freud répond tout au long de son texte Pourquoi la Guerre ? : « …tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre. »2

Mais c’est un travail forcé et Freud ajoute que « L’humanité subit le phénomène de la culture »3. Il reprend ainsi, à nouveaux frais, ses considérations sur la guerre et sur la mort en faisant valoir que « Celui qui est ainsi obligé de réagir constamment dans le sens de prescriptions qui ne sont pas l’expression de ses penchants pulsionnels, vit, psychologiquement parlant, au-dessus de ses moyens… »4

La civilisation s’oppose à la guerre mais la pulsion entrave la civilisation. Seule la civilisation peut empêcher la guerre et pourtant elle la provoque par le renoncement pulsionnel exorbitant qu’elle impose. Ni à l’intérieur ni hors de la civilisation, ni externe ni interne, la guerre lui estextime.

Francis Ratier

1.Albert Einstein, in Freud et la Guerre, Michel de Maule, Paris, 2011, p 45.

Pierre Bergé

Au Lutetia entre deux époques Unknown-1

J’habite toujours à l’hôtel.

Je trouve que l’hôtel rejoint l’anonymat, la proximité, et en même temps les autres.

J’y ai toujours vécu un peu seul , c’est-à -dire sans me servir vraiment des services de l’hôtel. Je ne faisais pas appel au room service, je ne faisais pas de choses comme ça. Mais on mettait mes journaux sous ma porte, on prenait mes messages.

Il y a toute une petite infrastructure qui existe à l’hôtel.lutetia_3

Je l’avais choisi soigneusement, dans le 6ème arrondissement, un arrondissement que j’aime.

J’avais choisi soigneusement mon étage, ma chambre, en sortant de l’ascenseur c’était la première tout de suite, et puis la vue était extraordinaire; c’était au dessus des toits du Bon Marché;  on voyait très très loin, les jours de beau temps jusqu’aux collines de Meudon.

Ainsi le matin je voyais le temps qu’il faisait, le temps qu’il allait faire à peu près.

Je suis resté plusieurs années dans cet hôtel. J’en ai gardé un souvenir admirable.

J’avais pris trois chambres, après quatre, puis je les ai transformées.

J’ai fait installer un salon, une salle de bain, une chambre. Après j’ai eu besoin d’une salle à manger, donc j’ai ajouté une pièce qui communiquait, j’ai fait tout un travail, naturellement à mes frais.

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Quand je suis parti, ils l’ont gardée , c’est leur suite la plus fameuse de l’hôtel, quand il descend là une personnalité, ils sont contents de pouvoir l’y loger.

 

À New York, ça fait vingt cinq ans que j’ai un appartement à l’hôtel Pierre.

La différence c’est qu’à New York je l’ai acheté au moment où ils en vendaient, alors qu’à Paris je suis locataire. Je dirai la même chose de l’hôtel Pierre, j’ai des femmes de chambre qui font le lit, la salle de bain, si j’ai besoin de  journaux on  me les m’apporte .

Autrement je ne me sers pas non plus du room service. Je fais mon petit déjeuner moi- même et j’en suis très content.

La vie d’ l’hôtel est très particulière, parce que ça vous donne l’impression que vous pouvez partir tout de suite et que vous êtes en voyage.

Vous rencontrez des gens que vous ne connaissez pas qui vivent dans le même hôtel, qui parlent toutes les langues et par les saisons vous les reconnaissez. À Paris il y a la saison des italiens , puis après il y a la saison des anglais, ce ne sont pas les mêmes.

A New York, c’est un peu autre chose, il y a aussi des gens qui viennent de partout, du monde entier, que vous côtoyez , ça vous donne une grande impression de liberté vraiment et j’aime beaucoup.

Il y a beaucoup de gens qui ont vécu à l’hôtel, par exemple au Lutetia où j’ai habité, il y à Marianne Oswald qui y est morte , elle y a vécu là, 20 ans.

Un écrivain je ne sais plus lequel, y est demeuré très longtemps.

À Paris, il y a beaucoup d’hôtels qui  étaient très célèbres. L’hôtel Istria , y ont habité à la fois Elsa Triolet, Aragon, beaucoup d’autres gens , Beckett, bien sûr, Lee Miller, Man Ray , il y a plein d’endroits comme ça formidables, mystérieux, rares.

Il y a un personnage que j’ai beaucoup admiré pour des raisons professionnelles, mais pas seulement Chanel.

Chanel vivait à l’hôtel , elle avait sa vie partagée en deux, elle avait  sa maison de couture d’un côté de la rue Cambon, dans laquelle, il y avait une bibliothèque , un salon, une salle à manger, évidemment la cuisine . Elle recevait là, elle prenait ses repas là, elle invitait là, puis après le dîner elle disait: » on s’en va »

Je me souviens que je l’accompagnais jusqu’à la porte revolving de la rue Cambon, maintenant cette porte est fermée, probablement pour des raisons d’économie, des raisons de sécurité. Maintenant l’entrée du Ritz est uniquement  Place Vendome.

A l’époque où cette porte existait, on restait dans le tambour de cette porte pendant une heure, une heure et demie, parce qu’elle parlait d’une manière intarissable et finalement elle s’engouffrait à travers la porte tournante et elle allait chez elle dans son appartement où elle dormait, elle avait encore une chambre, un salon une salle de bain. Elle a vécu là très très longtemps, de nombreuses années.

Vous savez vous avez un hôtel très célèbre dans le monde qu’est le Chelsea, où des gens très célèbres ont habité, les Rolling Stones, William Burroughs, de nombreux écrivains et peintres, un peu déglingué, un peu » shabby « comme disent les anglais, mais plein de charme et de vraie poésie. Il y a une grande proximité les gens vont de chambre en chambre, les gens se connaissent, ils tapent à la porte, viennent prendre un verre de whisky, une tasse de thé, c’est aussi une espèce de vie d’hôtel à New York.

Quelle différence pour vous avec un appartement ? De voyager dans sa propre ville?

C’est un appartement mais c’est un peu moins grand qu’un appartement j’ai été chassé par mes livres, mes objets, par mes disques , par mes tableaux,  je l’ai regretté. C’est évidemment différent quand vous êtes dans votre propre ville.

À New York, comme je n’y vis pas tout le temps, j’ai toujours le sentiment d’être à l’hôtel, si je ne suis pas intégré , il y a des européens c’est alors l’aspect cosmopolite.

Pourquoi avoir insisté sur le fait que vous  ne faisiez  pas appel au room service?

Je pense que si on fait appel au room service on a perdu tout repère avec la réalité, si on ne s’efforce pas d’aller acheter soi-même son jus d’orange, ses toasts, le lait, les fruits, c’est dommage. L’hôtel déjà vous coupe d’une réalité, l’hôtel vous emmène déjà dans un imaginaire et à l’hôtel tout est possible, vous prenez un téléphone et tout arrive.

Evidemment les concierges sont là pour ça, donc tout se fabrique très bien vous avez la conjugaison: le bar, le room service,  le concierge, toute une ingénierie qui est à votre service.Alors c’est bien certes mais, il ne faut pas abuser de ça, pas du  tout même. , Moi, je ne l’ai jamais fait, j’ai pris cette décision dès le début, mis à part mes journaux, car ça quand même le matin au réveil, j’aime bien les trouver sous ma porte, c’est la moindre des choses,  mise à part ma voiture que je déposais le soir au concierge qui allait la garer, et aussi les messages qu’ils prenaient quand j’étais absent. Mais pour le reste j’ai tenu beaucoup à m’assumer moi-même. Dans ma cuisine, j’ai mon grille-pain, ma bouilloire je fais mon thé moi-même. De toutes façons les thés d’hôtel sont imbuvables.

En quoi cette vie vous séduit-elle?

Quand vous habitez à Paris. Tout le monde vous connait. Ici, bien sûr le concierge sait qui vous êtes, le personnel vous connait mais tous les gens qui sont dans l’hôtel ne vous connaissent pas, ils ne savent pas qui vous êtes.

Si vous êtes un touriste comme  eux, avec quelques bagages entassés dans une penderie? J’ai vécu avec des animaux dans cet hôtel, un chien, je vis toujours avec le même chien. J’ai vécu avec des oiseaux, j’avais une grande volière , j’avais des balcons, des plantes avec un arrosage automatique que je réglais moi même, une petite vie à l’intérieur d’une grande vie, c’est ce qui me plaisait énormément.

Que trouviez-vous dans cette étrangeté, le nomadisme? 

Oui, c’est assez juste, il y a une forme de nomadisme, je me suis dit souvent qu’un jour je finirai comme ça, quand j’en aurai assez d’avoir trop de choses, trop d’objets, je me suis dit que tout ça je le donnerai à la communauté, au public dans une fondation.

Un jour je finirai peut être comme ça, peut être dans cet hôtel-le Lutetia- je l’aime beaucoup, mais il est très abimé. Ils auraient pu en faire un hôtel magnifique. Les grands groupes hôteliers veulent faire à la fois du moderne qui ressemble au 30, et avec du 30 faire du moderne. Ce qui fait que ça ne ressemble plus à grand chose.

Mais c’est le lieu,  la  » location » comme disent les anglais,  que j’aime surtout .

On est dans le 6eme arrondissement, de là on va partout à pied. Je vais à pied chez Lipp et il y a la grande épicerie du Bon Marché qui n’est pas loin, moi qui aime acheter mes produits,  c’est idéal.

Oui, Peut être que je finirai un jour à l’hôtel, pourquoi pas .

Jean Genet par Albert Dichy

Hotel Rubens

Nous sommes rue du banquier ,  quelque part entre la Place d’Italie et les Gobelins.filename-img-0116-jpgUnknown

Un quartier qui a ceci de particulier qu’il n’a absolument rien de particulier, une rue un peu perdue, l’hôtel qui aura le plus compté dans la dernière partie de la vie de Genet. N’est pas celui où il est mort mais où il s’installait chaque fois qu’il venait à Paris, c’était justement un quartier anonyme, qui a cette caractéristique qu’il aimait beaucoup la couleur grise, un gris tendre, pas trop lumineux, un quartier où il n’était pas reconnu, pour lui c’était très important, il aimait être quelqu’un qui était n’importe qui dans la rue.

Genet n’avait pas de meubles, il n’était en rapport qu’avec des personnes qui lui permettaient de ne rien posséder.

Rue du banquier, ça a du le faire rire, c’est le contraire de Genet, pas tellement pour l’argent, mais parce que ça capitalise et que pour lui c’est tout l’inverse.

Dans cette rue il n’y a aucun repère.

Il est mort en 1986, rien n’a du bouger dans la rue, rien de brillant.

Hotel le Rubens, c’est le seul éclat de la rue.

Il ne tombait pas dans le mythe de l’ascèse, ce n’était pas quelqu’un d’austère, quand il avait de l’argent il en dépensait, il allait alors dans des grands hôtels, comme il n’en avait pas souvent , il allait dans de petits hôtels, il avait écumé tous les hôtels de Paris.

Il préférait les hôtels  » sans âme », comme on dit, quand on est touriste et qu’on traverse un quartier, c’est ce côté extrêmement banal qui l’accrochait.

Il est mort pas très loin d’ici, l’hôtel Rubens était complet, il est allé au Jacks Hôtel..

C’est un quartier et un genre d’hôtel où l’ on peut mourir, parce que la mort n’est pas un acte extraordinaire, c’est juste une disparition. Il aimait beaucoup ce vers de Mallarmé qui dit :  » la mort est ce peu profond ruisseau calomnié » .

Il avait ce rapport à sa mort qui est une chose toute simple.

C’est un quartier ici où tout s’amortit, une grisaille, où tout s’éteint, tous les éléments s’endorment et c’était bien pour lui.

L’hôtel fait vraiment partie de la vie de Genet, il est  lié profondément à son existence, parce qu’au départ Genet vient de nulle part, il n’a pas de famille il est un enfant de l’Assistance publique, qu’il grandit élevé par une famille nourricière dans le Morvan.

Il fait des fugues, on le rattrape. On le met dans des maisons de rééducation, qu’on appelait des maisons de redressement, la colonie pénitentiaire de Mettray, près de Tours.

A la fin de son adolescence, il est appelé. Après, il vadrouille, va à gauche, à droite, il déserte et après un grand voyage pour fuir justement les recherches, il revient dans Paris. A ce moment là on est en 1937, il a 26-27 ans, de ce moment il ne vit plus qu’à l’hôtel. Il n’a pas de famille, pas de maison où revenir. La maison c’est toujours le lieu du retour possible. Il s’est arrangé toute sa vie pour ne pas pouvoir revenir. C’est lié à toute une philosophie de l’habitation et de l’existence chez lui.

Il y a un restaurant qui s’appelle La Popotiere, je ne sais pas si Genet y a diné ou mangé, avec Genet on ne peut interroger les voisins sur ses habitudes, car ce n’était pas un homme d’habitude. C’était un homme pour lequel rien ne s’installait , ces mots renvoient à l’idée de maison, il n’y a pas de traces faciles de son existence.

C’est un immeuble en dessous de la catégorie bourgeoise, strictement sans caractère qui fait partie de la grisaille de ce quartier.

Il a été un peu refait, à la hâte, de bric et de broc, c’est un hôtel de la catégorie une étoile, il  avait une relation amicale avec la patronne. il n’y pas de plaque, mais ça viendra, Valery disait : « tout finit en Sorbonne. » Comme on fait de plus en plus de thèses sur Genet, ça viendra. Genet n’a jamais eu de compte en banque, c’est presque aussi difficile que de ne pas avoir de domicile à notre époque

Il lisait tous les journaux. Il était en même temps retiré du monde et présent. Il était au courant de tout.

Il était à la chambre 59, vous voyez. C’était une normalité un peu terne tranquille, il faut relier cela à la façon dont Genet avait organisé sa vie. il l’avait organisé de façon à n’être jamais fixé, à n’habiter jamais le dedans de la société, il a toujours voulu être dans l’extériorité, le dehors.

Il est né en tant qu’écrivain en prison, il a fini sa vie auprès des palestiniens et des  blacks panthers, dans un ghetto.

L’hôtel était pour lui une modalité parfaite, les hôtels sont situés sur une frontière de la vie sociale.On est à l’intérieur de quelque chose, mais on n ‘est pas dans une maison.

La vie de Genet est jalonnée d’une multiplicité de cafés, de restaurants et d’hôtels qui sont tous dans la même ligne. C’est une ligne de fuite.

De s’installer de prendre position, c’est de rester dehors. Il est né dans une position de rejet social, et au lieu de revenir à l’intérieur comme toute personne normale qui souhaite une position sociale, il a réussi à rester à l’extérieur, péniblement, mais de façon acharnée, c’est très difficile à habiter, l’hôtel c’est peut être une façon d’habiter l’inhabitable, de rester sur cette frange des choses. Peu, de temps avant de mourir, je crois que c’est Tahar Ben Jelloun qui se souvenait que Genet lui avait dit, tu ne peux pas savoir comme c’est difficile de vivre à l’hôtel.  C’était pas facile, ça peu sembler, mais les hôtels de Genet n’étaient pas ceux de Nabokov, c’était pas le Ritz, le Lutetia.

On est à la fois bien sans risquer le confort.

L’hôtel a ça de particulier que ce n’est pas légal, Genet a souvent été arrêté pour vagabondage, et l’hôtel permet de perpétuer une vie de vagabond. Il est resté un vagabond légal, il a détourné un lieu pour faire autre chose. Il les transforme en demeure provisoire, l’hôtel n’est pas prévu pour cela, comme les clochards qui s’installent dans les grands centres commerciaux, ou l’on a le droit d’y être, mais ils enfreignent une loi puisqu’ils s’y installent pour y habiter.

Gerard-Georges Lemaire

L’hôtel comme lieu de création

Hotel du Vieux Paris, rue git le coeur

On y accède par la rue des hirondelles, c’était une rue lépreuse, la rue gît le coeur, c’est certainement pour ça qu’il a été élu par des auteurs américains, franchement pas d’étoile. On pouvait faire la cuisine dans les chambres, le mérite c’était son prix.

La responsable c’était Madame Rachelot qui est devenue mythique, les auteurs se passaient l’adresse et ont finit par coloniser l’endroit. On a alors vu arriver des artistes dont certains n’ont pas laissé un grand nom dans l’histoire. Il y a eu Arlov qui était héritier du surréalisme, mais ce sont surtout les américains proches de la  » Beat Génération » qui ont laissé un souvenir.images

Parmi les premiers à y vivre de 1958  jusqu’en 1961 , ce furent Allen Ginsberg et William Burroughs. Ils vont vraiment prendre racine, pour des raisons simples. Burroughs avait terminé un livre « . Le festin nu », et ce livre,il l’avait écrit à Tanger. Mais il avait du quitter Tanger comme beaucoup de ses compatriotes et comme toute cette faune pittoresque. Tanger n’était plus une ville avec un statut international, c’est vrai que les avantages pour les étrangers n’existaient plus.

Et son éditeur a Paris c’est une des raison de sa venue qui s’appelait Maurice Gerodias s’était lui même installé a Paris . Il a eu des gros ennuis avec la justice américaine pour la publication de Miller et donc il pensait que c’était beaucoup mieux de publier ses livres à Paris d’autant plus qu’il avait développé une collection de livres érotiques en anglais.Il échappait ainsi aux foudres de la censure américaine qui était extrêmement sévère à l’époque.

Les auteurs ne sont pas forcément jeunes à cette époque

Burroughs avait inventé la machine à rêver, Dream machine, que l’on observait les yeux fermés et qui devait produire les mêmes effets que certains produits stupéfiants.

En 1957 , Ginsberg arrive à Paris.

Tous ne se connaissaient pas il n’y avait pas que des américains.

Gregory Corso, était un ami de Ginsberg, il est venu à Paris faire ses premières armes.

Les chambres n’étaient pas  confortables et ne permettaient pas de grandes festivités.

Ils se retrouvaient par petits groupes pour discuter ou travailler dans une chambre ou une autre. Celle de Burroughs était extrêmement importante, elle était  devenue un laboratoire ou celle de Gelsin. Tout le monde observait ce qui se passait ou venait mettre la main à la pâte.   Pour les artistes,  ils n’avaient pas bien sûr la possibilité de concevoir leur chambre en atelier. Alors ils dessinaient là, mais c’est tout ce qu’ils pouvaient faire.

On se fait beaucoup d’idées sur ce qu’était cette génération, ce qui n’est pas totalement faux,  mais pas forcement festif, c’étaient des gens qui vivaient dans des conditions assez sommaires parfois précaires. s’ils avaient pu ils l’auraient menée en dehors de cet endroit. C’était pour les anglo-saxons une manière relativement économique que de prendre un appartement à Paris à l’époque, et cet hôtel était tout autre que luxueux.

Aujourd’hui, il existe plusieurs lignes dans les guides sur cet endroit.

A l’époque on pouvait même faire sa cuisine dans les chambres. Il y a un petit évier, une batterie de cuisine. La patronne Madame Rachelot devait leur préparer des petits trucs à manger, il y avait le petit café en bas.  l’ aspect familial du lieu qui devait leur plaire beaucoup, car curieusement cette dame, qui n’avait pas grand chose à faire avec la littérature,  avait adopté et privilégier ce monde-là. C’est un choix un peu étrange, pour une clientèle désargentée et un peu problématique

Finalement elle a beaucoup contribué.

Chanel, par Jean Lebrun

L’hôtel de Castille

Chanel a découvert la vie d’hôtel à Pau, il y avait , ce qu’on sait peu aujourd’hui, une manière de colonie britannique, les dames pouvaient choisir d’autres hommes que les leurs, en fonction de l’absence des leurs . Et pour ces couples à géométrie variable et à présence commune intermittente, on avait inventé à Pau, l’hôtel « le Gassion » en face des Pyrénées, où quand le temps est beau, on a la plus belle vue de France.

Le Gassion était équipé, déjà vers 1900,  de télex, de dépêches d’agences,d’où on pouvait régler des affaires industrielles depuis son lieu de villégiature.

Toute la mode, toute l’esthétique de Chanel, personnage qui va au-delà de la mode,  est inspirée du modèle britannique, qu’elle a découvert dans les villas posées sur le gazon, construites par les anglais qui cherchaient un climat salubre. Et dans la chasse, qui se pratiquait a Pau, le fox-hunting , la chasse à courre qui se pratiquait à l’imitation de l’Angleterre, elle l’a découverte à l’hôtel Gassion. Dés avant son établissement à Biarritz comme modiste, dès avant la première guerre mondiale.le-grand-hotel-gassion

A Paris en compagnie d’Etienne Balzan qui était son premier mentor et qui venait passer plusieurs mois par an à Pau accompagnant ses chevaux à l’hippodrome et pratiquant la chasse à courre elle a découvert un mode de vie hôtelier qui lui convenait parfaitement car il était une illustration pour elle du mode de vie britannique. Il  était le plus extraordinaire qui fut car il combinait la liberté des horaires, l’aisance des comportements et en même temps une codification rhétorique extrêmement précise qui laissait à chaque individu une marge de manoeuvre, un peu de latitude. Ce mode de vie britannique elle l’a cherché dans des hôtels et en même temps elle l’a reconstitué pour des amis dans l’hôtel qu’elle a crée , à la Pausa dans le Midi au-dessus d’Antibes. Elle  a combiné le mode de vie britannique et les souvenirs du mode de vie cistercien, car elle avait passé une partie de son enfance dans un orphelinat Aubazine  un des chefs d’oeuvre de l’art. Cistercien. A la Pausa( aujourd’hui en vente pour 56 millions de livres) comme à l’hôtel de Cambon elle avait construit un escalier, inspiré du dortoir des moines qui menait directement à l’office. La rigueur, la simplicité cistercienne, mais à tous les gens qu’elle invitait, elle offrait la plus grande liberté possible de comportement.

Ce qui fait que  lorsque l’on rencontre des survivants des années trente à la Pausa, ils ont le souvenir d’un émerveillement constant qui tenait à la  la liberté qui était la leur comme dans un grand palace.la-pausa1

Il  y avait juste un ou deux très longs petits déjeuners convenus avec l’hôtesse, un diner qui pouvait être sur buffet, tout le reste on pouvait faire ce qu’on voulait , on n’était pas obligé de tenir la conversation, de faire des excursions, on n’était pas obligé de rencontrer les gens qu’on n’avait pas envie de rencontrer, et mieux encore à la Pausa chacun disposait d’un espace qui lui était propre et qui était prolongé par une voiture qu’offrait Chanel à ses invites qui leur permettait de s’abstraire du lieu commun, qui était le plus petit dénominateur commun.

Chanel n’habitait pas vraiment à l’hôtel cela faisait partie de sa politique médiatique dirait-on aujourd’hui. Une volonté de montrer quelque chose d’elle qui correspondait à la demande de l’opinion, des demi mondains qui l’attendaient, qui attendaient ses faveurs.

La vie de Chanel c’était une collection de strates juxtaposées  qu’elle s’employait à ne pas faire se rencontrer.

Elle avait des amitiés vraies, elle avait des fidélités longues, des amours violentes et la à force d’argent, car c’est elle qui assurait, pour ses fidélités longues, ses amours violentes, elle construisait des endroits, parce qu’avant 1934 le Ritz n’était pas son domicile réel.  Très belle avec un jardin, c’était très important le jardin, une tradition anglaise, il y avait une maison à Garches

Rez- de-chaussée, rue du Faubourg St honoré, ou il lui est arrivé d’organiser des expositions de photos, elle a fait connaitre Robert Bresson, avec des photos de bijoux de Chanel. Dans cet appartement la rue St Honoré, il faut que les gens reçus, car ce sont des appartements plus de réception que de vie, aient l’impression d’entrer dans un univers qui  soit complètement constitué , il ne faut pas que les gens qui rentrent s’aperçoivent des changements perpétuels de l’endroit.toujours selon une codification rhétorique qu’a définie Chanel avec l’aide de Cert.  Il faut beaucoup d’animaux statufiés, des lions par exemple, les mêmes que sur sa tombe à Lausanne.. Des coromandels, le mot commence par C et finit par L. Ces coromandels, elle les a choisis sur leurs parois, il y a tout un bestiaire.Il faut le lion, les animaux du coromandel, il faut le zoo. Et puis vers la fin, les bustes disparaîtront complètement

Il faut des meubles mobiles, des tables basses, ou des tables un peu plus hautes, on dresse la table. Il y a le devis à la manière de l’aristocratie anglaise, du classicisme français qui consiste à pouvoir manger quand on veut et dresser la table où l’on veut, pas nécessairement  dans la salle à manger, ça peut être dans le salon, dans la chambre, partout où il y a une cheminée, de la lumière ça peut être dehors, il faut des paravents mobiles, qu’a choisis Maurice Saxe, des livres qui ont été choisis davantage Pierre Reverdy.

Des livres beaux pas nécessairement reliés mais témoignant d’un effort artistique, des parfums, il faut une cheminée, puis voilà tout ça s’organise comme un théâtre mondain.

Les parents de Chanel vendaient sur les foires. Les gens ne s’aperçoivent pas que tout change tout le temps de place. Il y a une tonalité générale qui dissimule le changement, ce n’est pas pour épater, mais pour intégrer ceux qui viennent. A tel point que celui qui y pénètre, a tout le temps l’impression que c’est la même chose, alors que ce n’est jamais la même chose.

Elle payait pour tout le monde mais pour Reverdy il fallait faire autrement. C’est un poète très peu connu et que Chanel n’a pas réussi à faire découvrir. Elle l’avait connu vers 1919 très tôt, c’est une relation qui a commencée. Elle lui a expliqué que de se faire connaitre c’était une manière de perdre son temps.

Cette relation était unique, elle a eu de grandes amours, de longues fidélités.

Avec Reverdy ca a duré de 1919-1920,  avec des phases de densité variables, elle venait de perdre, jusqu’en 1961, l’enterrement de Reverdy auquel elle n’a pas assisté. Et Reverdy c’était une sorte de noyau dur, de noyau pur,  rétif à ses dons, il ne pratiquait pas la sollicitation, ce n’est pas lui qui aurait demandé une chambre à l’hôtel de Castille pour faire une cure de désintoxication. c’est quelqu’un qui acceptait, l’amour, l’amitié, une tutelle, avec un certain nombre de conditions. pendant longtemps il a été son employé pas à n’importe quel poste. Son secrétaire, ce n’était pas quelqu’un qui faisait n’importe quoi. Il était directeur d’usine , c’est invraisemblable, chez Chanel. On retrouve des papiers avec la signature de Reverdy, au bas de contrats de travail, de commandes de tissus.

Alors il exigeait d’elle un comportement formalisé et  non pas du don gratuit et je crois qu’elle trouvait auprès de lui une sorte d’antidote . Tout son problème, elle était obligée  d’avoir une vie mondaine , qu’elle pouvait détester, pour la promotion de sa maison .  Et en même temps elle avait un tempérament de mère abbesse de monastère, de chef d’ordre, voire de religieuse, beaucoup plus à l’aise dans un milieu clos qu’elle s’était constitué elle même et qui correspondait à son idéal esthétique.

Alors elle n’aimait certainement que très modérément tous les mondains qui l’entouraient,  était très heureuse de retrouver  Reverdy, d’abord parce qu’elle ne pouvait épouser personne. Et quand on a l’image de Chanel, la dernière personne à épouser c’est Reverdy. Le duc de Westminster oui, Paul Ribes oui, grand dessinateur mondain qui avait sa revue et sa boutique payés par  Chanel, au 26 de l’autre côté de la rue Cambon, oui.

Quel profit pour Chanel. Il fallait que Chanel fasse du profit pour payer Reverdy, et le neveu et les maitresses du neveu et les domestiques du neveu, c’est une vraie caravane qui était derrière Chanel,  un zoo à qui il fallait donner à manger tous les jours, aux tigres, aux lions, aux chameaux, et Reverdy ça n’avait pas de rentabilité. C’était pas possible, Reverdy ne pouvait pas entrer dans le zoo.Non seulement il n’apportait rien mais il aurait cassé, d’ou l’idée de l’installer dans des endroits proches, mais discrets il y a le Ritz,

Maintenant la maison Chanel ne parle plus que du Ritz., on fait visiter la suite du Ritz c’est de la politique médiatique, mais vers 33 il y a un appartement  au 35 , pas à l’hôtel de Castille, le Family Hotel., lequel a été absorbé depuis par l’hôtel de Castille.

Il y a un appartement Chanel vient y retrouver Reverdy, là sans que  personne ne le sache, sans qu’elle ne le dise jamais. Là, on peut imaginer les conversations d’un genre très diffèrent, de celles qu’elle avait avec les mondains qui l’attiraient le soir. Chanel c’est le partage des lieux.

Il y les lieux pour la montre, il y a les lieux pour la méditation, il  y a la messe et la prière, pour reprendre le vocabulaire religieux qui lui était assez cher. Il y a le partage des temps. Il y a le travail, les collections, les robes qu’on fait sur le corps des mannequins. Il y a les soirées, et vers 7-8 heures,  on peut imaginer le soir Chanel ici avec Reverdy, cet appartement je n’en ai trouvé mention qu’une seule fois, loué vers 1933.

Ce qu’on peut penser c’est que Reverdy à cause de l’exemple négatif que représentait le double caractère de Chanel est allé vers plus de radicalité, vers plus en plus de spiritualité , la coupure de la guerre.

On peut penser que Reverdy  n’a pas aimé le jeu complexe, labyrinthique qu’a mené  Chanel pendant la guerre. Et Reverdy s’est retrouvé sous la coupe d’une femme, l’exact opposé de Chanel, banale, bigote, détestant sa littérature, jetant parait-il par la fenêtre sa poésie , l’installant à Solene.

Alain Cuny raconte que Reverdy se rendait chez les moines cassait des chaises  en disant, je la tuerai, sa femme. Les moines remplaçaient la chaise, Reverdy retournait chez sa femme, et Cuny de conclure: qui a bu le lait de l’amertume n’aura de cesse de continuer à désirer le boire.

Publié par : marlène Belilos | juin 25, 2012

Le yacht du Roi Farouk, à paraître

Publié par : marlène Belilos | juin 14, 2012

Sentiment océanique et pulsion de mort


Le terme qui m’a frappée est celui revenant au début du Malaise dans la civilisation, à savoir : océanique.

Océaniques, certains d’entre vous s’en souviennent peut-être, tel fut le titre d’une très belle émission de Pierre-André Boutang, à la télévision franco-allemande, la Sept, qui précéda Arte.

Océanique, je ne sais si Freud avait emprunté le terme à Romain Rolland, toujours est-il que c’est le terme employé par Romain Rolland, et qu’il va associer à sentiment, sentiment océanique, dans une lettre envoyée à Freud en 1927.

Freud lui répond le 14 Juillet 1929 :

Votre lettre du 5 décembre 1927 et ses remarques sur le sentiment que vous nommez océanique ne m’ont laissé aucun repos’.

Freud s’est donc centré sur ce terme d’océanique. Et à mon avis, cela fait tout l’intérêt de la chose, car lui qui travaillait, analysait les concepts, d’ailleurs Jung ( je crois) et Ferenczi lui avaient proposé la télépathie .. Freud n’écartait aucun concept :  Vous en parlez, pourquoi pas ? Nous verrons.

 

Freud tombe sur Romain Rolland, qui n’est de loin pas n’importe qui !

Freud lui dédiera son ouvrage Malaise dans la civilisation :

A mon grand ami océanique, 

  un animal terrestre,

      Professeur Freud’.

 

Freud n’osera pas le citer au début de son ouvrage Malaise dans la civilisation, il ne sait pas s’il en a le droit. Il parle d’un ami éminent. Romain Rolland est donc très peu évoqué par les analystes comme le correspondant privilégié de Freud.

Romain Rolland, lui, accepte non seulement d’être cité mais, dans une lettre à Zweig, se déclarera fier d’avoir inspiré Freud, tout en ajoutant qu’il aurait dû attendre un peu. Il aurait pu lire ainsi ses vies des mystiques de l’Inde, notamment Ramakrishna, qui l’aurait influencé.

Evidemment, avec Freud rien n’est moins sûr !

Romain Rolland a écrit une de vie de Ramakrishna, et cite Freud dans cet ouvrage.

 

Freud lui répond assez rapidement :

‘ Je ne m’y entends ni en musique ni en mystique’.

Et il s’explique :

‘ J’essaye de pénétrer sous votre conduite dans la jungle hindoue, dont jusqu’à présent l’amour hellénique de la mesure, le prosaïsme juif et l’anxiété du petit bourgeois, mêlés dans je ne sais quelles proportions, m’ont tenu à distance. A vrai dire, j’aurais dû m’y risquer plus tôt car les produits nés de ce sol n’avaient pas à m’être étrangers, j’en avais trouvé des racines. ‘

 

Freud va essayer de lui expliquer quels sont les termes qu’il emploie, le narcissisme etc .. En précisant qu’il n’y met pas d’échelle de valeurs.

Il ajoute : votre ouvrage, votre lettre, le sentiment océanique . Je m’en sers comme une dérivation pour faire de l’analyse.

 

Leur relation est née sous le signe d’un transfert réciproque.

Romain Rolland était l’un des hommes les plus célèbres de son temps, il a eu le prix Nobel, il a été non seulement écrivain, auteur de  Jean-Christophe , mais également un pacifiste, il prenait des positions très avancées ..

Il habitait en Suisse, à Villeneuve d’où il écrivait à Freud.

Freud dit de Romain Rolland :

‘ Il fait partie de cette douzaine d’hommes sur qui reposent le vrai destin du monde

Et auxquels, selon ses propres termes :

‘ Il voue une vénération respectueuse’.

Il lui a envoyé Psychologie des masses et Analyse du moi, pour lui faire appréhender comment il passait de l’analyse de l’individu à la compréhension de la société.

Ils ne se rencontreront qu’une seule fois, en 1924, rencontre organisée par Stefan Zweig à la demande de Freud.

Romain Rolland lui envoie une de ses pièces de théâtre ‘Lilluli’, qu’il lui dédicace :

Au Professeur Freud, destructeur de toutes mes illusions’.

Leurs liens fonctionnent par ouvrages interposés et dédicaces !

 

Freud, à son tour, lui envoie un de ses livres, spécialement écrit pour lui, L’avenir d’une illusion, ouvrage sur la religion.

 

Tout cela pour vous situer le contexte historique.

Maintenant quel est l’enjeu d’un débat entre Romain Rolland, se disant catholique sans église, et Freud, se disant juif athée ?

En résumé, je dirais qu’il s’agit tout simplement d’un débat sur la vie et la mort, dans le contexte historique de la fin de la première guerre, du Krach de 1929 – le malaise dans la civilisation qu’il publie en 1930,  il l’écrit en 1929, et des premières victoires du parti nazi.

Et comme je vous l’ai dit, Romain Rolland est un militant actif du pacifisme, et l’un des premiers à distinguer dans le nazisme les premiers signes d’antisémitisme, ce qui est très important pour Freud. D’autant qu’à cette période, Freud est occupé à l’élaboration de la pulsion de mort.

 

Ecoutons Lacan en parler :

 

Nous en étions arrivés à notre savoir comme situés en somme de ce que Bichat définit de la vie. La vie, dit-il – et c’est la définition la plus profonde, elle n’est pas du tout prudhommesque (platitude dite sur un ton sentencieux) si vous voyez de près est l’ensemble des forces qui résistent à la mort .

Lisez ce que dit Freud de la résistance de la vie à la pente vers le Nirvâna, comme on a désigné autrement la pulsion de mort au moment où il l’a introduite. Sans doute se présentifie-t-il, au sein de l’expérience analytique qui est une expérience de discours, cette pente au retour à l’inanimé.

Freud va jusque-là. Mais ce qui fait, dit-il, la subsistance de cette bulle – vraiment l’image s’impose à l’audition de ces pages -, c’est que la vie n’y retourne que par des chemins toujours les mêmes, et qu’elle a une fois bien tracés. Qu’est-ce ? – sinon le vrai sens donné à ce que nous trouvons dans la notion d’instinct, d’implication d’un savoir.

Ce sentier-là, ce chemin-là, on le connaît, c’est le savoir ancestral. Et ce savoir, qu’est-ce que c’est ?- si nous n’oublions pas que Freud introduit ce qu’il appelle lui-même l’au-delà du principe de plaisir, lequel n’en est pas pour autant renversé. Le savoir, c’est ce qui fait que la vie s’arrête à une certaine limite vers la jouissance. Car le chemin vers la mort – c’est de cela dont il s’agit, c’est un discours sur le masochisme -, le chemin vers la mort n’est rien d’autre que ce qui s’appelle la jouissance.

(Jacques Lacan, L’envers de la psychanalyse, pp 17-18)

 

Donc Au-delà du principe de plaisir (1920), Freud y développe l’instinct qui tend à conserver la substance vivante, et le retour à la vie inorganique.

 

Les premières lignes du Malaise dans la civilisation, de Freud.

 

Un homme éminent se déclare être mon ami...

À Romain Rolland, n’attendez pas de lui, mon petit livre, une appréciation élogieuse du sentiment océanique. Je m’essaye seulement à la dérivation analytique de ce sentiment. ‘

 

A force, Romain Rolland répondra à Freud qu’il ne tient pas spécialement au mot de sentiment, il est d’accord de le remplacer par sensation, par intuition, mais océanique, toujours !

Il dira :

Je le constate, je n’y tiens pas, c’est un fait psychologique, c’est un trait vital’.

 

Non, Freud ne lâchera rien. Il tient son levier pour dériver sur l’analyse du psychisme humain.

Et Romain Rolland, son interlocuteur privilégié, pour lequel Freud dit :

 

‘ Je puis vous avouer que je n’ai presque jamais ressenti comme avec vous cette mystérieuse attirance d’un être vers un autre’.

 

Ce n’est pas la première fois que Freud se penche sur les contraintes que la civilisation entraine pour le petit d’homme, toujours dans son débat avec Romain Rolland, dans L’avenir d’une illusion :

 

‘ Civilisation et culture, deux faces, je dédaigne de les séparer ; d’un côté tout le savoir et le pouvoir de maîtrise de la nature ( la civilisation ) et de conquérir des biens, la culture étant une disposition pour régler les rapports des hommes. 

La satisfaction narcissique engendrée par l’idéal culturel, une des forces qui contrebalance le plus efficacement l’hostilité contre la civilisation.

Toute civilisation doit s’édifier sur la contrainte et le renoncement aux instincts.’

 

Tel est le programme pour l’homme : renoncer.

 

La question décisive est celle-ci : réussira-t-on, et jusqu’à quel point, à diminuer le fardeau qu’est le sacrifice de leurs instincts et qui est imposé aux hommes, à réconcilier les hommes avec les sacrifices qui demeureront nécessaires et à les dédommager de ceux-ci ?’

 

Là aussi, Romain Rolland avait essayé de distinguer pour Freud le sentiment religieux, et la sensation religieuse, de la religiosité elle-même. ( L’avenir d’une illusion, pp 9-10)

 

Mais là encore, Freud ne transige pas. Il le reprendra dans le Malaise dans la civilisation, pour refuser qu’à travers le sentiment océanique Romain Rolland ne réintroduise la religiosité, comme émanant d’une phase primitive du moi.

 

On ne peut traiter scientifiquement des sentiments, nous dit Freud, on peut tenter d’en décrire les manifestations physiologiques dans la vie psychique. ‘

 

Freud se met au travail pour analyser ce sentiment d’union indissoluble avec le grand Tout, qui est la définition de Romain Rolland du sentiment océanique : faire partie du grand Tout.

En français, on appelle cela le panthéisme.

Au passage, il se livre à l’analyse et l’évolution du moi, depuis sa différenciation avec l’objet.

Il s’interroge, est dans sa démarche de rentrer dans le raisonnement de Romain Rolland :

Y aurait-il un stade primitif du Moi, un moi originaire qui nous relie au monde comme pour les animaux, et qui demeurerait aussi après l’arrivée du moi mature ?

 

Il conclut :

‘ Le seul exemple de fusion est celui qui unit le moi au soi, au plus fort du sentiment amoureux, la frontière entre le moi et l’objet peut alors s’effacer, Moi et toi ne font qu’un, disent les amoureux.’

 

Reste-t-il alors pour l’homme des traces mémorielles ?

Ce fameux moi originaire peut-il exister ?  Y aurait-il un moi mature ensuite ?

Freud nous dit : dans le psychisme, rien ne s’efface.

Dans le Malaise dans la civilisation ( pp.12-13), on trouve cette très belle métaphore où Freud compare l’âme humaine à la conservation des impressions de la ville de Rome et de ses diverses strates archéologiques.

La persistance de tous les stades passés au sein du stade terminal n’est possible que dans le domaine psychique, métaphore qui vient mettre un terme à la place qu’il tentait de faire, dans sa Métapsychologie, au sentiment océanique.

 

Freud est guidé par une conviction dans son raisonnement : le renoncement, exigé par la société au nom de son idéal culturel, produit la névrose.

L’homme n’a qu’un but : conquérir le bonheur, éloigner le malheur (on pourrait dire qu’il s’agit également d’un raisonnement prudhommesque), ce que Freud appelait le principe de plaisir.

Mais l’univers s’oppose à ce destin de l’homme, à ce dessein, son corps est destiné à la déchéance, ce qui lui provoque douleur et angoisse.

Pour arriver à ses fins, il lui reste ce que Freud nomme si joliment le briseur de soucis, Sorgenbrecher

je crois, l’intoxication, les sédatifs, autant d’échafaudages de secours.

On peut agir sur les besoins instinctifs pour s’en rendre maître, Freud cite le yoga, on ne sait pas, peut-être est-ce une concession faite à Romain Rolland, qui ne faisait pas de yoga ! ..

Sinon, l’on peut faire appel aux instances psychiques supérieures, telle la sublimation, satisfaction substitutive.

 

Il y a bien sûr ceux qui s’opposent à tout remède : le fou extravagant, nous dit Freud, la religion comme délire collectif, et comme infantilisme psychique.

L’homme est en proie à la névrose, car il ne supporte pas le degré de renoncement exigé par la société.

 

Freud est également assez sceptique sur les apports de la science :

La maîtrise de la nature par la science n’a pas élevé la somme de jouissances.

Il vante les conquêtes de la civilisation pour domestiquer la nature, mais donne cet exemple (que je trouve fabuleux !) du téléphone pour joindre son enfant, mais en même temps si l’on n’avait pas inventé les chemins de fer, votre enfant ne se serait pas éloigné de vous !

II s’agit donc d’un progrès qui a ses limites.

 

Il observe que, dans la société, il y a une tendance à l’agression de la part de l’individu, en raison des restrictions à sa vie sexuelle.

Il fait une large critique des communistes : ils se trompent, l’homme ne veut pas le bien de son prochain.

Le seul vrai sentiment d’amour pour Freud (je l’ai découvert, je ne m’en souvenais pas) est celui de la mère pour son enfant mâle. ( Vous saurez, Mesdames ! ).

L’une des manières de détourner son agressivité, d’après lui, il cite là le fameux narcissisme des petites différences, à savoir qu’un groupe s’entende contre un autre groupe, les gens du Nord contre ceux du Sud etc ..  ( la France l’a beaucoup utilisé ces dernières années ..)

Donc un groupe contre un autre, une communauté sociale contre une autre, le narcissisme des petites différences : nous, nous sommes meilleurs que les autres !

Vous fondez ainsi un sentiment communautaire ..

 

Au chapitre VI, Freud précise qu’il a dit jusque là ce que tout le monde sait.

D’après moi, il livre à ce moment-là ses trouvailles sur la Métapsychologie.

Tu avais retenu cela, n’est-ce pas Renato ?

 

R.S : oui

 

  1. B : il revient sur sa théorie des pulsions, sur l’élaboration de la pulsion de mort (Romain Rolland

et le sentiment océanique sont à mille lieues) et l’agressivité de l’individu. Il cite Schiller, dans un poème intitulé Les philosophes :

 

‘ En attendant que la philosophie soutienne l’édifice du monde, la nature en maintient les rouages 

par la faim et l’amour.’

 

Exit la philosophie !

 

Donc la faim conserve l’individu, le moi.

L’amour tourné vers l’extérieur conserve l’espèce.

Vont entrer en conflit les instincts du moi et les instincts objectaux (tournés vers l’objet) qu’il appelle également libidinaux.

Il va citer l’exemple du sadisme, Lacan relève le masochisme mais ..

La pulsion sadique n’est pas un amour imprégné de tendresse, la cruauté en jeu remplace la tendresse. Il y a alors un combat entre la conservation de soi et l’exigence de la libido.

De ce combat, le moi sort victorieux, au prix de souffrances, et cela provoque la névrose.

Donc : refoulé du côté du moi, refoulant du côté de l’objet, la libido est en même temps sur les objets et sur le moi.

Cette libido peut passer vers les objets et retourner sur le moi, c’est le narcissisme.

 

Freud nous dit que cela rendit possible l’interprétation de la névrose traumatique et de bons nombres de psychoses.

Je crois (mais ne m’avance pas trop car Marie-Hélène est là !) que Lacan va se servir de cela par rapport aux psychoses. Et la manière dont l’individu rétro-acte sa propre agression sur lui-même, le paranoïaque notamment, mais Lacan dira ce n’est pas sur lui-même mais sur l’image qu’il a de lui.

Freud, dans ce chapitre VI, nous rappelle l’Au-delà du principe de plaisir :

L’instinct pour conserver la substance vivante agrégée en unités est toujours plus grand et, par ailleurs, opposé à un autre instinct, lui, occupé à dissoudre ces unités et à les ramener à leur état primitif, anorganique.

 

Donc instinct érotique et instinct de mort, leur action conjuguée ou antagoniste permettrait d’expliquer les phénomènes de la vie.

Je vous renvoie peut-être aux deux pages les plus importantes de Malaise dans la civilisation, pp 72-73.

 

Freud termine son ouvrage avec une étude sur le surmoi, celui de l’individu qui introjecte l’autorité paternelle dans la crainte de perdre l’amour, mais y ajoute une nouveauté, le surmoi culturel de la société. Il va faire un parallèle entre les deux.

Il analyse le surmoi .

 

Freud fait la métaphore suivante : l’individu serait comme une ville, conquise par quelque chose de caché en elle. C’est-à-dire que le surmoi, qui habite l’individu, l’actionne comme dans une ville conquise, et le fait plus souffrir que les consignes reçues.

 

J’arrive au bout !

Romain Rolland, qui voulait entraîner Freud dans l’étude scientifique de l’intuition, a pour réponse de la part de Freud, en plaçant la psychanalyse dans l’Oedipe, dans une relation au père,

Romain Rolland, lui, est subjugué par l’unité avec la nature et avec la mère divine.

 

A Rolland qui voulait l’entrainer dans l’étude scientifique de l’intuition, Freud répond en plaçant la psychanalyse dans l’Oedipe et dans la relation au père. Rolland préfère l’unité avec la nature et la mère divine.

Marlène Belilos,Lausanne le 12Juin 2012

Bibliographie

Correspondance Freud-Romain Rolland, 1923-1936

Henri et Madeleine Vermorel, PUF

Malaise dans la civilisation. Sigmund Freud.PUF

L’envers de la psychanalyse. Jacques Lacan, établi par Jacques-Alain Miller, Seuil

Publié par : marlène Belilos | juin 8, 2012

Entretien avec Théo Angelopoulos par Dimitrios Anagnostou

décembre 2008

Trilogie II : LA POUSSIÈRE DU TEMPS


Dimitris Anagnostou : Il s’agit d’un projet autour d’une trilogie qui a débuté, il y a sept ou huit ans. Vous venez de terminer la deuxième partie. Comment avez-vous commencé à travailler ? Est-ce que vous avez travaillé sur les trois parties à la fois?

Théo Angelopoulos : J’ai commencé à travailler sur un scénario pour un film qui conclurait autant le film précédent que ce dernier. Mais en faisant une évaluation, j’ai compris qu’il y avait trop de matériel et que le film durerait plus de quatre heures et demie. Ca créerait de difficultés en ce qui concerne et la production et la distribution du film. Ainsi, est née l’idée de trois films dont chacun serait autonome en ce qui concerne autant les espaces, les lieux , que les évènements et  les faits. De plus, j’ai choisi de donner de  l’importance au personnage unique et au prénom Eleni. Quand Eleni n’est pas la même figure, c’est comme si toutes les femmes du monde  s’appelaient Eleni.

Comme dans Le Regard d’Ulysse

Exactement ! Voilà l’idée du départ mais j’étais obligé pour des raisons pratiques de la modifier. Le film ne pourrait pas s’achever en ayant  une durée « normale ».  La Trilogie I : Eleni dure trois heures. C’est‐à‐dire que la durée serait très longue.

J’ai l’impression, en ce qui concerne le financement et la production du film, que cette fois c’était plus difficile que les autres. Chaque fois, ça devient de plus en plus difficile, Monsieur Angelopoulos ?

Quand on dépasse une limite, un standard de production, les choses deviennent très difficiles. Le temps exigé pour mettre sur pied la production est très long. La production de Trilogie I : Eleni a été en retard parce qu’il y a eu beaucoup d’obstacles. Il existait des problèmes au niveau de la production.

Est-ce que vous pouvez me décrire les problèmes auxquels vous avez étés confrontés pendant le tournage ?

Au-delà des problèmes de financement qui sont continuellement présents, vu que le film a été tourné en cinq pays, c’est-à-dire en  Russie, en Kazakhstan, en Italie, en Allemagne et en Grèce,  sont advenus  des problèmes un peu imprévisibles,  j’ai dû me confronter à plusieurs choses stressantes . Ceci s’est traduit surtout comme un manque de liberté. Il n’existait aucune sorte de liberté pendant le tournage. Il fallait que les choses deviennent exactement comme on l’avait prévu dans le planning. Autrement, nous n’aurions pas eu le temps. Donc, les rythmes étaient très stressants. C’était pareil pour les engagements et les contrats, tous deux étaient très contraignants. Chaque fois, dans chaque pays, il fallait qu’on tourne avec une autre équipe de tournage, avec d’autres collaborateurs dans le cadre d’une autre société de production.

Comment était votre collaboration avec les producteurs ?

Elle était très difficile. On s’entendait vraiment mal. En tout cas, elle est toujours très difficile la collaboration quand les producteurs envisagent les choses d’une manière étroitement économique. Une manière tellement étroite qu’elle empêche la créativité et la liberté.

C’est-à-dire que cette fois-ci vous aviez un découpage sévère?

Non, simplement, je n’ai pas fait les “folies” habituelles (rires).

Mais tous ces problèmes ne sont pas liés aussi au coût de la production ?

Oui, tout à fait. C’est vrai que lorsque le budget est élevé , lorsque le coût de la production dépasse une certaine limite, les problèmes se multiplient. Le Trilogie II : La poussière du temps est un film qui a couté très cher même au vu des normes européennes. En fait, il est le film le plus coûteux  de l’histoire du cinéma grec.

Quel était le coût de la production ?

Approximativement, le film a couté 8.300.000 €.

En ce qui concerne la préparation du tournage, comment vous avez fait le repérage?

Il s’agit d’une histoire qui a duré très longtemps . Au‐delà du fait que j’ai utilisé tous les moyens de transport : bateau, voiture, train, avion, tracteur, n’importe quoi.  J’ai beaucoup voyagé. Surtout en Russie. Les trajets que j’ai faits en Russie pour trouver les lieux nécessaires ont duré longtemps . Il s’agissait de grands voyages extrêmement incertains. Nous n’avions que quelques informations vagues, lesquelles la plupart de fois étaient fausses. Mais il faut le redire que la chose la plus difficile était notre collaboration avec les producteurs.  Il était très difficile que je fasse comprendre à la production russe, ce que je voulais exactement. La communication était très difficile parce que cette société de production était une société de films commerciaux. Ils ont fait des productions commerciales et des productions pour la télévision. Il avait fallu  beaucoup de patience et d’insistance pour que nous trouvions un mode de confiance et de communication.

En ce qui concerne les décors ?

Les décors ont été fabriqués partout. Autant des décors intérieurs que des décors extérieurs. Au Kazakhstan nous avons construit toute une place. J’avais prévu des décors précis partout. Il fallait donc de les construire et ceci exigeait également un très grand laps de temps. Lorsque nous voyagions d’un pays à l’autre pour tourner, il fallait que les décors soient prêts.

Une coordination entre cinq pays était exigée alors…

Exactement. Lorsque nous sommes partis de Russie et nous sommes allés au Kazakhstan, il fallait que la place soit prête. Après une petite interruption pour les fêtes de Noël, nous sommes partis pour l’Italie, et il fallait aussi que les décors y soient prêts. Après, nous sommes allés en Allemagne, il fallait que les décors soient également prêts. Et souvent, ils n’étaient pas construits.

Donc, il fallait attendre pour qu’ils soient prêts…

Oui et ce temps d’attente a beaucoup aidé pour qu’on stabilise plusieurs choses concernant le tournage. C’est vrai que d’autres fois, ces choses étaient laissées au petit bonheur la chance et on « gagnait » par l’inspiration de l’instant lors le tournage. Je veux dire que j’improvisais souvent pendant le tournage des films antérieurs. Pas dans tous. La Reconstitution par exemple a été réalisée avec précision. Pareil, pour Les jours de 36. Mais, Le voyage des comédiens permettait d’énormes marges d’improvisation lors de sa réalisation. Ce fait  m’a donné une grande liberté. Mais la liberté exige du temps.

Pouvez-vous me parler un peu de votre collaboration avec les acteurs du film ? Substantiellement, après un film comme Eleni où les rôles sont distribués aux jeunes acteurs grecs, on retrouve chez vous des acteurs connus, des grandes vedettes du cinéma mondial. 

Pour ce film, j’avais besoin d’acteurs qui puissent « soutenir » le film. Je veux dire qu’ils existaient des rôles dans ce film qui ne pourraient pas être attribués aux acteurs moyens. Je recherchais des acteurs exceptionnels. En outre, c’était un film qui a été tourné en anglais. Par conséquent, je n’avais pas la possibilité de choisir un acteur grec. Mais c’est vrai qu’en Grèce il n’existe pas d’acteur comme Bruno Ganz. En ce moment, Ganz est le plus grand acteur d’Europe.

Ça aide aussi au financement de la production du film de tourner avec des acteurs célèbres?

Non, la production ne m’a pas demandé ça. Je les ai recherchés moi-même.

Comment  était alors votre collaboration avec ces acteurs?

Willem Dafoe était un collaborateur exceptionnel. Une personne sensible et noble. Il était magnifique de travailler avec lui. De plus, Irène Jacob était une présence très douce, autant au tournage qu’au quotidien. La coopération avec Michel Piccoli était un peu plus difficile, parce qu’une partie de son rôle, celle du jeune Spyros, a été donné à un jeune acteur. En ce qui concerne Bruno Ganz, c’est vrai qu’il était irréprochable comme d’habitude, mais très sévère et très précis comme toujours à ses devoirs. Tous sont de vrais professionnels, mais avec Dafoe et Jacob j’ai eu aussi un contact humain.

En ce qui concerne le montage, j’ai l’impression que vous avez passé plus de temps que les autres fois…

J’ai  passé beaucoup de temps au montage, parce que nous avions de nombreux  effets digitaux à faire.

C’est la deuxième fois que vous faites du montage digital?

Oui et il fallait que j’attende beaucoup parce que les italiens n’étaient pas du tout constants. Nous avions été d’accord que tous les effets spéciaux devaient être prêts vers la fin d’avril mais finalement, rien n’était prêt. J’ai choisi cette association italienne parce qu’elle m’avait fait la meilleure offre, mais j’étais malchanceux dans mon choix. Les effets digitaux n’ont pas été prêts même vers la fin de l’été.

Quatre moins après ?

Oui, oui, oui. Les digitaux étaient absolument obligatoires pour faire le montage en ayant comme objectif à long terme de présenter le film au festival de Venise.

Vous n’avez pas assisté finalement au festival de Venise. Pour qu’elle raison n’êtes-vous pas allés ?

L’entente entre nous était mauvaise et finalement je ne suis pas allé.

J’ai lu que la raison était que le festival n’a pas pu trouver les dates que vous aviez demandées pour assister ensemble avec vos acteurs. Il me parait bizarre que le festival de Venise n’a pas pu trouver trois jours pour le nouveau film d’Angelopoulos.

C’est une grande histoire et je ne voudrais pas la raconter. C’est vrai que ma relation avec le directeur du festival n’était pas bonne depuis longtemps. Un incident était arrivé.

Maintenant vous vous préparez pour le festival de Berlin ?

Oui, nous nous préparons. Il existe de nombreuses choses qui doivent être terminées. Ce sont des choses exigeantes. Nous avons besoin des imprimés, des affiches, des photographies, des entrevues, des press‐books… Il faut éviter des erreurs qui sont arrivés la dernière fois.

Vous participerez mais hors de compétition.

C’est moi qu’il l’a demandé parce que je refuse d’aller aux festivals et de ne pas gagner un prix ! La dernière fois que j’ai participé avec Eleni, le film qui était selon les prévisions  de la presse internationale le mieux placé pour gagner le prix, je n’ai rien obtenu et selon le festival, la raison était qu’Angelopoulos est « hors de compétition ». Je le comprends. Ils ont raison. Les festivals recherchent des nouvelles voix, des nouveaux cinéastes.

Vous êtes satisfait Monsieur Angelopoulos ?

Oui, je suis satisfait. C’était une aventure et je suis content de ce que j’ai vécu. Je l’ai apprécié comme une aventure.

Vous avez dit au festival de Thessalonique que « le voyage est gagné toujours », mais êtes-vous satisfait avec le résultat ?

Le résultat me représente absolument, mais pour que je retourne à ce que Truffaut disait: nous réussissons toujours une partie de nos intentions.

Je pense qu’il parlait d’un trente pour cent.

Oui, exactement, il disait trente pour cent. Nous obtenons toujours une partie de nos intentions.

Est-ce que vous réaliserez le troisième film de votre trilogie ? Est-ce que vous  avez l’intention de la compléter ?

Bien sûr. Le troisième film se tournera et il s’appellera Demain. L’histoire se trouvera un peu dans l’avenir. Il ne sera pas un film de science-fiction. Il sera simplement situé dans l’avenir. Mais il ne sera pas tourné maintenant immédiatement. Je vise à faire un autre film.

Ce que vous avez dit au festival de Thessalonique, que vous voudriez retourner vers un autre système de production ? Vers une production des moyens frugaux avec des acteurs amateur …

Oui, un petit film en noir blanc avec des acteurs amateurs.

Un retour à votre premier film, au Reconstruction ?

Oui, approximativement oui !

Qu’est-ce que vous pensez pour le cinéma contemporain grec et mondial ?

Je pense que le cinéma ne va pas bien en Grèce, mais le cinéma va mal aussi partout dans le monde. En Grèce on avait toujours des problèmes. Mais je pense qu’il y a une nouvelle génération de cinéastes grecs qui peut faire des choses intéressantes.

Qu’est-ce que vous pensez pour cette génération?

Je pense que quelque chose peut arriver, qu’il y ait une génération des jeunes cinéastes qui puisse trouver sa propre voix. Une génération qui doit passer les frontières.

Vous êtes encore un optimiste ?

Oui, je veux que je sois optimiste (rires) mais je ne sais pas s’il faut que je sois. Je veux…

Qu’est-ce que vous pensez, en ce qui concerne les évènements qui se sont passés en Grèce les derniers jours ?

Je ne veux pas que nous fassions une conversation politique parce qu’il s’agit d’un gouvernement parfaitement perdu, d’un gouvernement dissous. La Grèce  vit une très grande crise . Crise d’identité, crise d’équilibre, crise de gouvernement.

Mais vous restez toujours un optimiste. Qu’est-ce que vous donnez alors la force de continuer ?

Le fait qu’il y a toujours une sortie. L’histoire avance en spirale. On passe la partie basse de la spirale et peut-être, demain, on atteint  la partie la plus élevée. En passant par la misère et le nivellement, une nouvelle réalité pour la Grèce peut être engendrée.

Le cinéma peut aider ?

Le cinéma ne peut pas aider. Il peut prévoir ou il peut poursuivre. Tu sais bien  que les choses les plus importantes du cinéma grec, en ce qui concerne ma génération, sont nées pendant les colonels. C’est‐à‐dire que les choses nouvelles peuvent naître  pendant une période difficile comme celle qu’on vit maintenant.

Merci beaucoup, monsieur Angelopoulos.

Je t’en prie. Bonne année !

Publié par : marlène Belilos | mai 7, 2012

Un vent de liberté! Normal!

A 16heures 15, les chaînes continuent d’annoncer que c’est ou la Bastille ou la Concorde. Et pourtant les installations vont bon train à la Bastille, un technicien m’explique qu’on lui a dit de ne plus aller à Concorde. Mieux que tous les sondages, l’avancement des installations.(photo)

Une fille perd son iphone, un jeune le lui rapporte. A peine croyable! Les motards déjà là, n’en reviennent pas. Et moi sentimentale, « ça y est la fraternité est de retour ».Bientôt, je vais croire au retour de la Commune.

A 20heures 10, les gens se lâchent, une africaine totalement exaltée embrasse tout le monde . L’ambiance sympa va durer jusqu’à trois heures du matin. Comme en 68.

Moi, simplement ravie, en 1981, j’étais en Suisse, pour fêter j’étais allée dans une ville- frontière à Ferney-Voltaire pensant que c’était la joie, nuit noire, pas un chat dans la rue.

Dans la foule il est impossible de voir l’écran pourtant géant, à ce moment il n’offre aucun intérêt, on y restransmet le programme de la 2. Quand Marine Le Pen apparaît la tension est à son comble et la foule d’entonner « on l’a viré ».

Enfin la manifestation arrive de Solférino,du siège du PS, il est 22 heures. Des jeunes, des milliers de jeunes.A peine croyable d’où sortent-ils? Ils crient, en pleine forme « On a gagné ».

Les choses ont déjà changé, rien ne sera plus comme avant. L’ambiance est apaisée.

Trois heures, des jeunes jouent à se lancer des canettes,  rue Saint Antoine, mais sans malice. Personne ne proteste, des fenêtres sont encore allumées dans le quartier, ça fête.

Aujourd’hui c’était l’anniversaire de Freud.


Dix candidats et enfin une «tripotée» de points de vue sur vos écrans.

Les moins présidentiables se permettent tout, leur audace est inversement proportionnelle  à leur pourcentage de votants.

 

0,5% Et c’est ainsi que l’on découvre la parole de l’ouvrier Poutou, et son naturel à expliquer son malaise sur un plateau de télévision.. C’est ainsi que très simplement il explique combien il est plus à l’aise pour «envahir et séquestrer les patrons à plusieurs», que de s’exprimer seul .Très au fait du vocabulaire et des sens différents que l’on donne aux mots, selon que l’on est ouvrier ou patron. Il précise le sens de l’expression « charges sociales», expression du patronat ,  il préfère «cotisations sociales». Premier prix d’insolence il aura dénoncé la fortune de Bouygues sur sa propre chaîne.

 

0,5%Nathalie Arthaud, desservie par une voix de crécelle, donne un cours d’économie politique en permanence, tendance soviétique.

L’économie aux commandes, même pour la construction de centrales nucléaires, ce qui lui importe c’est la compétence des intervenants. Une bonne centrale est celle qui serait dirigée par des travailleurs. On n’en saura pas plus sur la dangerosité inhérente à cette forme d’énergie.

 

1% Nicolas Dupont -Aignan, c’est l’homme du montant de salaire.

Il aura marqué les esprits en demandant  le montant de leurs salaires à deux animateurs vedettes: Michel Denisot, et Jean-Michel Apathie, son succès aura été la non réponse, considérée comme un aveu.

 

2%A ce jeu de bowling, il faut ajouter les déclarations compétentes sur les instructions judiciaires en cours , d’Eva Joly. Jamais mieux qu’en juge d’instruction elle aura fait vaciller Nicolas Sarkozy, du prétoire au plateau, elle l’aura accusé en direct de malversations et mis en doute sa capacité de présidentiable.

 

15%Mélenchon s’est distingué par ses talents d’orateur, dit-on, mais l’efficacité là encore c’est de tirer tout azimuts. On ne comprend pas son programme mais on comprend que tout le monde est méchant.

Le moins insolent c’est lui et le plus crédité de voix, l’audace est inversement proportionnelle au nombre de voix.

 

 

Marlène Belilos

Publié par : marlène Belilos | mars 25, 2012

La guerre d’Algérie, vue de l’université de Lausanne

Jean Meynaud était venu de France, il était  un professeur prestigieux et apprécié,  spécialiste des groupes de pression. Pour nous jeunes étudiants « la science politique » comme il aimait à le dire se jouerait en direct, grâce à lui, mais grâce aussi aux étudiants de cette époque.

À nos côtés sur les bancs de l’Université de Lausanne, dans cette  Cité devant,  face à la cathédrale, Khemisti, Taleb. Des étudiants  algériens, ils interviennent, au cours, plus âgés, ils contredisent le professeur, expliquent à Meynaud, qu’eux aux réunions de l’OEA, ils étaient présents, que ce ne s’est pas passé ainsi.

Les discussions se poursuivent jusque tard dans la nuit chez Meynaud,grande maison, chemin de mornex, près du Palace, il a épousé la fille d’un armateur.

La science politique, ce sont alors ces discussions, l’époque c’est les colonels en Grèce, certains étudiants s’engageront, dont Notaras. C’est la guerre du Vietnam,  Cuba, la baie des cochons, et déjà l’Afghanistan.

La Suisse est neutre mais accueille alors les opposants des diverses dictatures déguisés en étudiants qui enrichiront à jamais notre culture politique.

Ces algériens avec qui je déjeune tous les jours au Foyer universitaire, notamment Mohammed Khemisti, austère et très économe, dont je saurai plus tard qu’ils sont membres du FLN et chargés de recueillir les fonds pour la future révolution. Je ne l’ai appris que récemment il avait franchi la frontière, déguisé en prêtre. De l’autre côté du lac,  Evian que les jolis bateaux de la CGN permettent de rejoindre.  C’est là que se dérouleront bien sùr les fameux accords.

En septembre 1963 , Mohammed Khemisti est devenu ministre des affaires étrangères, cela n’a duré que peu, il a été assassiné, en avril 1964. Il avait eu le temps de défendre la nécessité des relations avec la Fance et les autres pays du Mahgreb, à son enterrement Gamal Abdel Nasser était présent. Cette année-là, je terminais mes études et obtint ma licence de science politique à Lausanne.

En  ces jours de commémoration, je pense à la grande rigueur de Mohammed Khemisti, il n’aura malheureusement pas profité longtemps de l’action qu’il avait contribué à mener.Des raisons de son assassinat, je n’ai pas su grand chose.

Ne tirez pas sur le psychanalyste

Depuis quelques jours, je ne comprends pas bien ce qui se passe. Oui, je sais bien que nous avons changé d’époque. Que vaut aujourd’hui une discipline qui se situe du côté du léger trébuchement de langage, du côté d’un oubli, d’un acte manqué? Qui veut encore écouter, ce qui est oublié ? Que vaut-elle face au sérieux? En fait un sérieux surtout revendiqué des maîtres en courbe et évaluations de toutes sortes.

Comment évaluer aujourd’hui ce petit rien qui fait que vous vous reconnaissez d’abord et avant tout dans ces répétitions que vous ne souhaitez pas. Que vous ne comprenez souvent pas pourquoi vous avez agi ainsi alors que vous ne le souhaitiez pas.

Ce qui m’interroge ce sont ces politiques, ces médecins qui déversent leur bile contre la psychanalyse. Que leur a-t-on fait? Ils veulent évaluer la psychanalyse, celle-ci n’est pas assez scientifique, eux sont sérieux ils ont des chiffres, des courbes, des évaluations.

Il est vrai que la psychanalyse est du côté, du petit trébuchement de langage.

La bagarre s’est déclenchée à propos de l’autisme.

Ecouter les autistes. Bien entendu cela paraît paradoxal, me direz-vous. Pourtant c’est ce que les psychanalystes essaient de faire. Que veut dire parler pour un enfant plongé dans un grand mutisme? Etablir peu à peu un contact, chercher des signes de reconnaissance, rentrer dans son temps.

Mais tout cela n’est plus d’époque, on n’est plus à l’époque de l’empathie généralisée.

Bettheleim, Cooper, sont devenus des gros mots. Je ne suis pas forcément d’accord avec eux mais ils partaient du sujet en souffrance, en le considérant toujours comme un sujet.

Un enfant qui ne parle pas, quelles en sont les causes, les raisons ? On n’en sait rien, mais ne vous faites pas de souci dès que l’on aura isolé quoi que ce soit, une zone dans le cerveau par exemple, on trouvera la molécule.

Ce qui m’interroge, sans vouloir que tout le monde partage mon avis, et surtout pas des parents qui n’en peuvent mais, et confient leur enfant là où c’est possible, et toujours pour son bien, ce sont ces rangs serrés contre la psychanalyse.

Freud, Lacan, des empêcheurs de tourner en rond?

Collègues et amis, journalistes, poètes et écrivains, défendez avec nous la possibilité de rêver sans être évalué, de chercher dans le petit trébuchement de langage le signe de l’inconscient.

Marlène Belilos

Publié par : marlène Belilos | février 2, 2012

Freud et la guerre à France culture-

Aujourd’hui sur la correspondance entre Freud et Einstein une émission de Marie Richeux avec François Ansermet autour de Freud et la guerre

Freud, Einstein, la guerre, leur correspondance – Arts & Spectacles – France Culture: http://bit.ly/wt4U9L via @AddThis

Publié par : marlène Belilos | février 1, 2012

Je ne peins pas la vie, je fais de la peinture vivante

Pierre Bonnard à la fondation Beyeler , près de Bâle à Riehen, c’est tout d’abord une mise dans l’espace simplement extraordinaire. Des toiles aux couleurs franches au milieu d’un paysage, que découvrent les baies vitrées , vert et blanc. Ce qui apparaît ce sont les blancs que pose Bonnard, comme « en plus » sur les toiles, ne pas laisser le blanc de la feuille mais faire un aplat. Le contour est dessiné au pinceau, les couleurs s’entremêlent et agissent pas contraste.

Publié par : marlène Belilos | novembre 15, 2011

Critique de Freud et la guerre par Cynthia Fleury

9 Novembre 2011

La chronique philo de Cynthia Fleury

L’art humain de la guerre

Mots clés : philosophie,

L’Art français de la guerre, d’Alexis Jenni, tout juste auréolé du Goncourt, nous replonge dans l’histoire coloniale de la France et ses rémanences actuelles. Victorien Salagnon, ancien militaire de l’armée coloniale française, conte ses terribles guerres qui se sont enchaînées pendant plusieurs décennies au sortir 
de 1945 et qui ont verrouillé, au passage, la mémoire 
et la conscience collectives. À l’opposé d’un Jenni 
qui puise dans l’horreur la trame d’un récit cherchant 
à s’en dégager, Pompidou en appelait en 1972 à un droit à l’oubli : « Notre pays, depuis plus de trente ans, 
a été de drame national en drame national. Ce fut 
la guerre, la défaite et ses humiliations, l’Occupation 
et ses horreurs, la Libération, par contrecoup, l’épuration et ses excès (…) ; et puis la guerre d’Indochine, 
et puis l’affreux conflit d’Algérie. (…) Le moment n’est-il pas venu de jeter le voile, d’oublier ces temps où les Français ne s’aimaient pas, s’entre-déchiraient et même s’entre-tuaient ? »

Mais cet art serait-il proprement français ? 
Ou nécessairement humain, si l’on en croit le dialogue republié d’Einstein et de Freud, en 1932, à l’aube d’une des pages les plus sombres de notre histoire (Freud et la guerre, sous la direction de Marlène Belilos, Éditions Michel de Maule, 2011). C’est à l’occasion d’une sollicitation de la Société des nations que le parangon de la science et du progrès, Einstein, s’adresse à Freud pour lui demander 
« s’il existe un moyen d’affranchir les hommes 
de la menace de la guerre » et « une possibilité 
de diriger le développement psychique de l’homme 
de manière à le rendre mieux armé contre les psychoses de haine et de destruction ».

La réponse freudienne sera ambivalente. « Tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre. » Mais Freud de poursuivre : l’humanité subit le phénomène du développement 
de la culture (Malaise dans la civilisation) et de rappeler ce qui est aussi une découverte psychanalytique : 
« Il est très rare que l’acte soit l’œuvre d’une seule incitation instinctive. » Éros et Thanatos sont moins 
des pulsions antinomiques que des pulsions liées. « L’être vivant préserve pour ainsi dire sa propre existence en détruisant l’autre. »

Dans ce contexte-là, pas simple de définir 
la pulsion de mort indépendamment d’une pulsion 
de vie, la pulsion de mort pouvant parfois s’assimiler 
à une sorte de dernier saut vers la vie, une tentative ultime de réinstauration subjective (François Ansermet).

Freud, ayant rappelé l’ambivalence de l’homme 
et de la culture par rapport à la pulsion de destruction, se permet une pirouette un brin polémique : la violence, demande-t-il, au final, pourquoi n’en prenons-nous pas notre parti ? Parce que précisément la violence que nous éprouvons est une affaire culturelle plus qu’une affaire naturelle. Freud soutient qu’il n’y a pas d’équivalent chez l’animal pour qui l’instinct, justement, a pour effet 
de contenir la destruction de l’adversaire dans les limites de la nécessité. En somme, l’animal tue, détruit, parce que c’est toujours une affaire de survie. L’homme, non, 
et le voilà placé, comme l’écrit Freud, dans des situations qui le déshonorent. Du non-art d’être homme et du nécessaire art de devenir humain.

Publié par : marlène Belilos | septembre 27, 2011

Rafah, ma soeur emprisonnée en Syrie (paru aussi sur Rue 89.com)

Avec Rafah Nached nous sommes de la même famille, pas de la famille au sens de la filiation et si aujourd’hui j’ai envie de la  défendre c’est qu’elle m’est proche, de Damas et d’Alep étaient mes grands parents , « ahlan wa sahlan » comme elle le dit si bien, en arabe,  » vous êtes dans votre famille », c’est ainsi qu’on accueille l’étranger.

Rafah, la culture française a été la notre, lycée français ou école des jésuites aussi à Alexandrie en Egypte, où tant de syriens s’étaient installés, et surtout comme vous le dites si bien la Syrie, l’Egypte , pays d’accueil et tradition du cosmopolitisme.

Paris-le moyen-orient, et la psychanalyse parce que la parole, vos choix me sont proches.La parole à écouter celle aussi des plus humbles, dans un pays  où les différences de classe sont criantes .

Défendre Rafah Nached psychanalyste est essentiel,au-delà d’un quelconque corporatisme,  pour les journalistes pris en otages nous parlions de liberté d’expression, pour les psychanalystes nous pourrions parler de la liberté d’écouter.

Quand la Syrie bouge, elle reçoit des balles, et Rafah écoutait la misère du petit d’homme,  et c’est déjà trop.

De plus vous avez Rafah les mots justes, vous avez en prison découvert une réalité de votre pays que vous ignoriez et dont vous dites aujourd’hui que vous vous sentez responsable.

Tous ceux que l’on a enfermé un  jour, découvre un pan de réalité inconnu.

La prison c’est près de la mort, ça y ressemble , la réalité qui ne vous appartient plus,

Le maitre qui décide, dans la cellule, si vous aurez de la lumière, si vous aurez à manger et surtout si vous allez être libérée .. Et quand. ? Chaque jour est une éternité

Nous sommes beaucoup à crier pour que vous sortiez. Nous entendez -vous?

Il faut que vous le sachiez, nous ne nous arrêterons pas..

Les murs sont épais , mais le souffle passera et votre sourire qu’illumine le soleil de la méditerranée doit continuer.

N’oubliez pas ce que vous aviez écrit, en février de cette année alors que vous receviez vos collègues.

« La psychanalyse est à l’intérieur de la vie et peut interroger le tourment qui déchire le monde aujourd’hui entre pauvres et riches, faibles et forts, dominés et dominants. Notre région est plongée dans l’agressivité, la mort, la violence, la guerre et chacun essaie de s’en sortir. mais la question reste ouverte. Qu’est ce qui fait aujourd’hui que l’homme se déchaîne dans la barbarie extrême et chute, Pourquoi la guerre aujourd’hui malgré tout le progrès scientifique?  »

Cette question c’était celle qu’Einstein posait à Freud.

Nous avons besoin de vous, tenez bon!

Marlène Belilos

Signez la pétition:Rafah.navarin@gmail.com

Publié par : marlène Belilos | août 10, 2011

Lacan est mort il y a 30 ans déjà:Calendrier Lacan

10 août
– Jam sur France-Culture
25 août
– Sortie en librairie de 2 livres de Lacan
Le Séminaire XIX : … ou pire et Je parle aux murs
5 septembre
– Sortie en librairie de Vie de Lacan
– Diffusion sur France 3 de Rendez-vous chez Lacan
7 septembre
– Lancement sur le net de Lacan quotidien
9 septembre
– Lecture non stop de Lacan à l’École normale supérieure
8 et 9 octobre
– Au Palais des Congrès, Journées Lacan
13 octobre
– Sortie en librairie de Lacan au miroir des sorcières

Publié par : marlène Belilos | juillet 3, 2011

Nafissatou nous a rendus fous! paru dans Libération du 6 juillet

Lui est du Nord, elle du Sud. Un homme, une femme. Dans un instant ils vont se rencontrer au 28e étage d’un palace. Elle est pauvre, il est riche et puissant. Un mois et demi plus tard, lui sort rayonnant avec sa femme. Ils partent se faire un bon restaurant. Il commande des pâtes aux truffes. Ce n’est pas la saison, comme me disait un ami gastronome. Mais n’a-t-il pas peur des on-dit ? Truffe, veut dire aussi se moquer. Veut-il se moquer ? Il se moque, c’est vrai. Il s’en moque. Il vient de risquer son poste d’homme le plus puissant du monde pour une bagatelle et une poignée de dollars. Il a peut-être risqué sa vie, dans cette horrible prison. Il n’en a cure. Alors des pâtes aux truffes ?

Nafissatou, elle aussi a risqué sa vie. Née dans un hameau de Guinée, elle veut aller aux Etats-Unis. Le viol, un argument, parmi d’autres, à la portée des pauvres. Elle peut bien raconter l’histoire, elle a été violée en Guinée, bon, pas à ce moment et pas collectivement. Mais peu importe, elle a le droit de mentir pour quitter la pauvreté. Personne ne le lui reprochera. Ça y est, elle est à New York et c’est la débrouille, il faut ce qu’il faut.

Dans le local, elle a vu la photo de cet homme, patron du FMI, qui aime les femmes. Elle se débrouille pour être à l’étage qu’il faut. Et le reste suit. Il ne veut pas lui donner de l’argent. Elle dira qu’il a essayé de la violer ! L’argument a marché la première fois pour son travail aux Etats-Unis, pourquoi pas la deuxième fois ? Son mari la met en garde, elle répond : «Je sais ce que je fais.»

Mais non, Nafissatou. L’Amérique va enquêter. L’appartement, la banque, l’entrée aux Etats-Unis, ils vont tout passer au crible. Tu vas tout perdre. Tu es face à un homme qui ne se laisse pas faire. Il t’a refusé une poignée de dollars. Ce n’est pas juste. «Il a beaucoup d’argent.» C’est vrai, mais ce n’est pas une raison. «Je sais ce que je fais.» Mais non, c’est énorme. Il vaudrait mieux écouter ce mari qui a plongé pour du deal, du haschich, il a raison ce n’est pas le moment.

Les hommes blancs du Nord se sont sentis coupables, les femmes blanches, elles, se sont reconnues. «Nous sommes toutes des femmes de chambre.» Bien sûr que ce n’est pas vrai, bien sûr qu’elles ne viennent pas d’un hameau pauvre de Guinée, elles ne peuvent comprendre ce rêve d’argent par n’importe quel moyen. Elles n’ont pas compris, mais elles ne pouvaient pas comprendre, elles ne peuvent même pas imaginer une histoire pareille. Certaines épousent des hommes riches qu’elles n’aiment pas forcément, c’est autre chose et c’est permis.

Maintenant, elles risquent même de vous en vouloir, elles ne se résignent pas à votre dernière version. Elles aimeraient, et c’est un comble, que vous ayez été vraiment violée.

Nafissatou, vous nous avez rendus fous !


Publié par : marlène Belilos | juin 21, 2011

La femme de Van Dongen

Marie-Claire Van Dongen, la dernière femme du peintre,au Bateau-Lavoir à Monaco

(photo Marlène Belilos )

« Je les peins minces avec de longs cous et de gros bijoux », disait Van Dongen, il

ajoutait que c’était ce qu’elles voulaient, les femmes. Mais à amincir les corps et à

surdimensionner les bijoux, Van Dongen avait saisi de la femme plus que cela, sa

mascarade.

Ses portraits de femme, aux yeux agrandis, trop fardés, ourlés de noir, des touches

vertes figurant les ombres, une peau rougie par le métier, plus vieux du monde,

inspireront un critique malveillant:

 » Van Dongen avait emprunté la boite de maquillage des prostituées pour en faire sa

palette. »

Remarque pertinente, et les femmes de la bonne société, de ce qu’il a nommé sa

« période cocktail » l’auront bien compris qui toutes voulaient leur portrait par Van

Dongen, d’Anna de Noailles jusqu’à Brigitte Bardot, à la fin de sa vie.

Au début de sa carrière il avait refuse la peinture privilégiant le dessin pour le peuple.

Celui qui se faisait appeler Kees-prononcez Kiss- était arrivé de Hollande, dans une

tradition classique, admirateur de Vermeer , cours l’académie d’art Rotterdam, son père

guide ses premiers pas, son très beau portrait, peint à 20 ans, figure à l’exposition.

Il gardera le style de ce père, à l’ allure de fort des halles-. Ce n’est qu’à la fin de sa vie

à Monaco, avec sa deuxième femme, Marie-Claire, qui avait été son modèle, épousé à

60 ans, qu’il revêtira le complet veston.

Des éditeurs confondirent d’ailleurs son portrait avec celui de Freud.

Provocateur, il l’a toujours été , d’un coup de pinceau, d’un seul, il déstabilise la statue

d’Anatole France, il orne son front d’une tache de blanc, « fromage blanc », tache sur la

France. Mais alors, comment était-il passé du libertaire, de ses débuts non pas aux

« cocktails », que ses femmes Guus et Jasmy, organisaient si bien, mais à accepter le

Voyage d’automne de 1941, invite par Arno Breker, avec Vlaminck et Derain, périple a

la gloire des nazis.

Comment cet homme qui avait partagé son atelier avec Picasso et dont celui-ci disait,

avec admiration, qu’il était le Kropotkine du Bateau-lavoir , Kropotkine, l’ aristocrate

russe devenu anarchiste qui rejoignit Kerenski en 1917.

Comment n’a-t-il pas vu?

Lui qui a vécu à ses débuts , la Bohême , qui a peint « les lutteuses de Tabarin,  » ces

femmes aux corps emmaillotés de rose, – ce tableau peu connu-vient faire écho aux

« demoiselles d’Avignon ». Lui qui a travaillé pour l’Assiette au beurre.

Lui qui aime à se dire  » nègre blanc « .

Est-ce son propre goût de la provocation qui l’a perdu.

Dans son atelier, de Denfert Rochereau, de la rue de Courcelles, qui lui sert tout a la

fois d’appartement et de galerie, il organise des bals masques et reçoit ses hôtes en

Neptune. Ses toiles servent de décor.

Mais l’occupation, les allemands ce n’est plus la fête.

Il va payer son aveuglement. Ses expositions sont boycottées.

Il survivra grâce à des travaux d’illustrateur.

Réfugié à Monaco, il est le peintre du scandale, là ce ne sont pas tant ses opinions

mais ses femmes dévêtues qui le mettent au ban, d’ une société bien-pensante.

Il aura fallu 40 ans pour qu’une exposition soit organisée au bas du rocher princier.

L’exposition du Musée d’art moderne à Paris, comprend des tableaux de cette

exposition, mais aussi venus de collectionneurs hollandais, elle s’arrête pudiquement au

voyage d’automne.

Elle dure jusqu’au 11juillet.

Publié par : marlène Belilos | juin 7, 2011

DSK Non couplable, génial lapsus!et acte manqué de CNN!

Le lapsus génial mais vite ravalé: non couplable

L’information était vite dite hier. Mais pour les journalistes du monde entier,déplacés en bataillon, il fallait meubler, apporter de la substance à ces foules de telespectateurs mobilisées.
Une procédure vite expédiée, au point que CNN seule sur les lieux , manqua- et quel acte manqué- l’image des deux mots que DSK prononça «not guilty».

Manquer la première parole publique de DSK depuis quinze jours. Parole attendue bien sûr mais enfin un son, du langage, face à ce flot d’insanités que la presse sous prétexte de comptes-rendus judiciaires, déverse dans un langage juridique, faisant de l’accouplement une opération totalement obscène.CNN n’a pas voulu entendre et enregistra plutôt le  « yes » DSK prononça pour assurer de sa présence aux audiences. Pas « not » mais « yes », voilà bien ce que CNN voulait entendre, comme toutes les chaînes, comme le public hystérisé dans la présomption de culpabilité.

Les éditions spéciales se succédaient sur toutes les chaînes sans que rien le moindre incident, ne se déroule, à part ces femmes de chambre , en livrée des grands hôtels, scandant comme dans West Side Story «shame», au lieu de « fame ».

Et le journaliste de BFM-TV vers 17heures exténué de répéter ce que tout le monde savait depuis 15heures, et même avant, car annoncé et prévisible, nous livra la trouvaille de la journée DSK était   «Non couplable».

C’est vrai que DSK est non couplable, lui compagnon de ce couple magique qu’il forme  avec Anne Sinclair, était non couplable. Il est vrai qu’il n’était pas en couple avec la femme de chambre, ni avec ses multiples femmes qu’il séduit depuis le temps, et  rémunère.

Et les féministes qui en rajoutent.

Elles seront bonniches d’accord mais non potiches , les féministes réveillées en sursaut d’un long sommeil ont oublié la moitié du slogan de 68, « Ni potiches, ni bonniches » et ont défilé sous la bannière

« Nous sommes toutes des femmes de chambre(sic)» Avec Laurence Ferrari, Audrey Pulvar et quelques autres figures de l’hôtellerie. Nous les avions manquées dans ce rôle.

PS:Petit rajout: sur Inter, à l’émission »le téléphone sonne  » Maitre Soulez Larrivière  se demandait pourquoi fallait-il que DSK soit maltraité  pour être comme les autres et que la logique voudrait plutôt que tous les prévenus soient bien traités.

Il posait également la question de savoir qui indemniserait les français du torrent de boue qui s’est abattu sur le pays?

Publié par : marlène Belilos | mai 29, 2011

Michel Boujut, mon camarade est mort

Michel Boujut, mon camarade est mort

 Je venais de lire son dernier livre, dont l’écriture avait été pour lui essentielle.  » Le jour où Gary Cooper est mort », paru chez Rivages-Payot. J’avais découvert alors un Boujut que je ne connaissais pas si bien que cela, lui en avais fait part, et cela l’avait ravi, comme tout ce qui n’était pas entendu d’avance.

Cette histoire de désertion qui l’avait conduit en Suisse, à la télévision, où je l’avais rencontré.

On a le tort de penser que la vie des gens commence quand on les rencontre.

Nous avions travaillé, et aussi fait la grève, je ne m’étais pas étonné qu’il soit d’accord tout de suite.

Non, je ne connaissais pas cette longue quête de liberté qui avait décidé de sa carrière de critique cinématographique.

Ces cinémas où il se cachait pour ne pas partir « faire la guerre d’Algérie », comme on disait. De la guerre d’Algérie, nous savions peu de choses, des inscriptions sur les murs, « Libérez Pouillon », nous paraissaient énigmatiques. Ce n’est que plus tard que je sus, que ces étudiants algériens croisés à l’Université qui se permettaient de contredire les profs, deviendraient ministres du FLN.

Il y a un mois, je l’avais rencontré dans la rue alors qu’il se rendait chez Michel Piccoli pour préparer la présentation qu’il devait en faire dans une librairie.

Je n’avais pu y aller, ce n’était que partie remise.

C’était le 25 avril, ce serait donc la dernière fois que je l’aurais vu.

Michel est mort la nuit dernière, d’une maladie foudroyante.

Il n’y aura plus, ces cafés pris ensemble, le dimanche au marché du boulevard Beaumarchais qui nous permettaient de faire le point. Il avait toujours ce point de vue décalé sur le monde, je savais que je pouvais l’appeler, pour lui demander un avis, une adresse.

N’était-ce pas lui qui avait organisé ce voyage à Paris en 1971, pour obtenir le soutien d’amis français lors de notre licenciement de la télévision suisse, grâce à lui nous avions rencontré les journalistes de Charlie-Hebdo, Jean-Luc Godard, et d’autres.

Généreux de ses adresses, ce qui dans le métier n’est pas fréquent .

Dans la Glâne, près de Fribourg, il avait trouvé des fermes où nous nous étions réfugiés, improvisés fermiers de montagne. C’est là que Thomas son fils et né.

Et Michel écrivait, toujours et toujours.

« C’est un métier », disait-il, « le matin je me mets au travail ça vient ou ça ne vient pas », sentencieux même sur la fin, alors que nous parlions d’un ami, il trouvait qu’il ne travaillait pas assez.

Est-ce de son père, Pierre Boujut, le poète créateur de La Tour de feu, qu’il tenait le métier? C’est toujours difficile à dire. Poète, il l’était, ses articles dans la Charente Libre en témoignaient, il y avait cette tournure particulière, une histoire poétique naissait d’un simple fait.

Plus que cela c’est lui qui me familiarisait la France, avec Mano sa femme, j’avais découvert le meilleur cognac de sa région. Il m’avait raconté que son grand-père  prenait toujours la pomme  un peu pourrie à la cave, et du coup de sa vie, il n’avait mangé que des pommes un peu gâtées.

J’avais découvert, et c’est toute une culture, le radis noir, les fèves crues.

Du passé il avait une vue dynamique, pas de complainte nostalgique, Antoine Vitez, Lacan auraient parlé d’un « futur antérieur », il vivait dans le « futur antérieur ».

Ses positions politiques avaient évolué, il n’était plus anarchiste.

Voila, Michel Boujut n’est plus là, pour voir les films, pour en sourire si particulièrement, il faudra voir les films sans lui.

On va attendre un peu.

Publié par : marlène Belilos | mai 25, 2011

Cours jam du 25.05.2011, MES NOTES, forcément incomplètes

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au rythme des touches de l’IPAD, sans enregistrement, pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité .  Il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller

(début incompréhensibele, mauvais son)

Ça se passait a Montpellier , journée Uforca, mon cours  de cette année avait résonné ,

pour des collègues , aussi le moment où pour moi s’est joué le point de capiton.

Dans ces journées je ne suis pas le seul travailler, interventions brèves de 15

psychanalystes, j’avais propose a chacun une phrase du séminaire 23, le Sinthome.

J’avais assigné a chacun le travail le plus apte à le stimuler.

On a conversé. Loin d’être seul , on m’a dit austère, ici, là je me donne à coeur joie.. On

s’est bien amusés. J’aimerais bien que ça change ici avec la conversation ,de

l’invention , qui ici me fait défaut…au fur et à mesure que se déroule une chaine

signifiante..sonore, il se forme, une nébuleuse de significations, jusqu’au moment où le

signifié vienne s’ordonner, et « Ce que ça veut dire », significations et pourquoi cela a

été dit et ou cela mène..moment de capitonnage.. Chaque phrase , chaque

paragraphe.. produise pour l’ensemble, ce que ça veut dire..autrement dit le point de

capiton nécessaire vu le décalage signifiant/signifie pour situer l’intention à l’origine du

discours qui aurait mobilisé le signifiant..une fois que c’est dit , pas vrai pour le locuteur

lui même , très sur de ce qu’il dit avant de l’avoir dit..nébuleuse d’intentions vous savez

comment Lacan a représente cette fonction de point de capiton

Il place sur un vecteur la suite signifiante..(schéma)

Instant de voir et de saisir..signifiant A

Signifié de. Et ensemble de signifiants , ensemble pour représenter la métaphore..la

matrice de son graphe du désir…à Montpellier et au moins pour l’ensemble de ce que

j’ai voulu dire a fonctionné, comme point de capiton pour l’ensemble de ce que je dis

cette année. Ici on ne rigole pas, c’est tout de même ce que je dis ici qui permet au feu

d’artifice de sortir.

Table d’orientation, tripartion de la cause lacanienne

Je vais en énonce rune autre..

Si le sinthome est un point d’arrivée de la clinique. Lacan..une fois que Lacan a dit son

« y a de l’un », réduit le symbolique à l’un, qu’il a renie l’ontologie à cause de la logique, ce

s’est passé dans…. et se poursuit dans Encore

C’est dans le séminaire 23, que nous avons …les 24 et 25, il ne se détache pas une

conception clinique aussi opératoire du sinthome..

C’est le terme clé de la clinique à laquelle il a abouti..

Le moment de conclure …

Du point de vue clinique c’est avec la consistance du Sinthome que nous a nous un

savoir faire

Qu’est ce qui occupe la même place de consistance clinique ou le psychanalyste opère

Encore avant

…….(manque 5 minutes)

Autour des consistances qui sont a déchiffrer , supposées présentes..qu’on appelle

refoulé elle apparait celle du début …et c’est là que s’exerce par excellence

Nous avions avec Lacan le fantasme..n’est pas une formation de l’inconscient implique

aussi que Freud a nomme le Ca .

Nous faisons appel a deux moments éloignes , l’inconscient première topique, et le ça

appartient à la tripartition du moi, du ça et du surmoi..

Lacan a combine le fantasme production du ça et formation de l’inconscient. L’a

introduit dans le séminaire de la logique du fantasme..une production du ça..ce régime

propre. Il l’a appelé logique et qui retiendra

Le ça vient compléter, conjonction de l’ics et du ça, le fantasme n’est pas seulement de

désir mais aussi de raison..

Termes très minores..singulièrement nous avons cette .. Vérité, désir vont ensemble..

Effets de signifiant que sont le signifie

Elle tient au corps, chevillé par la jouissance..sa jouissance, qu’on appelle l’autoérotisme

Ne croyez pas qu’il suffit de dire ça, le caractère auto érotique, a la pulsion

elle meme , est auto érotique , au sujet de l’objet de la pulsion, que Lacan a mis en

valeur, la pulsion orale c’est la bouche qui s’embrasse elle même..

De la pulsion comme faisant un aller retour…autoérotisme de la pulsion, voie. Retour de

la pulsion pour elle même

Des objets divers que Freud appelait l’ersatz.

Le corps se jouit, réflexivité de la jouissance, bien distinguer dans l’ordonnancement, le

désir et la pulsion, le désir, c’est le désir de l’autre .l’hystérique par sa structure .

Vous impliquez le désir une relation essentielle, une absence d’altérité avec un

partenaire, un autre sujet de la parole..pulsion c’et la pulsion de l’un.

Au niveau de la pulsion, acéphale..le sujet de la parole, c’est le vecteur , on ne

s’aperçoit que l’autre n’est pas d’accord..

La pulsion c’est la pulsion de l’un pas avec le désir de l’autre.

Le fantasme, il réduit ça a une conjonction du désir et du ça, recours dans la topologie..

Comment des surfaces pouvaient se découdre et se coudre, la topologie permet de

suivre, consistance hybride grâce a la bande de moebius.

Présente sous les espèces de sa négation, en tant que castration..

La castration est le nom de la jouissance en tant que negative dans le réel..

Le nom du père métaphorise …la mère, la jouissance est interdite …

Elle ‘entre en jeu que sous s forme négative..designer une jouissance positive…celle qui

reste après.. Un signifiant qui ne supporte pas le moins,  par petit a.

Une positivité récupérée.comme bouchon de la castration.

Petit a bouchon de moins phi…

Lacan a traduit la formule de la passe..

Voila comment Lacan donne la cle de la traversée du fantasme…

Conclusion de l’analyse débauchant sur le manque a etre, l’horizon déshabité …

Manque a etre, néant, le rien..

Il conserve la conclusion ontologique, desetre, ne faisait que redire ce que Lacan avait

dit, déflation du désir, métonymie du manque à être.. Révélation du desêtre , se

complète d’une conclusion existentielle, jouissance qui l’attache a l’existence..

Si j’en viens au sinthome , in bascule du cote de la jouissance …

Au fond d’emblée Lacan avait admis, que l’analyse tienne a la structure de fiction et qu’il

opère dans la fiction…c’est la même chose mais de l’autre cote ..toutes. C’est affaire

d’être et de desête, une vérité menteuse, une jouissance qui ne se laisse pas négativé ,

dans le registre ontologique qui est celui de la fiction….

Signifiant a partir du réel, l’inconscient est vérité…, est savoir..

Il y a quelque chose d’hybride dans cette définition. L’inconscient est fait de matériel

signifiant, le terme de supposition montre que nous sommes dans le registre de la

fiction.. Dans la passe envahissement du sujet suppose savoir, il y a desetre, et

dévoilement du sujet suppose savoir..il a dit en clair la bascule, l’inconscient et réel,

inclut le ça…c’est pourquoi il pouvait dire dans télévision, l’effet d’un noeud qui se

construit réellement , la chaine non de sens mais de jouissance, c’est la conjonction de

L’inconscient et du ça, c’est le réel qui permet de sortir du symptôme, le réel comme

moyen de l’opération analytique, cette même bascule..

Le parletre inclut le corps, l’inconscient réel est autre chose que l’inconscient freudien,

partlêtre inclut le corps, il ‘y pas de désir sans le réel , celui qui de parler, superpose un

être a la voix.. Il y a une dévalorisation du signifiant, de la valeur de vérité, façon

énigmatique dont il entame le séminaires du sinthome, aborde création dite du vide..

Il y a des existences qui n’ont pas de nom, et qui sont du réel..

Le signifiant création a partir de rien , il fait etre la vérité

Nous avons l’envers du décor…

Il ne daigne pas accorder..exalter l fonction de la nomination, distance avec le réel..

Le vide se redouble de la fonction de la parlotte..d’abord le réel et ensuite le signifiant,

les embrouilles vient percuter le réel, chez le parletre ,une faille.. Sans subir la

castration . Férir cesser le symptôme, un discours qui ne serait pas du semblant..la

lettre et matière..dans le langage il y a plus que l’écriture, le forçage ver le sinthome

s’affirmer comme hérétique de la bonne parole..lui se considérait comme freudien..

La bonne façon est celle qui d’avoir bien reconnu la nature du symptôme page 15

nature du sinthome pour attendre le réel, ‘est pas un retour du refoule..

Les restes symptomatiques dont Freud, .. Il y en aura toujours, dit Lacan

Ça se produit dans la pensée..Freud a découvert l’inconscient..avec les hystériques, ça

je vous le dirai demain..avec Lacan hors sens..psychanalyse hérétique.. Au temps de

l’outre passe..quand le sujet n’est pas satisfait….

Contre analyse au nettoyage du sens, usage logique du symptôme…quand Lacan situe

le symptôme comme du réel hors sens..

Dans l’étourdit, de la logique et le réel, a l’oppose de la philosophie et de l’être…hors

sens résultat du nettoyage du sens pour manier la lettre,

Detopoligisation de la pratique, sur la lettre, comme déchet m’arracher a ses activités

avec l’être

Les pulsions écho dans le corps qu’il y a un vide…page289 des Ecrits…résonance déjà ,

ici usage logique..Joyce coupe le souffle du réel …a mis au jour le souffle du réel, avec

son roman d’assonance…il la réveille pour qu’elle finisse..c’est a l’horizon que Lacan

‘met au . Jour le sens du symptôme psychanalytique, a la jouissance de la

psychanalyse, réveil qui ne se fit pas sur le modèle de l’effet de vérité.

La pratique de la desublimation, adoration de la vérité, arracher l’obsessionnel au

regard, la présence du regard, la vérité et soeur cadette de la jouissance…

La théorie analytique, c’est uns pratique sans vérité, desublimee..idée de l’art a sa

racine dans un réel qui est de l’ordre du symptôme, l’avait exit pour lui, pour couper le

sifflet aux autres, oeuvre d’art départir de l pulsion.

Dans l’auto-érotisme du parletre, perversion, le support, du père il n’y a que des

versions, le père est le nom du père, n’existe que des pères…

La desublimation a commence départir de l sexualité féminine, il y a des femmes,

déchoir le vrai de son socle de vérité, pour…

Une réponse toute spécialement …

Énigme sexuelle, s’git d’atteindre ce qu’elle comporte d’opacité irréductible..c’est la que

réside l’hérésie lacanienne.

On a cru que c’était l’autre de la parole…c’est le corps..

Il n’empêche que au cour du noeud borromeen un prélèvement corporel, avec le

regard..

Publié par : marlène Belilos | mai 18, 2011

Mes notes, Cours JAM 19.05.2011

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au rythme des touches de l’IPAD, sans enregistrement, pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité .  Il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller


Le principe de causalité suivant attribué par Descartes à ce qu’il appelle » la lumière

naturelle.expression interrogée , il l’utilise plu qu’il ne la définit.

La lumière naturelle implique une évidence.un énoncé, une proposition, une phrase qui

n’est pas résultat d’une déduction , mais qui précède et conditionne tout raisonnement.

Cette évidence est de l’ordre de l’axiome, si l’on entend par la qu’elle ‘est pas arbitraire,

pas choisie ..qu’elle est primordialemt nécessaire a ce que l’on puisse discourir. La

condition pour pouvoir penser. L’absolu toujours affaire avec l’impossible.

Cet axiome prétendument naturel, il doit y avoir autant de réalité dans la cause

efficiente, totale que dans son..

Axiome quantitatif, qui concerne , ordonne la quantité de réalité . En decà , il repose sur

l’évidence de la scission entre deux entités : la cause et l’effet. De ça , de cet axiome

une discontinuité.

Quand Lacan utilise ce terme de cause, ce trait de discontinuité, lui sert à opposer la

cause et la loi. La loi… Chez Descartes cette scission s’inscrit dans la prévalence de la

cause dite efficiente. La cause considérée par rapport à son effet.une des causes

distinguées par Aristote qui ordonnait quatre types de causes, Descartes , résorbent les

autres « finale,matérielle et formelle « . Lacan emmenant causalisme qui a rénové le sens

de la cause au 20eme siècle. Lacan n’a pas méconnu les causes aristotéliciennes. La

distinction qu’il a introduite dans les « 4 complexes fondamentaux », entre automation et

Tuche. Dont il a fat les deux modes de la répétition., gouverné par le même algorithme

dans l’automation, le même que l’on coït revenir, qui est associe a l’homéostasie , au

maintien d’un équilibre . La répétition comme Tuche qui n’a pas d’algoritme, avec une

valeur de rencontre, introduit une altérité qui dérange. Le mathématique se soutient

dans l’automaion, Lacan exploite la physique cette opposition il a réussi a en faire un

outil conceptuel qui demeure.

Retour des praticiens quand ils essaient de pratiquer leur expérience, dans la science

et la vérité,c’est un rappel aux 4 causes. Vous les y trouver appuyées au 4 discours, ne

sont pas ceux qu’il mettra en place plus tard.

Le discours de l’analyste, de l’université, de l’hystérique, c’est un préliminaire , cet essai

n’a pas été repris. Il est comme une préfiguration dans une combinatoire de termes qui

permutent.

Dans ce repartitoire, la cause efficiente est attribuée à la magie.

Lacan lui fera une place à la magie, précisément comme si la psychanalyse s’ y réduit,

La cause finale en vue de laquelle la cause agit… , à la religion, à la science la cause

formelle, à la psychanalyse la cause matérielle.le matériel, il le reconnait comme le

signifiant, l’être de la cause étant le signifiant.

Si nous revenons à Descartes, il conditionne une déduction immédiate.

Ce qui rend impossible toute dialectique, déduction dont hégélien devra faire litière ,

pour introduire Dan la pensée un autre régime, le néant ne saurait produire aune chose.

Si on croit ça il ‘y a pas dé dialectique, on pose que le néant puisse avoir des effets. Le

plus parfait c’est ce qui contient et une suite de réalités ne peut dépendre d’une..la

lumière naturelle Lui permet de déduire de l’idée que j’ai que Dieu existe, le faire exister

en dehors de moi.

Le sujet peut affirmer qu’il y a quelque chose hors de lui.

Un dieu parfait attenant a cette existence, tout ce d’intérêt il avait suspendu l’existence

dans sa.croyance pour lui donner l’ego cogito.

Ça suppose qu’on applique l’axiome de causalité aux idées.

N applique aux idées l’acte de reconnaissance d’une causalité psychique aussi pour ma

cogitation.

Il la soustrait a la malédiction de la….

La causalité abordée par Lacan selon un repartit ire levistruassien, au fil de ce qu’il a

élabore, n coït se détacher trois assit tuons, trois instances de la cause, la cause

imaginaire, symbolique,réelle. Il ‘est pas impossible qu’elles se substituent l’une a

l’autre, mais aussi marquent des temps différencies , en termes de progression

symbolique.. L’occasion d’y ordonner la dynamique de l’expérience pour déboucher sur

l’outre-passe.

La causalité imaginaire d’abord, « propos sur la causalité psychique »1946

Conference aptes le silence qu’il dit s’être impose après l’occupation.

Il rompait avec sa réserve, nouvelle période, de psychanalyste do trônant.

Ce texte marque un commencement. Ce texte préfigure 1953, en deca de ce

commencement. Premier texte sur la psychanalyse  » Au de la du principe de délaite »

phénoménologie qui lui permet d’isoler l’instance de la parole. Il aurait pu marquer

Fonction et champ 1956, c’est des le moment du principe de réalité, dans la dimension

du vrai, ce tissage continue tout au long de si enseignement.

Quand il rompt le silence, la réalité psychique est d’ordre imaginaire, pour poser l’image

comme cause.il s’agit d’une image qui plonge dans l’Ics. Lacan rappelle l’imago, image

chargée de causalité.le nom de la causalité imaginaire, c’est l’identification , de capturer

le psychisme en cause qui est alors ce que Freud appelle le moi, et dont Lacan rend

compte par le stade du miroir, une construction appareillée a l’image, ressortissent de

l’éthologie, viennent a l’appui du stade du miroir, mise en scène de la causalité

imaginaire. En même temps qu’il y a une référence animale, il y a la liberté, emprunte a

l’existentialisme le plus échevelé, la liberté dans Baudelaire. Contingence d’un choix

originel, qu’il réfère a la liberté, de l’insecte et du pigeon…a l’appui d’une causiez

assignée a l’imaginaire comme une catharsis du narcissisme .il y a en effet dans un

analyse uniment imaginaire,initiale moment initial, la question qui suis-je , qui trouve

des réponses en terme d’image. Ce moment passe par la dissemblance et la

ressemblance et je dessine les contours de mon être

La causalité symbolique il s’y réfère jusUa son dernier enseignement, en même temps

je ressemble et je dissimule, j’isole les paroles qui m’ont marquées , le sais-je depuis

toujours..profondeur des effets,a l’inventaire des ressemblances se conjugue l’inventaire

des dits, valeur e vérité jusqu’à valeur d’oracle. Il y a une extraordinaire contingence

des accidents. On peut ressortir croyance d’une analyse,une analyse rend difficile de

croire a la providence, mise a mal par l’inventaire des dits qui met en valeur, la

contingence, ….son destin, son armature signifiante. Ce qui vous arrive, ces accidents

sont de signifiants,ils causent des effets de temps, ils tissent une structure de fiction

véridique, de vérité menteuse., a laquelle vous vous accordez, a votre survie, a votre

homéostasie.

La causalité symbolique montre comment les accidents se cristallisent en structure.

S’agissant de la causalité symbolique , l’instance du signifiant inscrit dans l’inconscient

la contingence, d’abord celle de l’événement , ça ne cesse pas., en tant qu’elle donne

figure a l’inconscient, la contingence de l’inconscient qui fit signifiant.La contingence de

l’identité du Sens.

La causalité symbolique a un résultat , un effet majeur, qu’il a appelé le fantasme. A

partir du fantasme se déchiffrait la cause, a déplace sur le fantasme la puissance qu’il

accordait a l’imago.

Comment pour lui la présence de l’imaginaire dans la causalité psychique , son

enseignement s’est appuyé sur des images et scande par des schémas, des mises en

scène imaginaires. Cet élément imaginaire loin Qu’on puisse le disqualifier, c’est le

poids de la réalité psychique, pas forcement de corrélât dans celle de tout le monde.

L’importance du fantasme, traversée du voile…accession à une fenêtre,l’ordrpidee de la

vision avec son corrélât du regard.

La causalité réelle, nettoyée comme l’imqge du temps, causalité dont l’effet central n’est

pas de l’image, n’est pas imago capture, n’est pas fantasme,mais sinthome, si il est

difficile a cerner , pas de repère dans l’imaginaire, pas une représentions , une imago,

pas d l’ordre de l’idea, pour l’opposer a enorgueilla, de jouissance.

Grands mots inspires du latin, quid on peut dire son identité, on peut lui donner son

identité dans l’essence . C’est une quodite, n ne peut dire que c’est.

Cette distinction traditionnelle, imaginaire, niveau réel il y a , le ya

Si on veut l’appareiller avec le vocabulaire de la philosophie..

Le dernier enseignement de Lacan, il y a , il n’y a pas.

Ya de l’un…réduction sensationnelle du symbolique, pour setter l’itération, le sinthome

c’est de l’est…réduction du blabla, il n’y a pas de rapport sexuel….corrélatif, il ‘y a que

de l’un qui se répète de l’itération, troisième formule. Il y ale corps, dans le titre en

corps »

Je crois que c’est conforme, le un et le corps, pas deux sexes, le corps est l’autre du

signifiant. L’autre du signifiant n’est pas l’autre de la vérité seulement virtuel, dans ses

effets de sens. L’autre du signifiant autre du corps et de sa jouissance.

Une fois le discours nettoyé ce qui se dénude, c’est la conjonction de l’un et du corps,

vérité petite soeur de la jouissance.

Quand la jouissance et déplacée , elle nomme la jouissance et la masque..

Entre l’inconscient et le ça…ou se trouvent les pulsions…

Inconscient un lieu d’être, le ça un lieu de jouissance dans le corps, incarnation de la

jouissance, fictions véridiques…vérité menteuse, du cote du ça, manque a etre…

Ce que Lacan a appelé la passe , livre au psychanalysant son être, réduction de la

fiction en tant que manque, castration, ou bouchon du manque, objet prégénital

Abraham, moment de’….’ du ça encore et on approche du cote de l’être, une fois franchi

ce moment , se dénude l’existence. S’est dégonfle la fiction, vérité et désir même vois,

les restes symptomatiques, au de la de l’être du désir, conjonction du un et du corps,

événement de corps.

L’outre passe au de la de l résolution du désir , au de la du père, et du temps oedipien ,

un leurre aplati la jouissan3 que le désir, cette fiplats

A affaire avec un interdit de jouissante dont il …laisse un reste la nature , avec le sujet

de l’outre passe métaphore , ni métonymie, du registre du ya, comment le sujet

s’accommode de ce ya

Sans doute Freud a situe le réel – un rêve lui-energetiquepsychiqueil avait l’idée qu’il

fallait un fondement de réel qui soit ors sens dans le neurone.

Ce réel on ne peut rien en dire, sauf qu’il n’en a pas .

Autre idée du réel, une idée c’est du trop..il l’a représente comme le neoud. Borromeen,

appelant réel le neoud et un des ronds.

Ce réel se présente comme une articulation » comme une chie comme un savoir..réel

une entité trouée, le trou a propriétés, sa propriété essentielle, le trou, diffèrent avec le

néant cartésien, le manque est au niveau de l’être, le trou est au niveau du réel , le

signifiant fait trou

Il s’agissait pour lui de donner resistan e e au pur il n’y a pas…nous aide a nous repère

dans l’outre passe…c’est au trou qu’il a affidé, une fois réduite la question de l’autre, il

s’agit de la question de l’un, elle se répercute …

Le sujet se sait parler tout seul…le délire avec lequel il pensait parler avec l’autre de la

vérité…fiction de l’autre de la psychanalyse

L’outre passe l’a cerne comme autre dans sa solitude…dans sa pratique

Publié par : marlène Belilos | mars 30, 2011

Cours jam du 30.03.2011-Mes notes

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au rythme des touches de l’IPAD, sans enregistrement, pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité .  Il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller

Il s’agit ici du réel dans l’expérience analytique, dans la vôtre aussi bien, comme

analysant et praticien. Pas seulement ,car du réel Lacan en a parle, et depuis de

longues années nous essayons de le déchiffrer, Si du réel il a parlé c’est à notre usage,

pour vous orienter, nous faire entrevoir en quoi l’expérience analytique, celle à laquelle

nous prêtons comme analysant, en quoi elle demande pour être pensée, qu’elle  soit introduite

la référence au réel. Je dis pour être pensé. Pourquoi l’expérience analytique il faudrait

la penser ? On s’en passe au nom d’un « ça marche » l’éblouissement du débutant. On

constate même si on ne s’y retrouve pas ça marche quand même . On peut s’en

satisfaire. On pourrait appeler ça du pragmatisme. On parle de pragmatisme, chaque

fois que ça se passe très bien d’être pensé, pour asseoir cette position, cette paresse,

on pourrait jeter la suspicion sur la volonté de penser. Ce que les  Kantiens appelait des

rêveries , on pourrait en trouver la preuve dans des variations de la doctrine de Freud,

dont le développement est scandé avec le passage d’une topique à l’autre, aussi les

variations. Lacan, ce qu’il appelait ses avancées , tout au long de ce temps, il pouvait se

vanter de ne jamais dire la même chose, il serait aisé d’en faire une objection. S’il y a la

une pensée qui ne s’arrête jamais, il y aurait une pensée qui mérite…

Auprès de ce qui se passe , ce qui a lieu.. Se tient essentiellement au niveau du cas

dans sa singularité..la forme de la pensée est  à saisir cette singularité.

Penser peut sembler très à distance de ce qui a lieu.

Lacan l’analyste ne pense pas dans son acte, il s’efface, efface sa pensée . Il en retient

sa volonté de penser et reste sa présence.

Le minimum c’est qu’il livre son dada..

A la limite on peut soutenir qu’il n’a pas besoin d’être là .

Celui qui a à penser à savoir l’analysant, avait mis en train ses associations, qu’il n’ait

pas eu à voir l’analyste, c’est un détail sans importance.

Toujours est-il que l’accent est mis sur la présence de l’analyste, au dégrisementt de ce qui

serait pensée .

La pensée a des accointances avec le fantasme.

Qu’est ce que serait une présence sans pensée, qui ouvrirait sur un laisser être .

Ici, je compense ma non pensée comme analyste dans l’acte en me livrant à des

exercices de pensée . Je me contente de livrer à tout ce qu’on pourrait développer

contre la volonté de pensée par un tirer au clair..

Réponse qu’il m’avait donnée , aux trois questions kantiennes , que dois-je espérer , il

avait eu la malice, et lui de répondre,  la psychanalyse vous permettrait de tirer au clair

l’inconscient dont vous êtes sujet.

Quelque chose qui m’était adressé comme sujet, ma façon d’être clair, n’échappe pas à

mes auditeurs.

C’est un fait que certains essaient de s’y retrouver, pas soi-même mais d’organiser ce

qui se présente. C’est bien ce qui animait Lacan, faire des allées à la française du

fouillis qu’étaient les concepts freudiens.

L’expérience n’interdit  pas, écrits page 451, il s’ait de structure de ce qui ne

s’apprends pas de la pratique, discontinuité, un saut à faire pour penser l’expérience au

niveau de la structure, encore il faut savoir laquelle, la psychanalyse est une pratique

pas une théorie , une mise en actes, l’acte dépasse la pensée qu’on peut en avoir.

Ça se constate dans la moindre interprétation quand elle porte.

Peu ou prou, comme dépasse des effets, si ça se pense c’est après coup. Il en va de

même de penser l’expérience, les événements , arrachements, demande une ascèse,

à ce titre j’ai introduit: être et existence, à cette position du réel.

Deux coordonnées dans le dernier enseignement de Lacan le signifiant un, le un détaché du deux, non pas le S1,

Le signifiant un , et de la jouissance, Freud désignait par libido.

Nous le trouvons du côté de l’orient, Spinoza, livre 5 de l’éthique et les néo- platoniciens

.Un fil qui court à travers l’histoire et les évolutions de la pensée .

Ce qui vous intéresse le un et la jouissance est fondé dans l’expérience

analytique,fixierung, la fixation.

Pour lui, le refoulement a sa racine dans la fixation.

Il la décrit ainsi comme un arrêt de la pulsion.au lieu de connaitre un développement

normal, une pulsion reste en arrière .

Une fixation de la pulsion, a une multiplicité de points, au développement de la libido

précisément.

La notion d’un développement normal de la libido, qualifie de normal, la libido migre, se

déplace et par rapport à ses déplacements , il croit pouvoir indiquer ses références un

point de fixation.

C’est ce que Freud a repéré comme la conjonction du un et e la jouissance, le un ne se

laisse pas aller au déplacement , à la métamorphose .

Il y a un un qui revient à la même place et que nous qualifions de réel.

Si on consulte l’index des concepts de la standard édition , volume12, 1911-1913.

Freud n’a pas donne une extension conceptuelle pour nous ce dont il s’agit est au

premier plan, l’analyse se prolonge au-de là du point ou ça s’arrête pour Freud.

Pour Freud ça ne s’arrête pas, ça s’arrête, et ça doit reprendre. Il a dit fini et infinie,

quand c’est fini ça recommence.

Ça évoque comme l’analyse toujours recommencée, ça s’arrête au même point.

A notre époque , car l’analyse n’est plus finie et infinie,l’analysent se prolonge avec la

prise avec

Forcer la limite freudienne, aller au-delà de ce que Freud isolait comme les obstacles à

la fin une fois pour toutes, obstacle au rapport des sexes.

L’obstacle qu’il a animé dans la passe, et prolongé dans son écriture logiques du mâle

et de la femelle.

C’est ce qui se rencontre au-delà du point freudien, obtenir ce forçage, par la réduction

du fantasme, il a fait le champ de bataille ou pouvait se décider l’issue de l’analyse.

Quelle place au fantasme ? En assignant la place du réel , à la place du fantasme.

Freud pouvait faire des paradigmes, il n’en faisait pas le fantasme, pour obtenir un

analagon du réel, la parole a d l’effet .

Il a argumenéeen termes logiques, page 326 autres écrits, à la plçe du réel celle de

l’axiome, un axiome reste constant. Ce qui se retrouve à la meme place , le fantasme

fondamental ne s’interprète pas, on interprète en fonction, à qui on fait jouer le rôle de ..

Variabilité de la déduction..

En assimilant à un axiome dans un système logique, il a repère sous la constante

S barré, poinçon a.

L’analyse permet de faire une fracture de la formule, tomber l’objet a, destitution qui le

libère de la constante qui se rassemble sur l’objet a.

Il a déplace de registre petit a. Qui était dans le registre imaginaire, dans le registre du

réel.

Il y a du réel dans le fantasme…jusqu’alors on n’avait pas repére, une scène on s’en

contenait, s barre …., a venait l’imaginaire,

Le fantasme est réel car il revient toujours à la même place, par l’objet a arrête les

chaines signifiantes

Ce qui est réel c’est petit a .

Lacan pense obtenir la fixation de réel.

Concédons à Lacan qu’il y a l’événement de corps, de passe, en effet..que l’expérience

analytique permet d’obtenir la fracture que Lacan a décrit…

L’effet de la traversée du fantasme, c’est un effet sur le désir, déflation du désir, que la

poursuite d’une analyse permet d’obtenir, chaotique, multiplie, qui se cache, on obtient

un certain ratatinement. Réducteur de désir…

Le sujet qui s’instituait à partir du fantasme qui alimentait le désir, c’est le X du désir

que. le psychanalyste a pour but de reduire. Le Che vuoi, que veux-tu ?

Le nom du désir , c’est la volonté comme désir décidé, indestructible.

Il trouve une solution..de désir qui n’est pas une solution de jouissance, qui fait sens.

Fait du fantasme la fenêtre du sujet sur le réel . Ne pense pas à une chute ou à une

réduction du réel….la chute de l’objet petit a c’est une chute dans le hors sens….

Il n’y a plus l’objet a. , comme hors sens..discontinuité , difficulté de ramener le registre

du réel au sens.

L’expérience contemporaine qui se fait . Aujourd’hui, ne connait pas le …..chez Freud

Elle se prolonge, notre expérience met aux prises ce que de la jouissance , le met aux

prises Avec..

La répétition , occasion de fonder l’ordre symbolique, voie vers l’invention de la chaine

signifiante, dont soulignant le caractère mathématique et formel , sans autre contenu

qu’un sujet comme un zéro… Si on donne un rendez vous .. Le terme de chaine est

inapproprié , il s’agit d’une réitération, la pure répétition., du un de

jouissance ..addiction.

Les lois de la chaine signifiante, alpha, beta, gamma, d’une simple succession, on

obtenait des lois complètes, de hasard…au niveau de la réitération plus de lois, le réel

est sans lois.

A la différence de la chaine signifiante, pas sans cause…, dans l’achoppement de la loi

que la cause s’inscrit, ici le réel a une cause qui est la conjonction de l’un et de la

jouissance.

On voit s’effacer le mot de dialectique…développement de la pulsion, la dialectique est

au niveau l’être…des qu’on dit quelque chose est a, voila que le non être suit comme

son ombre, carnaval de lettres, qui donnait le tournis aux grecs eux mêmes. Chez les

grecs, on a vu se produire un au de la de l’être pour arrêter le tournis..

Leunologie, Plotin n’en dormait plus…

Au niveau de la dialectique le dernier mot que Lacan propose, c’est le rien.

Le non être , le manque a être , la direction de la cure…le clôt ainsi.

Cette image, du st Jean de Léonard de Vinci, l’horizon inhabité de l’être.

Faire ce geste, le doigt pointe , écrit inachevé de Freud, sur le mot spaltung, le manque

le dernier mot, la faille de l’être .

Au prix d’une lecture très limite, de cet écrit de Freud, le dernier mot a a se conclure sur

une assomption du manque que l’être a fui.

Au niveau de la passe on est décale , ce n’est pas seulement S barre, c’est plutôt le

petit a. Qui vaut comme marqueur de jouissance, l’interprétation vise la jouissance.

Non plus le rien, non plus le petit a, mais la réitération du un de jouissance de sinthome,

qui remplace le symptôme.

Au de la de la passe , au de la de la sémantique une Un de jouais ce, on ne peut

pas se contenter de dire au niveau de la parole, le corps, donc le pare être, un être

fragile, rien ne dit répondant de réel, le corps, n’ est pas un corps qui jouit, pas le porno,

le corps en tant qu’il se jouit, ce que Freud appelle l’auto érotisme , ne fait que répéter,

le sinthome est un événement de corps qui donne lieu a du sens, sémantique des

symptômes, a la racine des Freud ens qui font sens, a la racine de cette sémantique

pudevenant de corps

Localisation d réel , réel redit a l’axiome du fantasme, réel

Dénivellation qui se produit dans le cours d’une analyse et l’expérience dans un en

deca .. La ou Freud fixait

La passe ou se dénude cette racine du refoule, dans cet espace tut reste a construire .

Aux prises avec le sinthome, l’interprétation révèle une certaine vanité, Lacan trace des

voies, il ‘y a pas de rapport sexuel, ce dit est au niveau du réel.

L’inexistence du rapport sexuel n’es t pas un refoulement …

Le rapport de l’un et de la diade, ou se resserrait l’enseignement de Platon.

Lacan s’inscrit dans la suite de cet enseignement, il y a de l’un au niveau du réel.

Il n’a pas formule, l’un est , on sait ou ça mène…si n fait du verbe être une cle.

L’un comme absolu..lacan ne dit pas qu’il y a du sujet, le sujet de l’inconscient c’est une

hypothèse qu’on fait sur l’un comme réel lorqu’n invente de l’enchainer, dans l’analyse n

lui donne valeur de réel , rétif a l’analyse, lac n de l’inconscient aussi ne recule pas a

faire un manque a être ..ne leur donne pas de statut au niveau du réel, termes de

l’apapreil de discours

Il y a de l’un a partir de la pensée de l’expérience analytique, nous leur donnons valeur

de réel, autojouissance du corps, articule a il y a de l’un , il n’y a pas de rapport sexuel,

dons unes direction, le temps. Préliminairel’analyses i l’analyse lui fait du bien …en effet

âpres les entretiens préliminaire , lune de miel, et ensuite la période résolution du désir,

jusqu’à sa déflation, il y a un au de la de la passe…

Lacan a essaye de l’appareiller avec noeud borromeen, au niveau du réel et pas ics , au

statut de Freud, il faut la logique..l’ics est de peu de ressources, et l’interprétation de

même niveau..

Publié par : marlène Belilos | mars 23, 2011

Cours jam, 23.03, Mes notes

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au rythme des touches de l’IPAD, sans enregistrement, pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité .  Il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller


Depuis la dernière fois, eu quelques témoignages , un pas a été franchi dans la

compréhension de l’enseignement de Lacan, en tant qu’ils nous oriente, dans la

pratique, dans la dénivellation de l’être et de l’existence.

J’ai pris appui sur des références qui ressortissent de la tradition philosophique

Je me suis retenu d’en abuser, pour que vous perceviez,  pour vous donner un appareil qui vous permette de cadrer,ce que l’on appelle votre écoute, car la plupart d’entre vous sont dans la pratique quotidienne

Un appareil qui complémente l’appareil neo saussurien, signifiant, signifié

Lacan l’avait simplifie S sur s , écriture qu’il fait varier ensuite  et développe sur la métaphore

et la métonymie, dans « l’instance de la lettre ».

Très largement en usage, au-delà de la sphère dite lacanienne, dans toute la psychana

lyse aussi. Eux qui se décorent du titre de psychothérapeutes , n’en sont pas

indemnes.

L’être est au niveau du signifié

Existence au niveau du signifiant.

Ce qui se présente d’abord ce sont des significations qui vous imprègnent, c’est bop

dans la pratique de s’en détacher pour isoler les signifiants et interpréter à partir de

l’homophonie, pas du sens, mais du son,faire résonner un son.

Qui s’acquière et qui se contrôle, rappeler a celui qui écoute de ne pas se laisser flatter par

la rutilance des significations

Être et existence

L’être déborde de beaucoup l’existence , on n’a pas attendu la psychanalyse pour

s’apercevoir qu’on peut parler de ce qui n’existe pas, le faire entrer dans le langage, a

inexister.

Les espèces animales se plaignent , jusqu’à la fantaisie d’en faire des sujets de

droits.On peut faire être les droits de l’animal, quid des devoirs ?

On pourrait étendre ça aux êtres parlés.

« Je parle au nom des sardines »

D’ailleurs, les êtres qui ne s’instituent que de la littérature trouvent à plaider.

On ne peut pas faire n’importe quoi avec Madame Bovary, si héritiers il y a.

La parole n’est pas contrainte par des considérations d’existence .

La titre de Shakespeare » much do about jogging, bop de bruit pour rien.

L’être de langage Bentham, des fictions, discours juridique , créateur de droits et de

devoirs.

On peut assurer leur survie .

Le fantasme de maitriser leur jouissance inconnue, la domestication de l’être parlant.

Les fictions entités qui ne tiennent leur être que ‘d’être énoncées,définies dans le discours juridique, ou décrites quand il s’agit de littérature

On peut dire tout est littérature.

Quand Lacan disait que » la vérité a structure de fiction », que sans discours pas

de vérité. Les fictions naissent du langage quand un maitre énonce ce qui est

Ontologie, élaboration de l’être. Accentuation dans le langage de l’usage de la copule

Verbe être, un verbe a une propriété, le roi de France est, ontologie, pas de propriété

Voila la question de l’être qui surgit de la section du prédicat.

L’ontologie, opère la section du prédicat, c’est le choix fondateur de notre tradition de

pensée.combinaison improbable, contingente , entre l’ontologie grecque et ce qui est

venu comme discours du côté du judaïsme

Toute dimension se produit dans le courant du discours du maitre.

La création de fiction, d’être impératif.

Effets poétiques et signifiant comme impératif.

J’ai évoque Brentano et son ouvrage  les signficatins de l’être, Lacan ajoute l’être est une signification,

ce qu se dérobe le plus

Ce que Freud appelle le refoulé

Qui sert d’appareil à écouter, le refoulé est de cet ordre

Non réalisé, peut venir à l’être, ou ne pas y venir, peut venir à l’être dans l’existence.

Au niveau équivoque de l’être , être et manque, manque à être, sujet comme manque à

être, distinguer des degrés de l’être.

Degrés repérables quand il s’agit de la vérité, elle est instable.

Disparait la fois suivante, le destin de la vérité suit celui de l’être.

Ça vous permet d’opérer un court circuit, qu’on ait invente un être éternel, il insiste sur la

nécessite que l’analyste soit en garde contre l’éternité.

L’être m’arracher au temps pour le projeter dans l’éternité c’est une erreur.

Aristote faisait un usage modéré, parole biblique  » je suis ce que je suis »

Évidemment c’est un être qui se supporte d’une section du prédicat , qui se double.

A donne l’incroyable exaltation de l’être dans la théologie chrétienne.

Sublimation le signifié garde toujours le même sens , stabilité de routine des

significations.

Les anciens ne faisaient pas le même usage.

L’expérience analytique peut porter à cette prudence .

L’idée d’être éternel, s’articuler dans toute une cosmologie imaginaire, elle supporte la

notion de monde qui durerait.

Il y aurait quelqu’un qui pourrait en prendre connaissant, cette cosmologie

Ce que Heidegger isole comme être dans le monde, la psychanalyse récuse la notion

d’un être éternel au profit d’un être discursif lie au temps.

Il s’agit s’abandonner la notion de la persistance d’un monde et comme être parlant

dans le monde. Ça demande de penser à rebours de la routine de son petit monde.

L’existence ne nous sortira pas du langage , mais pour y accéder, il faut le prendre à

un autre niveau, il faut le prendre au niveau de l’écriture, l’écrit dans le langage peut

s’autonomiser, l’écrit fonctionne comme autonome Dans la mathématique, ça n’empêche

pas qu’il faille parler autour. Néanmoins l’écrit apparait comme un isolat, dans le la vie

Je m’oblige a de la simplicité pour que ça fasse trace.

Vie entendu la parole peut être écrite. L’écrit qui note la parole.

La sténographie, il faut la déchiffrer, des modes de capture de la parole, par des

instruments qui sont à son service.

Ce que j’évoque c’est l’écriture d’existence, n’est pas écriture de la parole ,on peut la

dire écriture pure, maniement de la lettre de la trace, les chiffres sont lettres aussi.

Le signifiant opère coupe la signification.

Ne peut saisir une écriture sans monde, celle du discours scientifique, dans sa partie

mathématique, et la science ruine le monde.

Le monde dans lequel barbote le dasein, le monde qu’on croit connaitre, le monde avec

lequel on connait, co-né, il ‘y a pas de monde. Encore, page 37, a partir du moment ou

on ajoute le quark, autre chose que d’un monde.

Plus de rapport avec une totalité harmonieuse. Pas microcosme reflèté par un

macrocosme.

Ici l’existence se réduit a il existe x, telle que fonction de x.

Vie entendu j’en parle pour l’introduire. Ce qu’on écoute ce sont des significations,

toujours une jouissance impliquée.

Faire effort pour en séparer le signifiant.

On part de petit s , signifie pour isoler signifiant, la lecture part du signifiant et ça peut

donner des significations

Pour passer de l’une à l’autre il faut en passer par l’écrit

L’interprétation c’est une lecture, le sujet de l’inconscient vous le supposez savoir lire.

Chez Lacan , il y ale signifiant qui note la parole est second, et le signifiant qui se lit et

est premier par rapport au signifié, Lacan l’appelle à l’occasion la lettre.

Ce signifiant premier qu’il est comme une substance, qui » tient toute entière « , on peut

dire que les mathématiques union du signifiant et du signifié. Langage qui nous impose

l’être, êtres fragiles, dont la dénotation la référence la bedeutung leur échappe.c’est

parce que l’être port comme fuyant quand on par de la, en déca du langage.

Nous sommes sépares par le mur du langage de ce qui serait l’être.

C’est ce a quoi tel que je l’entends que je le lis, nous invite a renoncer.

La psychanalyse poser un être a cote, ce que nous donne le langage.

Le pare être , être a cote, et derrière le mur du langage, existence.

Pas de mur du langage, l’écriture atteint …

Conjonction de la parole, être parlant et entre existence et écriture.

Convient il n’y pas de rapport sexuel, ne peut être écrit, l’écriture est la mesure de

l’existence .il y a des pare être qui ne tiens n’y leur être que du langage, a ses fictions,

ou des impératifs …ou par routine de significations, la fiction qui supplée a ce qui

n’existe pas, l’amour constante anthropologique, l’amour ça fait être un un imaginaire,

ça isole un seul être quand il vous manque tout et dépeuple , Mauriac le désert de

l’amour, l’amour a çette propriété s’isoler un Un, ersatz, d’un un

Le transfert est amour de pare être.

L’être éternel , imagine qu’il exige votre amour.

Lui du grand autre, lieu du pare être .

Freud pensait que la religion était illusion.

Ce qui justifie qu’on attribue a l’amour, el un d’existence . Effet d’écrit et pas de

signification. C’est dans l’écrit, point d’orientation de notre pratique, ce qui compte écrit

primaire.

Théorie des classes et des ensembles , Lacan a insiste,dans la théorie des classes il n’y a

que des êtres, rassembles en fonction de leurs prédicats. Dans la théorie des

ensembles, pas d’êtres,, ce qu’on. met ensemble ce qui se compte comme un.

Des choses qui n’ont entre elles aucun rapport.tout ce que les éléments ont de commun

c’est d’être des uns, en plus on compte l’ensemble vide.

Il apparait quand on compte les sous ensembles, un un en plus.

Comment il est venu dans notre monde par le signifiant et il le décompose.dire il y a de

l’un, on ne peut pas le déduire. Oblige a en faire une substance.

Il y a de l’un qu’on est conduit a isoler la jouissance comme une durée substance.

Strictement corrélative de la substance jouissante assignée au corps, ne se définit pas

par l’image, pas par le un, ce qui se jouit. Un corps au niveau de l’existence ,dégage

comme un dualisme , la signifiante et la jouissante comme inconscient et ça Chez

Freud. La jouissance du bla bla bla. Le un s’imprime sur le corps, c’est comme ça que la

la fg peut être dit appareil de la jouissance, Freud l’avait découvert avec la castration.

Perte de jouissance avec le langage, comme culpabilité, trop de sens.

Lacan dit simplement dérèglement , le un introduit un Trouble de jouissance.

Le langage introduit la répétition du un, sujet est dans la répétition. Les expérience ne

s’additionnent pas. Elle est tout a fait a l’extérieur, elle se fait hors sens.

Lacan a pu généraliser cette jouissance muette, de la sexualité féminine opaque au

sens, revenir a l’écriture du sinthome. Le symptôme freudien fait sens.

Le sinthome se répète, le symptôme freudien contient une vérité qu’on peut révéler.

Sinthome un constat, peut quitter l’habillage que lui donne le pare être .le petit a c’est

un pare être. Jouissance de l’addiction, n’a de rapport qu’avec le signifiant un, pas avec

le S2 qui représente le savoir.elle est hors savoir , par le biais duS[, ce qu fit fonction du

un c’est le corps lui même , lui a permis de lever le voile elle se manifeste chez les

hommes mystiques, ou c’est aussi le cas de Joyce chez ceux qui installent autre chose

que le corps de la femme, Dieu ou la langue et qu entreprenne d’en jouir.

Ça nous amène au réel, à l’eciture, Freud cherchait cela,

Le réel c’est la conjonction du signifiant et de la jouissance.

Le réel qui est sans loi, c’est celui le mode d’entrée c’est l’effraction , pas l’intention , la

déduction…rupture qui se traduit par un dérèglement , Freud l’a capturé dans l’Oedipe,

l’ordre symbolique n’est plus ce qu’il était .

Publié par : marlène Belilos | février 25, 2011

Les séminaires de Lacan prêts à être publiés. Mais quand ?


On le sait qu’à la mort du  psychanalyste français Jacques Lacan, une bagarre s’engagea quant à la publication de son œuvre. En principe il ne devait pas y avoir d’ambiguïté. Lacan avait pris les dispositions testamentaires nécessaires. Mais ce choix clair plutôt que de calmer attisa les passions et régulièrement devant les tribunaux,  tel ou tel, se mêlait de contester cette qualité.Charles Melman, dernier en date, avait pris argument sur la lenteur de la publication et pensait remettre en cause la qualité d’exécuteur testamentaire de Jacques-Alain Miller.

Devant le tribunal, il se heurta à une fin de non-recevoir.

Un enseignement de trente ans

Il est vrai que cela fera trente ans que Jacques Lacan est mort et que c’est  seulement au  début de cette année que Jacques-Alain Miller a annoncé avoir terminé ce travail.

Un travail long auquel Lacan l’a enjoint  et auquel il s’est astreint.  Il était, disait Lacan ;  celui qui était capable de rendre clair ce qu’il disait. La difficulté c’est que le séminaire de Lacan c’est un enseignement oral, qui dura de 1951 à 1980.. « Work in progress » plutôt qu’œuvre, ce mot n’ayant jamais été employé par Lacan, précise Miller.Il aura fallu ce temps car  la transcription littérale, avec ce passage de l’oral à l’écrit rendait les textes peu compréhensibles. Miller a « établi » le séminaire reprenant ce terme de ses études de normalien..Etablir, c’est effectivement rendre ce texte compréhensible. Ce  qui nétait pas le cas des transcriptions pirates qui  circulaient sous le manteau.

8 séminaires à publier, la balle est dans le camp de l’éditeur

 

Arrivé au terme de ce travail , Jacques-Alain Miller , annonce huit volumes à publier, plus un intitulé « Aux extrêmes du séminaire » avec des notes retrouvées sur « L’homme aux loups », un séminaire donné dans son appartement, groupé avec celui sur la dissolution de son école.

Deux séminaires sur la topologie   . » La topologie et le temps » et « l’objet et sa représentation », seront publiés en annexe du séminaire sur le « Moment de conclure », les séminaires 21 et 22  « Les non-dupes errent et RSI »  en un volume, les 24 et 25 aussi un volume » L’insu que sait de l’une-bévue s’aile l’amour «

Les éditions du Seuil souhaiteraient en publier un par an, Miller demande à ce qu’il en soit publié au moins deux par an.

En effet pour les nombreux psychanalystes en France et dans le monde, la patience ou l’impatience, manifestée jusqu’à maintenant risque de ne plus avoir cours. On savait que les textes n’étaient pas prêts , aujourd’hui rien ne s’oppose plus à leur publication, on ne comprendrait pas des raisons purement commerciales, d’autant qu’elles ne sont même pas prouvées.

L’enseignement de Lacan a donné lieu à la création de l’Ecole mondiale de psychanalyse-AMP- qui regroupe 1500 membres, mais les adeptes de sa pensée déborde largement les écoles., et les pays.

 

Publié par : marlène Belilos | février 9, 2011

Les égyptologues avec les égyptiens

L’irruption d’actes de vandalisme au Musée du Caire a rappelé à l’opinion internationale

l’héritage culturel égyptien et sa nécessaire sauvegarde. 70 pièces auraient été volées

et/ou endommagées , selon les chiffres officiels.Mais qu’en est-il des sites

archéologiques distants de la capitale égyptienne?

Notre rôle est d’alerter l’opinion

Les égyptologues, dont plusieurs missions sont présentes en Egypte, sur le terrain, ont

immédiatement pris position à travers leur association internationale, AIE, enjoignant les

musées européens à une vigilance redoublée sur les objets volés qui pourraient leur

être proposés.

Le ministère français des affaires étrangères, demande le silence à ses chercheurs.

Le professeur d’égyptologie , Susanne Bickel, de l’Université de Bâle, en Suisse, à

laquelle je demandais son avis , me disait que cette mise en garde, devait s’adresser

aux chercheurs de l’institut français de politologie du Caire, mais sûrement pas aux

égyptologues, pour eux, il ne saurait être question de se taire.

Vols ou dégâts sur les sites archéologiques?

Il semble que la vérité soit à trouver entre l’optimisme officiel de la direction des

antiquités, par exemple Zahi Hawass, qui sur son site se veut rassurant , et les

rumeurs empreintes de catastrophisme qui se répandent dans le milieu des

égyptologues.

L’association internationale des égyptologues AIE, maintenant que les liaisons

fonctionnent a nouveau, renvoie a Facebook « Egyptologists for Egypt »

Non, le tombeau de Maya, l’une des merveilles de la nécropole de Saqqara n’a pas été

vandalisé.

Oui, à Abusir et à Saqqara des dégâts ont eu lieu, oeuvre, plus de jeunes voleurs à la

recherche d’or, que de marchands avisés.

Ce qui est à craindre ce sont les dégâts qu’ils laissent sur leur passage, ouvrant les

magasins, entendez les lieux ou sont entreposés les objets découverts, et détruisant les

objets qu’ils estiment sans valeur! Les fresques qu’ils essaient d’arracher, et les trous

qu’ils se mettent à creuser, endommageant à coups de pioches, le sous-sol.

 » Organisés, comme nous le sommes, nous arrivons très vite à localiser les objets

volés, quant ils sont proposés à la vente, ce qui est terrible ce sont les dégâts sur les

sites, car totalement irréversibles » ajoute le professeur, Susanne Bickel.

Dans cette région ,les gardiens ont disparu et il est difficile aux chercheurs,

accompagnés, des inspecteurs des Antiquités égyptiennes, de protéger les lieux .

Dans le climat actuel de nombreux chercheurs souvent très isolés ont choisi de rentrer.

« Aucune nouvelle ne filtre de la moyenne Égypte, de la région d’Assiout, et là nous

sommes très inquiets ».

Genève , Bâle rapatrient leurs chercheurs et du côte français il semble que ce soit

pareil.

Dans deux ans le Congrès international des égyptologues doit se tenir au Caire, mais

bien avant , tous auront rejoint leur lieu de travail.

Publié par : marlène Belilos | février 2, 2011

JAM ,cours du 2 février, 2011

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au rythme des touches de l’IPAD, sans enregistrement, pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité .  Il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller

Il fut un temps où Lacan parlait de la cure analytique, alors

pour une thérapeutique, il lui fallait faire passer une action ayant pour but une guérison,

il lui substitua celui d’expérience analytique , expérience au sens où dan une analyse il se passe des choses, on y vit, le mot expérience a l’avantage de ne pas spécifier qu’il en résulte quelque chose comme une guérison, prudent et réaliste.

Conceptualiser l’expérience comme cure, oblige à en distinguer la psychanalyse dite

didactique, celle dont le but est de formation.

Autrement dit jusqu’à Lacan la psychanalyse se trouvait dédoublée. Il y avait la psychanalyse comme cure, avec finalité de guérison et l’expérience comme pédagogique avec finalité de formation.

L’incidence de Lacan s’est marquée parce qu’elle a fait une union de ces deux versants.

« Expérience « exprime ça, qualifie un processus unique, dont on pourrait dire a contrario,

de guérison et de formation, sauf que ces termes apparaissent inadéquats à désigner

ce dont il s’agit, la manière dont Lacan mettait en oeuvre la psychanalyse, à la pratiquer,

on ne trouvait pas guérison et pédagogie, tout ce qu’on peut conseiller, des effets de

guérison , qui se déprennent de la psychanalyse et des effets de formation. Effets qu’on

ne cristallise pas dans la formation ou dans la guérison.

En revanche la pratique de la psychanalyse comporte des conséquences qui dérivent sur le sujet qui s’analyse, sur le psychanalyste.

Ces effets, Lacan disait qu’ils se cristallisaient en ce qu’il appelait la passe.

En quoi il désignait le franchissent d’une impasse constitutive , proprement

originelle , se traduisant par un effet majeur.

Il le qualifiait par le mot de « traversée » du fantasme.

Pas avant 13 ans, de son enseignement,  en 1967 dans la »Proposition du 9 octobre 1967 psychanalyste de l’école » .

C’est la que culmine l’effort de son enseignement ,entre »Logique du fantasme » et » l’acte psychanalytique ».

Qu’en est il ? Essentiellement ce qui pour le sujet fait écran au réel. La traversée de cet

écran est supposée d’accéder au réel , d’avoir une entente, dont il était retranché

incapable.

C’est aussi le fantasme ce qui fait écran, non seulement au réel mais à son être de

sujet, et dans la mesure ce qui précipiterait le sujet en analyse, ce serait la question

du qui suis-je? il ne disposerait pas de cette clé, quelque chose serait venu opacifier,

son « je suis ».

Comme psychanalysant, il serait ce qu’en algèbre, on appelle un x, une inconnue.

L’effet majeur de l’expérience, ni guérison, ni formation, mais révélation ontologique

quant au sujet.

Seulement, le fantasme n’est pas qu’écran du réel. Il est en même temps fenêtre sur le

réel. Il y a là valeur du fantasme qui mérite d’être situé entre écran et fenêtre.

Je cite Lacan, dans la Proposition, »  le fantasme, là ou se constitue pour chacun sa fenêtre sur le réel. »

Il est une fonction du réel, singularisé du réel, il est le réel pour chacun, franchie cette

fenêtre singularisante, il est accès au réel pour tous.

Le sujet allait se dépouiller de sa singularité pour rejoindre un pour tous.

En 1967, il n’évoque pas cet horizon pour tous. Cette position dus sujet s’assure du

fantasme, d’un point de vue singulier sur le réel , que l’analyse peut lui permettre de

dépasser, de transcender.

Cette traversée que Lacan a conquis, n’est pas dans Freud, faite pour surmonter

l’impasse, sexuelle, de la femme et de l’homme ,obligeant à une reprise indéfinie de l’analyse.

Cette traversée a  des effets de savoir, au delà  de la didactique et de la guérison, il y des effets epistémiques acquis à la fin de l’analyse.

Je  constate de le souligner, je ne donne pas la clé .

Le 1er effet , C’est un effet de désarroi, qui tient à l’assurance que le sujet prend du fantasme, ce que le réel veut dire pour lui, cette assurance est chavirée. Elle coule., un sujet peut voir que les catégories significatives qui  ont organisé son monde, n’était que son monde. A la place d’analyste, il voit arriver des sujets qui ont des catégories qui n’ont rien à voir avec l’autre. Chacun est corrélatif d’un monde qui est disjoint de celui du voisin. Le monde du bon samaritain, du fripon,le monde ou l’on fait du bien et l’autre.

Il y a une relativité lorsqu’elle s’aperçoit ce n’est que ma façon de comprendre,d’abord désarroi ,désarrimage, avant d’ouvrir une expansion de l’être.

2 effet épistémique, Il y a un effet de déflation du désir.

L’être qui suscite le désir, ne tient que de la libido que j’y ai investi, le desêtre, qu’on croyait être, destitué de cette qualité,  et qui est des-être , ontologie du désir. Tant que l’objet du désir est investi,  il a la valeur de l’agalma. Le désinvestissement mène au désêtre.

L’éclat du désir n’était que ce qui enrobait ma jouissance

Troisième effet épistemique, le lien à l’analyste se dénoue, le savoir à lui supposé dépendait de mon désir.

Mon lien au sujet supposé savoir se déprend.

L’être du désir devient du savoir, dans cette conversion, c’est le fantasme qui se

dénoue, le désir se soutient de ne pas savoir ce qui le cause.

C’est là que Lacan a situé le « moment de conclure ». Il y a un au-delà de la conversion du

désir, qui n’est pas modifié par cette métamorphose , que Lacan a épinglé par le

sinthome.

L’être du désir se laisse convertir en être du savoir.

L’être de la jouissance reste rebelle au savoir.

Il nous a laissé sur la question de la jouissance et du sens,

Ça ne se prête pas à une traversée .J’ai évoqué le terme de réel,je suis contraint de

signaler, nous devons inscrire un chapitre qui s’intitulerait les amphibologies du réel, ne

veut pas dire toujours la même chose. Il y a là l’équivoque qu’il faut cerner, Lacan a

beau dire que ça revient a la même place, il ne veut pas toujours dire la même chose.

C’est dire que le réel n’est pas dialectique. Le réel comporte un élément à caractère

rebelle. Quand il introduit cette catégorie, il en fait un élément exclu. Dans l’analyse il

n’y a pas de réel.

Quand il s’efforcent de donner des directives concernant la cure, non sans un certain

cynisme. Il indique qu’elle est le premier temps ( page 586 des écrits) , consiste par le

sujet à faire appliquer la règle analytique, « einfall », ce qui tombe dans la tête.

Ce temps initial a le réduire a sa … consiste a faire oublier au patient qu’il ne s’agit

que de paroles, comme une imposture première, il n’est pas question de réel, on ne vous

demande pas de dire la vérité. L’adéquation de la chose et de la pensée, c’est une

injonction juridique, on garde à la vérité son caractère inconnue, dire n’importe quoi, ce

qui vous vient, ni le vrai, ni le réel.

Quand il amène sa tripartition de l’imaginaire symbolique et réel, exclut le réel.

8 juillet 1953 « les noms du père », il récuse la vérité, ce que Levi-Srauss, « des éléments de

structure, empruntés à l’imaginaire, de l’efficacité symbolique, » l’inconscient toujours vide, le vocabulaire importe moins que la structure. Le réel réalité est exclu, apparaît le réel efficace, wirtklich, en tant qu’il a des effets, « propos sur la causalité psychique  »

Faire de l’imago, le sujet de la psychologie.

Ce qu’il isole comme cause c’est le signifiant, comme ce qui assigne une explication

pour le sujet, ce sont les permutations signifiantes qui engendrent les effets psychiques.

Chacun devient différent, selon où se trouve le signifiant, de la Lettre volée.

On peut dire là le réel est essentiellement liée a ce que Lacan appelle l’ordre

symbolique, il ne s’agit pas de symboles disjoints. Une loi de permutation, les lie.

Le réel est identifié à l’ordre, au point que je parlerai du réel -ordre.

Il me suffit de me référer le séminaire XI, pour opposer un autre sens du réel.

Dans ce séminaire le réel revient toujours à la même place, mais en tant que la pensée

ne le rencontre pas, qui est exilé, ne se rencontre pas dans l’ordre.

Deux termes, « automatom » et « tuche », la où s’incarne l’ordre symbolique, tandis que la tuche c’est une trouée n’obéit pas à une loi, la rencontre a lieu au hasard, le réel est sans

loi dans le dernier enseignement.

Nous a laissé le réel trauma, inassimilable.

Il ne faut pas se tromper, la où est la répétition , au début du côté de l’ordre

symbolique, automaton, par la suite , la répétition est du côteé du réel trauma, comme

inassimilable, en fait le réel de la répétition.

Deux interprétations, sinon on ne s’y retrouve pas.

Elle vient déranger, trouer la tranquillité de l’ordre symbolique , qui a pour fin le bonheur,le confort , la repétition comme un facteur d’intranquilité

Barthes a bien entendu Lacan dans la Chambre Claire sur la photographie, il distingue

deux dimensions le studium, et le punctum, « dans une photo ce qui intéresse d’un

investissement général, harmonie de l’image, et puis il y a un punctum, quelque chose qui vient casser et scander le studium , c’est un hasard qui me poing , au sens qui me

poigne, qui fait tache. »

Un article, de Barthes « l’effet de réel « 

Exemple dans un Coeur simple. De Flaubert.

Un piano, des boites et des cartons, un baromètre , sur un certain détail qui apparaît en

plus, le punctum de la description, un élément qui ne s’explique pas dans la structure du

récit, scandaleux , comme un luth de la narration, notation insignifiante , au fond

énigmatique. Comme toute description est énigmatique par rapport à l’action.

Beaucoup de scansions historiques dans l’usage de la description, mais là ce détail qui

vient comme en plus, on ne voit pas à quoi il sert, pour représenter le réel comme ce

qui résiste a la structure,  tuer.insignifiant et récupèré pour signifier le réel

Apres Barthes voulait tout signifier. Le réel se présente hors structure, le bout de réel

dira Lacan. Qu’en est il de la topologie et de son rapport au réel., se présente sous les

effets .

Page 769, des Ecrits , un peu de topologie vient maintenant il présente les 4 objets qui

défilent sans aucune image, comme la référence , ce dont il s’agit , référence a valeur

de réel. Il ne le dit pas métaphoriquement. La concession d’une imagerie, alors que tout

aurait pu être presenté comme une pure algèbre littérale, elle nécessiterait une … De

Kant. C’est la référence a la structure dans le langage. Le réel en tant qu’il se manifeste

par un certain nombre de relations, dans le langage.

Le mathématique et le réel , Lacan s’inscrit dans cette voie qui voit une relation, Lacan

a 13 ans faisait le tableau de Spinoza, la référence a la géométrie euclidienne c’est la

voie royale de la raison.

Quand Lacan parle du langage c’est aussi bien la raison.quand il présente » instance,

de la la lettre  » le lacanisme c’est un rationalisme.

S’il y a une ligne qu’il a suivi a cet effort proprement rationaliste, sa référence à

l’élément mathématique, dans l’optique le miroir pour l’identification, ensuite le graphe,

représentation géométrique de relations algébriques , ensuite topologie de surfaces, et

ensuite topologie des noeuds. Postulation vers les mathématique , qui ressortit à

l’inspiration mathématique , entre Critique de la raison pure de Kant, et ensuite chez Lacan, la convergence sur le fantasme.

Je me contente du baba de la doctrine kantienne ,la sensibilité et l’entendement.

La sensibilité ce qui relève du sentir , depuis Aristote, et l’entendement, la faculté le

pouvoir des concepts on peut généraliser ce qu’on reçoit du canal de l’intuition .

Vient de l’extérieur alors que le concept appartient a la spontanéité du sujet, comment

se conjuguent les deux…Lacan dit Kant dit « la sensibilité passe par le goulot

d’étranglement.  »

Il faut à Kant un médiateur entre ces deux éléments, il le trouve dans ce qu’il appelle le

« schème » , le schématisme, propriété de l’âme ,

C’est la-dessus que se distinguent les commentateurs .

Affectée à l’imagination , fonction intermédiaire entre le sentir et le penser.

Quand il s’agit que des concepts trouvent leur intuition, dans les maths, intuitionné, les

images du concept  doivent comporter quelque chose de la structure, la règle de leur

permutation, Heidegger, Kant et le problème de la métaphysique …c’est comme ça que

j’ai compris Kant.. ..

Ce qui fait la difficulté c’est la jouissance, lie à un premier événement de valeur

traumatique, du jeu des signifiants, qu’est ce qui fonctionne comme schème , un pied

de chaque côté, le fantasme, l’un qui relève du signifiant et l’autre de

l’imaginaire,,schématisme, la fantasia,

Ce qui intermédiateur, un niveau à partir d’un autre, aussi l’angoisse qui est l’index, du suprasensible vers une autre dimension du réel.

La Critique de la raison pratique précède chez Lacan la topologie .

Prochain cours, on reprendra plus en détails sur Kant.

Publié par : marlène Belilos | janvier 26, 2011

JACQUES ALAIN-MILLER, mes notes de cours,26 janvier

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au fil de la plume, sans enregistrement,pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité , il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller


Je me suis servi de mes mains, la dernière fois,  pour dessiner les deux cercles du rapport de cet objet

topologique, le torre, un nouvel imaginaire, inventé par Lacan dans la mesure où il a

pêché dans les mathématiques pour nous exercer à de nouvelles formes. Lacan

semble-t-il y a été conduit par un ouvrage de David Gilbert co-auteur bien connu,

mathématicien central fin du XIX siècle

La géométrie et l’imagination il a fourni les psychanalystes, de nouvelles ressources, de

nouvelles relations, nouveaux rapports.Une vertu que j’admire, à les dessiner, à noter

qu’on ne les trouve représentés dans aucun écrit, elles sont là, à titre de support constant

Il a extrait de cette topologie dans l’Etourdit, titre de Molière, modifie par un t final. Qui

fait appel aux tours , ceux que je plaçais sur le cercle cylindrique du tore,

Seul témoin, mon témoignage n’est pas sujet à caution, je témoigne, Lacan  pour contribuer à un recueil présentation de sainte Anne,  « ce qui reste oublié derrière ce qui s’entend, »une fois rédigées les premières pages , s’est trouvé en carafe, me demande « par quoi vais-je continuer? »

« Au fond vous n’avez jamais rien écrit sur la topologie », bonne idée dit Lacan, a été une suggestion de ma part.

La spirale des tours enchainés dessinent le cercle central du torre, communique avec

Comme un ballon, un trou au milieu, il s’en sert pour représenter les tours de la

demande, finissent par se rejoindre, et enserrent le trou central pour le trou du désir

Annnée après année, jusqu’à la mort pour Lacan, je m’en sers pour dire le réel.

Je mets à la place de son objet ce dont il s’agit pour lui, objet ne convient pas de façon

simple, » ob « qu’on a du mal à gober, en latin » en face de »

Obstacle, objection, vous butez quand vous avancez, obligation, oblation, obscénité , « à

l’encontre de »

Ca fait difficulté avec le mot objet, ne s’agit pas  rien qui soit en face qu’objet,

quelque chose de l’ordre de la substance, sous les manifestations, sous ce qu’on en

perçoit, sous les phénomènes

Il a conservé objet, « objet a « . N’est pas l’objet au sens de ce qui est en face.

Il a maintenu pour petit a objet, il a exploité , autre valeur du ob latin, à cause de Ciceron.

Lacan a pu placer son objet a , dans ses schémas, en arrière du sujet du désir et non

pas en avant, pas comme l’objet fait pour vous attirer, objet ,votre désir, pas par hasard notion de cause en parlant du réel, il y a une appartenance entre le réel et la cause.on pourrait en faire le trait distinctif de l’adéquation du mot, le réel est cause, ce à quoi on attribue la qualité d’être réel a des causes

Réel pour toute action thérapeutique , de l’ordre de la cause, de l’ordre des

transformations, intervenir là ou ça se joue, où ça se décide

Pour toutes les thérapies de la parole, la question du réel ait un sens pour les

« parlothérapies. »

En quoi la parlotte a des effets, l’axiome qui veut homogénéité cause et effet.

Si nous nous rangions dans cet axiome , le réel du même ordre que ce qui a des effets

sur lui, il faut que le réel subsiste de parole

J’ai introduit ça par le jeune Schelling, Hegel fit son éducation devant le public, qui a

fait résonné cette question, alors propagandiste de Fichte, « Critique de la raison pratique »

Qu’est ce qu’il y a la fin de réel dans nos représentations « das real », j’ai été un ancien

idéaliste passionné. La question posée dans le cadre de l’idéalisme transcendantal

Fichte- Schelling .Qu’est ce qui est le réel ?

Qu’est ce qui est instance à partir de Descartes -marqué par insistance,

Le plus net Heidegger , l’époque de complexion du monde

A partir de Descartes. Le monde image conçue par le sujet, mot allemand de « bild »

Image originaire ou « urbild », tout ce qui est.

Étant à partir de Descartes , solidaire d’un ensemble, devient par la représentation

L’idée de se représenter, absente de la philosophie scolastique et médiévale , si le

monde se soutenait c’était par le créateur, pas pour et par le sujet, sous le signifiant Dieu

la cause suprême

Sans doute la description plutôt que la causalité, pour Platon, modèle optique,

le réel c’est l’Un, l’idée du bien, apparences, les ombres portées.

Vorstellung, représentation inconsciente chez Freud, inconscient

tisse de représentation inconscientes

Le monde devient ce qui est par le cogito, se présenter devant lui, selon son degré de

réalité , pour que le cogito émerge, il faut d’abord avoir révoque , suspendu, ce qui est

représentation, point de réel.

C’est la terreur , le sujet qui émerge, homme seule instance qui subsiste a cette

représentation de réel

Le sujet devient centre de référence de l’étant en tant que tel, Heidegger, société,

histoire. Est ce que tout cela n’est que rêve ou cauchemar?

Le monde est récusé comme représentation, il ne reste que le cogito., on obtient une

certitude, pas représentable, pas assuré de sa permanence, combien de temps, on ne

peut pas lui reconnaitre la qualité d’une substance, Lacan a tenté de rapprocher de

l’inconscient

N’assure pas qu’on puisse passer du cogito au réel’

Il faut aller chercher Dieu avec la propriété exceptionnelle d’opérer la jonction ,

Descartes expose dans la 3ème méditation, statut singulier de l’idée de Dieu, avec un

corrélât dans le réel.

Dieu remet l’argument de saint Anselme, il n’y a pas de corrélât réel, il ne peut pas être

trompeur, de bonne foi, mieux que réel, on voit revenir par le canal d’un grand Autre qui

se pose la comme le passeur de la représentation au reel, il est supposé dire la vérité, il

est la vérité, dit ce qui est vrai et faux, il la produit .

Avec Descartes conversion du monde en représentation, tout rentre dans l’ordre, dans

la preuve de l’existence de dieu.

L’énonciation au lieu de l’autre., le sujet tout seul qui essaie de cheminer, l’ensemble de

l’étant, réduit a une pointe apres tout se recompose. Ça donne chez Malebranche la

vision de Dieu, chez Spinoza, » deus natural », lieu de l’autre à l’ensemble de l’étant.

Entre dieu et réel, rompu à partir de Kant, on sort du moyen âge,( en est-on sorti? ,) la manière de maintenir, cette limite que Kant a pense la chose en soi, pas pour le sujet, comme tel inconnaissable.

Il mobilise les ressources de la logique, Descartes paralogisme.

Là devient instante la phrase de Schelling, qu’est qui est réel si Dieu n’est plus là pour

assurer la représentation.

Au fond pour nous il y a deux voies Hegel ou Schopenhauer. Hegel vouait à

Schopenhauer une détestation

Avec la dialectique de Hegel ,  Lacan a assis la psychanalyse.

Le monde comme volonté et représentation , il fait la scission pour que ça tienne, le

sujet c’est autre chose, le sujet c’est la volonté, héritier de critique de la raison pratique,

« Le monde et la représentation » , Heidegger, le monde qui a commencé avec

Descartes, toute expérience possible et imaginable, tout ce qui existe , existe pour le

sujet.

Chez Schopenhauer, admirable rhéteur, l’armature a la simplicité que j’ai dit’

« Le monde comme volonté « , exaltation du sujet, la volonté du sujet qui n’est pas

représentable, s’exprime spécialement dans la vie, ce que la volonté veut c’est la vie.

Le vouloir vivre , comme volonté du sujet, conduit à faire une place spéciale à la

procréation, la jouissance charnelle, dépasse la vie de l’individu.

Lacan a été du côté ou équation entre rationnel et réel .

Hegel tout ce qui est réel et rationnel , et tout ce qui est rationnel est réel. C’est arme de

ça qu’il est rentré dans la psychanalyse . Entendons nous sur ce réel, « wirklich », et non

« real » , ce qui est effectif ou actuel., sur ce qui est actif , wirkung, réel en tant que ce qui

est cause qui a des effets. Pas « chose en soi » kantienne, constitution des catégories

chez. Kant, la chose en soi fait dodo, ici le réel dont il s’agit c’est un réel qui a des

effets. Rationnel de bout en bout , si je voulais simplifier , Schopenhauer et Hegel , l’un rit et l’autre pleure. Anti Hegel, seront Blanchot, Deleuze,Bataille

Réel comme wirklich, dans le texte de Freud.

On détermine une ontologie basse, transitoire,

Ce qui est au sens fort, comme nécessaire, jusqu’à une forme supérieure d’être , Hegel

différence entre ce qui est apparent et les formes pleines de l’être.

Je dis tout ca pour en venir à souligner au contraire de ce qu’on rabat de façon

approximative sur le structuralisme, ce qui est en jeu, dans celui de Lacan, qui se

déprend de Jakobson et de Levy-Strauss , ce que Lacan a trouvé dans la structure qui

lui a paru opératoire dans la psychanalyse, ce qui est réel et ce qui est cause dans le

champ freudien, c’est la structure du langage.

Action de la structure, Jam, « la structure c’est le réel chez Lacan ».

Imaginaire, symbolique, réel, Lacan a trouve ça chez Levy -Strauss, il en a fait la scission

de 1953 on trouve ça dans Les noms du père,

Quoique Lacan se soit appliqué à les mettre sur le même plan comme des ronds de ficelle,

au départ il n’en est rien, tripartition, lui permet d’exclure le réel au sens de »real », ce

qui est naturel. Ça exclut ce qui est de substantiel dans le corps, n’apparaît que les

tours du dit, l’Etourdît il sait de se mettre d’accord sur ce qui s’est passé.

L’exclusion du réel , on se fie à ce que vous dites…on n’interroge pas votre mère pour vous mettre d’accord, traduit quelque chose de concret

Le symbolique est un des noms du réel, comme wirklich, tout ce qui reste comme celui

qui a montre ce qu’il y a de plus réel.

Quant a l’imaginaire, symbolique, c’est un moins être , est de l’ordre de la

représentation , de la « bild »

Quand les images paraissent gouverner elles ne tiennent leur puissance que de leur

force symbolique.,

L’orientation hégélienne de lacan, lui permet d’inscrire la psychanalyse dans la

structure, le dit l’inconscient est structure comme un langage , n’a de sens Que de dire

l’inconscient est réel.

Préface a l’édition anglaise, que j’ai longuement commenté, l’inconscient …réel

Antidialecticien, le structuralisme, Levy -Strauss , pour Lacan , Hegel se traduit il y a du

savoir dans le réel, postulat scientifique.

Inconscient savoir dans le réel, la psychanalyse rejoignait la structure, la topologie pour

exhiber le réel de la structure, j’ai pêché ça dans le séminaire des » Problèmes cruciaux »,

la topologie est le réel. La topologie n’est pas représentation, des relations

mathématiques, ce savoir la correspond à ce qu’exige la structure du langage

Bien naturel pour le praticien, surplomb arrive comme une surprise , tout acabit

commence par l’exclusion du réel. Ils n’avaient pas saisi que pour Lacan c’était un nom

du réel, puissance combinatoire, sa version du rationnel hégelien. Le support de la

causalité même dont il s’agit dans l’inconscient, essentiel de lier structure et

combinatoire, les combinaisons, les permutations frustration ,

Les 4 discours , permuter les places, combinatoire de la structure, potentialité des

déplacement, joint entre structure et dialectique

Les structuralistes étaient antidialecticiens…

L’histoire comme le déploiement d’une combinatoire..

Triomphalisme optimiste de Lacan, une inversion complète acec la fin…de son

enseignement. Il. Lassait la jouissance du cote de l’imaginaire, un effet imaginaire, il ne

retenait du corps que sa forme…imaginaire du corps, la jouissance est supposée qu’elle

est destine a obéir au doigt et a l’oeil au. Déplacement du symbolique

Une domination de la cérite sur le réel, l’idée dans la psychanalyse le vrai c’est le réel

Le drame de l’enseignement de Lacan , dans le décrochage du vrai et du du réel, dans ce

qui s’isole du réal, a la puissance du wirklich..

Le corps a un statut que n’épuise pas la forme, la vision du corps, et le lieu ou ça se

joue, qu’est ce qui a la fin est le réel est le fantasme, traversée du fantasme, pour aboutir et

démentir cette conclusion, la passe est un moment de conclure..dans son élaboration il

s’est trouve contraient d’aller au-delà du fantasme, il débouche sur le clivage de la vérité du réel,

symétrique inverse de son départ optimiste

Hegel qui rit et Schopenhauer qui pleure

Lacan assure a lui tout seul tous les personnages du répertoire.

Publié par : marlène Belilos | janvier 19, 2011

cours miller du 19 janvier, 2011

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au fil de la plume, sans enregistrement,pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité , il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller

L’an dernier  » Vie de Lacan » et cette année  je vais vous entretenir de l’oeuvre de Lacan.

La vie et l’oeuvre, le binaire est connu, mais à vrai dire, y-a-t-il l’oeuvre de Lacan?

S’il y a un mot qui a un sens, chez Lacan, qu’il ne prononce et n’écrit, jamais pour

désigner son travail c’est bien celui d’oeuvre.

Il s’est attaché à présenter ce qu’il donnait au public, comme un des  » hors d’oeuvre » annonçant

le plat de résistance, mettre en appétit pour la suite

Lacan n’a jamais proposé le menu que sous la forme de feuilleton

Les séries à l’américaine, mêmes personnages pour une nouvelle aventure

Le séminaire est si j’ose dire le grand oeuvre , interminable Work in progress, 25 livres.

Des « Ecrits techniques de Freud « au « Moment de conclure »

Avant il y avait eu deux séminaires dans l’intimité de sa maison

« L’homme aux loups, « l’homme aux rats »

Apres le « Moment de conclure », trois séminaires sur la topologie des noeuds

« La topologie et le temps » Et la « représentation » Il ne reste que peu de traces, JAM a  pu

sauver quelques articulations

Cela s’étend sur une amplitude de 30 années, de 1951 jusqu’en 1981

Époque lacanienne de la psychanalyse

Il aura fallu 30 de plus pour lui donner une forme achevée .

J’ai évoqué les deux séminaires topologiques, ils seront publies en annexe du « Moment

de conclure »

Pour les deux premiers, peu de documents des’ notes d’auditeurs, je compte publier

avec le séminaire ultime  sur la Dissolution « aux extrêmes du séminaire.

je rassemble en un volume: » Nom du père et RSI »

Et un.en plus avec le 24et25

Reste 8 volumes à publier

A raison de deux par an…l’éditeur, aurait l’ intention d’en publier un seul par an

Je compte sur la vox populi pour que ce soit deux par an.

Lacan n’a jamais dit « mon oeuvre », a dit « mon enseignement », ne s’est pas voulu comme un

auteur, comme un enseignant, le terme est galvaudé comme, un » enseigneur ».

Qu’est- ce qui distingue un auteur d’un « enseigneur », celui-ci a des élèves, l’auteur parle pour

tous, tandIs que ll’enseigneur parle pour quelques-uns

« Happy few » de Shakespeare a Stendhal, l’adresse constante

L’Adresse c’étaient des psychanalystes, Lacan a choisi de limiter son adresse à des

psychanalystes qui se déplaçaient, qui apportaient leur corps.

Si la publication a tant tardé avant que je n’arrive, la matière même de ce discours à

quelques- uns répugnait, antinomique à être offerte au tout venant en librairie.

Il s’accommodait que ces séminaires s’accumulent dans une petite armoire, rue de

Lille, qu’il ouvrit devant moi.

Il fallut l’occasion , le séminaire ne devient oeuvre et Lacan auteur que par le

truchement d’un autre qui prend en charge , cette transformation, qui s’en fait l’agent.

Passer de ce qui fut audible au lisible.

Une transformation universaliste

Il y a les écrits, il a commencé d’écrire avant de faire séminaire.

Une fois commencé ; des cristallisations, chutes, rebuts du séminaire, des témoignages, il

aurait senti des résistances à le suivre., des occasions qui ont chez lui suscitées de

boucler par écrit une articulation, le plus souvent sous le coup d’une demande.

Les extraits , un par un, adresses à ceux qui lui demandaient de dire, télévision,

préface au séminaire 11.

N’était jamais raccord, pensée toujours en mouvement.

Écrits tous à la demande, à un congres…des occasions

« La science et la vérité » , numéro 1 a l’école. Normale.

La rédaction de ses Ecrits marquée de contingence, la poursuite du séminaire obéit à

une nécessite interne.

Un séminaire poursuivi sur 30 ans, chaque écrit en scande un moment, cristallise une

articulation , on lira Lacan dans une dialectique entre écrits et séminaires.

Effet d’après coup, loin de moi de dévaloriser ce que Lacan a produit, c’est par l’écrit dont il a distingue la fonction avant la philosophie contemporaine,

l’identification séminaire 9, avant que ce thème ne soit mis à l’ordre du jour de la

pensée philosophique.C’est là qu’il fixe sa doctrine, il sépare le bon grain de l’ivraie,

dans le séminaire .S’avancer dans cette direction,s’aventure dans certaines rêveries,

analogies. Dans ses écrits fait le partage entre ce qui mérite et ce qui peut rester dans

son placard.

Ce sont ses écrits qui m’ont conduit à Lacan. En 63 ce qui est disponible en librairie…

Les écrits se détachent sur le fond du séminaire, sur l’invention d’un savoir..

J’ai remis à un fonds d’archives, des documents sur Lacan , lettre adressée a Althusser,

novembre 1963, le séminaire ou j’essayais depuis 10 ans, a Sainte Anne , « de tracer

les voies d’une dialectique ou l’invention, une tâche qui fut pour moi merveilleuse.  »

Il passe quelque chose, sont reçus au présent et indiquant des voies d’avenir.

Ce fut pour moi, JAM, une tâche merveilleuse

Ça va me manquer, c’est assister a l’invention d’un savoir à l’état naissant, qui suppose

une adresse sans que soit validée par Lacan..

Mise en question de la qualification du psychanalyste, ce discours est fait pour eux,

C’est un hommage constant, pas éloge.

L’identification , je fus saisi par le nombre de fois ou il dit « pour vous »

Mais ce qu’il les traite mal, il faut insister , l’insistance est mamelle de l’enseignement,

Mais néanmoins témoins de l’adéquation de ses propos , à ce qui se passe dans

l’expérience..fonde cette communauté d’expériences

Les psychanalystes ont en commun l’expérience, impasses, mais en contact

J’ai employé le mot « établi » avec un certain humour, un texte n’existait pas,  » établi  » est

employé pour édition de textes antiques, grecs ou latins

Ici l’original n’existe pas, c’est un discours oral…ça tient a la nature même d’un texte

oral..

Lacan improvisait a partir de notes écrites.. Invention du moment a partir de ses pilotis..

Le cours oral de l’expression de son cours écrit

Au moment ou apparaît une meilleure façon de dire, en continuité vous dérivez a partir

de votre invention première, interrompue par l’intention de la divagation

Si vous la reproduisez tel quel , charabia

Le discours oral vers une conclusion qui brûle les étapes..

Ne pas simplement le restituer…Retrouver ce que Lacan a voulu dire, exercice risqué

Ce qu’il n’a pas dit: le signifiant résiste , en se soustrayant de la dictature de ce qui en

reste, dans la sténographie. L’identification notamment faisait l’apprentissage en

même temps

C’est bien l’intention à partir de ce qu’il a dit, c’est traduire Lacan

S’exprimait dans une langue parlée ,je ne la comprenais qu’après l’avoir traduite.

En définitive c’est une fois établi, écrit le texte définitivement , apparaissent les

linéaments de l’invention de Lacan.

Je dis faire apparaitre l’architecture, s’est voué à la dialectique, unité interne du discours

Je pourrai faire apparaitre la doctrine de l’architecture, à ranger des surfaces autour

d’un vide, c’est ainsi que je me reprenne l’architectonique, l’objet ,  le torre,

chambre à air,

Allusion dans « Fonction et champ », l’anneau, amène la topologie, eux formes d’existence

du trou, le trou central du tore..opposition de ces deux trous, propose un usage

métaphorique demande et désir, cercles en spirales autour, l’insistance de la demande

Du seul fait d’être bouclé, le trou central identifié à l’objet du désir , aucun n’enveloppe

l’objet, mais les tours finissent par dessiner le trou central

Je me représente le séminaire comme ces tours, entourés de ce vide » work in progress »

Comment procède Lacan?

Par argumentation, il m’a happe,

Il profère, il déclame pour certains, il est prophète romantique

Il y des couplets, des trémolos, des violons…pas dupe, il repart..ces couplets ont leur

place dans une argumentation.. Logicien, logique

Pas à pas, dialectique d’inspiration hégélienne , quand il s’agit de la topologie ..essaie

de dire en une phrase…on n’y comprend rien…

Entre topologie et le temps..une argumentation d’avocat, plaide la cause de ce qu’il veut

démontrer.,

Il fixe, c’est un rhéteur , sidérer les objections

Fait penser à la pièce. Courteline ( Des gens sérieux), Barbemolle  l’ avocat qui devient procureur, et défait les

arguments, et réclame le remboursement de ses honoraires

Fait feu de tout bois pour justifier une argumentation stratégie de rhéteur

S’orienter sur l’argumentation, que je lis la sténographie, que ça y est, je reconstitue

une chaîne et parfois un chainon qui a sauté, et je le restitue, plus qu’avant, maintenant

je débrouille plus que par le passé.

Dans ce séminaire , on voit plus facilement les antécédents des relatifs, ça émerge

comme une Atlantide engloutie, avec la jubilation de l’archéologue

Il faut y mettre du sien

Dans l’annonce de la création de son, Fichte qui écrit, dans la Wissenschaftlsehre, on

dit. » Qu’on doit compter avec l’activité autonome de l’autre on ne doit pas lui donner les

indications » , fin de l’ouverture des Ecrits, page 10…

Amener le lecteur , a ce qu’il doive mettre du sien..je vais conclure avec

Schelling

On devrait penser lors des recherches a quel point elle comble peu l’esprit..

Qu’est ce qui est réel dans les représentations..

Ce qu’il y a de réel à Lacan…pas par rapport à la représentation dans la dimension des

paroles , de récits, d’anecdotes, mensonges, vérités qui se charrient …dans une cure

Qu’est ce qui est le réel?

Ce qui l’oriente..c’est cette question

Qu’est ce qui a la fin est « das real »

Le réel c’est le symbolique

Ce qu’il isolait le réel dans la cure c’est le symbolique

A savoir l’imaginaire..

L’enseignement de Lacan se tient dans les 6 premiers

Ce qu’il y a de réel dans l’imaginaire

Il faut le 7, Pour que le réel apparaisse comme indexe, a das ding, référence, la pulsion

C’est ce qui sera notre question, qu’est ce qui à la fin est réel,

pour Freud c’est la biologie

Pour Lacan c’est la topologie, ce qui n’est que pure matière .

Au delà du « Moment de conclure » il traque dans la topologie, le réel

Les guillemets sont constants, », si je puis dire », dit-il

Cette attitude propositionnelle, je vous faisais connaitre, ce n’est pas tout a fait ça,

trouver le mot juste, traverser le mur du signifiant et du signifié.

Quand, je dis le signifiant c’est le réel c’était tout à fait ça.

Publié par : marlène Belilos | décembre 18, 2010

En 1935, la police fasciste enquête sur Freud

Nous avons été dûment informé, que  M. le Dr Emilio Servadio, demeurant à Rome, place Aracoeli 12p 2e étage, a demandé à être autorisé à faire partie de la « Wiener Psychoanalytische Vereinigung » (Société psychanalytique de Vienne) et à la Société psychanalytique internationale. Le ministère des Affaires étrangères, nous a chargé de nous informer sur les objectifs et les dirigeants de la  dite association : on vient de nous communiquer ce qui suit :

En réponse au télexpress 15 janvier 1935 nº300759 Ser. Corr. Uff. IIIº (M. 53-77-1933), j’ai l’honneur de vous envoyer les informations sur l’association nommée ci-dessus, que m’a communiqué Modrini :

Il ne m’appartient pas d’exprimer des jugements sur le mouvement psychanalytique au plan scientifique. Pourtant il me semble qu’il s’agit d’une science sérieusement combattue par les sommités du domaine des maladies nerveuses, avec à sa tête le plus célèbre d’entre eux qui répond au nom du  Pr Wagner-Jauregg. De fait, la psychanalyse n’a pas encore pu s’introduire dans le sanctuaire de l’Université de Vienne. La psychanalyse, telle qu’elle est enseignée par son créateur, le Dr Sigmund Freud, est ici considérée plutôt sous un aspect publicitaire et mercantile. Freud jouit d’une réputation de bon médecin et de pas mauvais psychiatre, mais n’est pas non plus une célébrité.

L’association qu’il a fondée et qui porte le nom de « Wiener Psychoanalytische Vereinigung » existe depuis 1910. Depuis cette époque, les statuts de la société ont été plusieurs fois remaniés. Ceci a également concerné les instances dirigeantes de l’Association. Pendant de nombreuses années, elle n’a pas eu d’importance sérieuse ni d’échos dans le domaine intellectuel chez les médecins et les philosophes de cette ville. Dans l’après-guerre par contre, des efforts ont été faits, surtout de la part des socialistes et communistes pour ouvrir des horizons plus importants au mouvement du Dr Freud. La municipalité socialiste de Vienne a cherché à aider, dans la mesure de ses possibilités, ce mouvement psychanalytique. Une fois écroulée la municipalité rouge , on ne parle plus du mouvement psychanalytique, qui est resté cantonné à Freud et à quelques uns de ses nombreux amis.

Le Dr Sigismond Freud est né à Freiberg le 6 mai 1856, en Moravie, et est citoyen autrichien. En octobre 1928, Wilhem Fleckenstein, qui s’occupait de psychopathie et qui aurait été communiste, s’était vanté, à Munich d’être en contact avec le Dr Freud. Celui-ci a déclaré qu’il ne connaissait absolument pas Fleckenstein. En 1929, la Direction générale de la SP du R. a appris de source confidentielle, que Freud correspondait avec l’anarchiste italien Berneri. Des recherches furent faites, mais l’on n’a pas pu vérifier la véracité de la chose.

Le 8 août 1930, la Vossische Zeitung communiquait que la direction de la « Goethe Preiss-Stiftung » de Francfort aurait attribué à Freud un prix de 10 000 marks pour ses mérites dans le domaine de la psychanalyse. Le Tag, journal de gauche viennois, à l’occasion de cette récompense dans son numéro du 9 août 1930, commentait avec une évidente complaisance que l’attribution de ce prix démontrait le prestige dont Freud jouissait à l’étranger alors qu’il lui était refusé dans sa patrie.

Il faut avoir présent à l’esprit le fait que le comité de la « Goethe » de Francfort était alors dans les mains de juifs et de personnes orientées à gauche. Les éloges du Tag de Vienne permettent aussi de connaître les opinions politiques de Freud. Et bien que Freud ait cherché à afficher une certaine neutralité politique et se soit tenu à l’écart de toute activité politique, il n’a pas pu toutefois, à certaines occasions, faire autrement que donner libre cours à ses vraies opinions politiques. Ainsi, par exemple, dans la journée du 20 avril 1927, il signait un manifeste d’intellectuels, invitant lesdits milieux à voter pour le Parti socialiste démocratique. Le manifeste était signé par des extrémistes notoires.

Voilà pour l’activité et les opinions politiques de Freud. A partir du 18 octobre 1934, le comité de la « Wiener Psychoanalytische Vereinigung » se compose de la façon suivante: Docteur Sigmund Freud ; Docteur Federn Paul ; Freud Anna ; Docteur Walder Robert ; Docteur Heinz Hartmann ; Docteur Edward Bibring ; Docteur Richard Sterbs. Tout d’abord il faut relever qu’il s’agit d’une direction de médecins juifs. En examinant chacun d’entre eux, il faut avoir présent à l’esprit ce qui suit, afin de se prémunir des dangers liés à l’octroi  d’une autorisation comme celle demandée par le Docteur. Servadio.

Docteur Federn Paul, médecin, né à Vienne et y est domicilié depuis le 13.101871, israélite. Ce médecin appartient au mouvement communiste, depuis 1924. Selon des voix autorisées, il a pris part au Congrès communiste de Stuttgart, en 1924. Il vivait et vit toujours sur un pied que ne justifie ni sa pratique médicale, ni sa situation économique. De 1919 à 1922, Federn a été comptable socialiste pour le premier district de Vienne. Le 18 février 1934, à la frontière austro-tchécoslovaque a été arrêté, le Docteur Ervino Subak, trouvé en possession d’un paquet contenant les annales de la Rundschau et de l’Imprekorr, qu’il avait voulu transporter à Bratislava. Interrogé sur leur provenance, il a dit les avoir reçus du Docteur Federn. Federn à son tour s’est justifié disant qu’il était socialiste, et que son fils Ernesto Federn,  socialiste, disposait d’une bibliothèque de livres socialistes, qu’il avait voulu sauver ses propres livres en les faisant transporter ailleurs, puisque depuis la révolution de février 1934, il était interdit de posséder ce genre de livres ou de revues en Autriche.

Le Docteur Hartmann Heinrich, dit Heinz, troisième membre du directoire, né à Vienne le 1.11.1894, y est domicilié, israélite, aujourd’hui sans confession religieuse. Il s’agit d’un médecin, assez prometteur dans le champ des maladies nerveuses, tant il est vrai que qu’en juin dernier, il a été proposé comme privat-docent à l’Université de Vienne. Mais aussi le Docteur Hartmann est un ex-socialiste démocrate. Depuis le mois de février 1934, il s’abstient de toute activité politique.

Le Docteur Freud, depuis février 1934, s’est trouvé dans une position politiquement difficile, et c’est la raison pour laquelle il s’est rendu en Amérique.

Aussi l’actuel gouvernement autrichien, essaie de masquer son aversion pour les intellectuels juifs, spécialement médecins et avocats, il travaille très adroitement pour éliminer le plus possible cet élément malfaisant surtout du point de vue politique. De l’expérience faite en Allemagne et en Autriche on peut affirmer en toute conscience que 99% des médecins, des philosophes et des avocats, ainsi que des étudiants juifs de l’Université autrichienne, allemande et tchécoslovaque, sont de gauche. Nombre d’entre eux, dans tous les autres domaines, des intellectuels et des intellectuels juifs communistes.

De nombreux médecins, qui ne trouvent plus de travail et de possibilité de gagner leur vie en Autriche, ont pris et prennent la route de l’Italie.  Avec le temps, ces gens seront sûrement en concurrence avec les nationaux italiens. On ne comprend  pas la raison de la nécessité de la création en Italie d’une Association comme celle de Freud. D’après les précédents viennois, il n’est pas exclu qu’une association de ce genre puisse servir à masquer des tendances politiques et à servir d’instrument à des courants qui ne seront pas forcément favorables au Fascisme.

Il est possible que le Docteur Servadio ne connaisse pas ces personnes ainsi que celles qui sont à la tête du mouvement international. Il semble que la mère du Docteur Servadio, sans vouloir par là toucher à son honneur, soit israélite. Je relève ceci parce que probablement aussi en Italie le mouvement, comme ici, sera organisé par des juifs, les plus accessibles à des théories philosophiques.

Le ministre des Affaires étrangères, lui-même, compte tenu des révélations de l’’enquête, s’est prononcé contre la concession au Docteur Servadio Emilio de l’autorisation demandée. Ce Ministère, s’associant à un tel avis a édicté de semblables dispositions à la Préfecture de Rome.

Publié par : marlène Belilos | décembre 2, 2010

Le carton de l’électricien …celui qui manque à Picasso

Picasso, le sait-on assez, conservait tout ses petits papiers, il pensait utile qu’à sa mort

l’on puisse ainsi reconstituer sa vie, les circonstances de sa création, pour « une science

de l’homme », qu’il espérait et en attendant il facilitait, sa biographie!

A cet effet, il gardait tout, ne jetait rien, la moindre trace matérielle, y compris la

poussière, ironiseront certains. Picasso préparait sa postérité.

Le musée Picasso, mémoire officielle du maître, avait organisé en 2003, une exposition

passionnante  » Les archives de Picasso » avec en sous-titre, « On est ce que l’on garde ».

Des enveloppes, des lettres de ses amis prestigieux, mais aussi des notes de pressing,

des mots à la femme de ménage, des billets de cinéma, des notes d’électricité, tout ou

presque était là autant de signes, souvent dérisoires , signes collectionnes aussi par

l’une de ses compagnes, Dora Maar.

Mais voilà,un carton surgi d’un garage- proche de sa dernière demeure, Notre Dame de

Vie, est venu déranger l’organisation presque fétichiste, de cette biographie que le

maître voulait contrôler.

Ne nous avait-on pas dit que Picasso empilait ses objets par ordre chronologique, des

tas dont il exigeait de ses femmes, qu’ils soient déménagés en l’état et dans l’ordre,

quand la maison ou l’appartement devenait trop exigu.

Alors, ce carton malicieux, avec des dessins de sa jeunesse? Donné par erreur par

Jacqueline Picasso, d’une période antérieure à sa vie avec son mari? Emporté par

hasard? Comment savoir ?

Carton, dans tous les cas, pour l’électricien, dans toute l’équivoque du mot.

L’électricien , lui aussi a classé le contenu ,par format, par support, par couleur,

probablement manie d’électricien. Et naïvement il est allé montrer son bien à la famille.

Il souhaitait dit-il, une reconnaissance, les oeuvres n’étant pas signées.

Mal lui en a pris, en fait de reconnaissance, il a immédiatement était mis en garde à

vue, et son trésor emporté. Mais notre électricien malicieux, le dit maintenant, il n’ a au

moins plus de doutes sur l’authenticité de son trésor.

Et l’hystérie de s’emparer de la famille auquel ce père a souvent manqué, et qui

d’autant plus a accumulé les objets, tous les objets, pensait-elle, sauf ce carton qui lui a

échappé-au moins provisoirement.

Gageons que les avocats coûteux de la famille, ne s’en laisseront pas compter.

Mais le mal est fait, comment était-ce possible?

Eux qui contrôlent,dit-on, le moindre bénéfice, répertorient la moindre vente.

Un plein carton? De quoi rendre fous, et fous ils le sont devenus.

La famille hystérique? Oui, mais pas seulement l’opinion aussi.

Chacun rêve de trouver un trésor dans son garage ou au fond d’un grenier.

Alors le carton de l’électricien?60 millions d’euros, comme ça, sans même acheter un

billet de loto. Un carton, vous dis-je.

Les regardiez-vous? Non, elles étaient dans le carton, rangées, conservées au sec.

« on est ce que l’on garde », disait Laurence Madeline, commissaire de l’exposition sur

les archives Picasso.

Picasso aurait lui peut-être aimé, l’irruption du hasard.

Marlène Belilos

Publié par : marlène Belilos | mai 11, 2010

France 2:Gerard Garouste parle de son analyse

La pratique analytique,  là je peux parler en connaissance de cause , puisque j’ai fait très longtemps une analyse. Je suis sorti une petit peu de mes angoisses et de mes problèmes. Et est-ce que c’est grâce à la psychanalyse,j’en sais rien,  je n’ai pas de preuves. Ce que je sais quand on va à une conférence en tant qu’étudiant, sur Nietzsche, ou une conférence sur l’antisémitisme, jamais vous verrez un type antisémite, dire c’est tout à fait moi.Tout le monde est d’accord pour dire l’antisémitisme, c’est horrible.

Quand Le Pen parle du » détail » il est outré quand on lui dit c’est un propos antisémite, et il est sincère

Si on tombe sur un bon analyste, il est là pour parler le moins possible , de  faire une écoute lointaine.  Plus il se retire, plus le patient est entre lui et lui-même, et là par moments,  il y a des choses en contradiction qui sont révélateurs, et c’est ça tout d’un coup la révélation de son propre inconscient.

Sur le plan de la philosophie, voilà un moyen plus efficace  au niveau du racisme, au niveau de la misogynie.  Je viens d’une famille antisémite, macho,  une éducation misogyne . J’ai été soigné , non pas pour ces trucs-là, je ne suis pas allé pour ça, curieusement sur un plan philosophique  mon esprit a changé,  ce travail n’a pas pu être fait par une conférence.

Publié par : marlène Belilos | avril 17, 2010

Biennale Venise 2007

De quelques vénitiens et événements artistiques

Sur la Place Saint-Marc à Venise.6 ans que je n’étais pas revenue.

C’était en 2001, Cyrille Putman faisait remarquer les manques dans l’éclairage des monuments. Ici, disait-il, on inonde les monuments de lumière. A Paris on dirige de fins pinceaux lumineux.

Cette même année Harald Szeemann , deux fois organisateur  de la Biennale en  1999 et  en 2001, écoutait avec intérêt un artiste chinois lui expliquer que pour faire fuir les pigeons en Chine, tout le monde se mettait à battre des mains. On imagine les applaudissements de milliards de chinois.

Il est vrai que selon les lieux à Venise c’est un peu une calamité, même si comme le dit cette « cameriere » de l’hôtel Bauer, « è Venezia ». C’est Venise.

Szeemann est présent partout à Venise et Beuys lui rend hommage.

Vittoria Vianello

Pas très loin de là, Vittoria Vianello finissait son repas au restaurant Santo Stefano sur la place du même nom. Elle m’a longuement parlé de son mari, mort il y a quatre ans.

Un «  tesoro », c’est le seul mot qu’elle trouve pour le qualifier.

Elle a 84 ans, et déjà à l’époque,  elle n’en a fait qu’à sa tête. Sa mère aurait souhaité qu’elle épouse un avocat, elle a épousé l’homme qu’elle aimait. Dans l’Eglise sur cette même place. Elle a perdu l’enfant qu’elle attendait, elle était enceinte de 7 mois.Elle était tombée dans l’escalier. Elle est contente d’habiter in «  centro » de Venise, -elle le répète souvent. C’est étonnant de penser que Venise a un centre. Elle vit  dans une petite maison de deux étages, mais n’en occupe qu’un seul. Sur la terrasse, elle va arroser les citronniers, en souvenir de son mari.

Elle rit souvent et je la crois quand elle dit que chez elle tout est « lucido », brillant.  Elle a une gentillesse à considérer le monde.

Pour moi, elle ira prier Santa Rita et Padre Pio.  Je ne sais pas très bien comment le prendre. Quel rapport établir entre ses prières à venir  et ses propos actuels.

Emile au Florian

Sur la place Saint Marc, Emile  ressemble à un personnage d’un film de Visconti, avec son costume blanc impeccable, sa canne et son chapeau. J’apprends qu’il est là tous les soirs, il vient à la même heure prendre un café au Florian, avant que son fidèle Michele  ne vienne le chercher. Il  est aussi d’un autre âge, non qu’il soit très âgé- mais d’un autre temps. Il déplore la Révolution en France  qui a chassé les aristocrates de leur palais. A Rome tous les comtes vivent encore chez eux. Lui Emile, Comte de son état, a quitté la France, bien que ses parents y vivent toujours. J’entends là, quelque chose. Ses parents restés en France, cela ne lui déplait pas. Il aurait pris le large.

Il a eu un coup de foudre pour Venise et restauré un « palazzo ». Il veut me le montrer. Ce sera pour une prochaine fois, je repars demain.

J’ai envie de le revoir, je pars au Harry’s Bar et revient pour lui demander de m’accompagner. Mais c’est lui qui est parti.

Devant Gucci, les subsahariens- comme on dit en France- vendent des imitations des sacs Prada et à l’inverse devant Prada. Je découvre que les vendeurs à la sauvette ont des horaires et changent de lieu.

A la Biennale, il n’y a pas vraiment de choc. Elle est placée sous le signe de l’injonction « Pense avec tes sens et sens avec ton intellect »

On reconnaît alors les visiteurs, dans les rues de Venise, aux grands rouleaux qu’ils essaient de porter sous leur bras.

Ce sont ceux de  l’artiste américain Felix Gonzalez -Torres qui engage les visiteurs à se servir. Une feuille cerclée de noir et une autre sur laquelle est indiqué que c’est la tombe du soldat américain.

Le pavillon américain, le pavillon italien , le pavillon français avec Sophie Calle.

Je comprends que cette formule : « Prenez soin de vous » ait pu l’intriguer, mais de là à en faire un pavillon. Sortis de Paris, les interprètes de la formule sont inaudibles.

Harald Szeemann toujours lui, voulait abolir les pavillons nationaux. Manifestement il n’a pas été suivi. Au contraire, ils sont disséminés dans toute la ville et d’autant plus visibles en tant que tels.

Pourtant un des slogans de la Biennale est « Pour l’art  pas d’étrangers » .

C’est paradoxal.

Paradoxe aussi de se retrouver le plus à l’aise au Palazzo Grassi chez Pinault qui expose une partie de sa collection.

Publié par : marlène Belilos | mars 8, 2010

lucian freud

Un Freud peut en cacher un autre

Beaubourg accueille en majesté Lucian Freud, avec 50 toiles dessins, photos,- sa dernière exposition y remonte à 1987. Bien sûr, on avait pu le voir sous les auspices de la Fondation Maeght et de,Jean-Louis Prat, en 1995, son directeur d’alors.

Lucian Freud a pour particularité de se cacher, refusant photos et interviews, et a contrario de se peindre nu, avec une préférence appuyée pour la mise en valeur des organes sexuels et de ne pas souhaiter évoquer sa filiation : petit-fils du grand Sigmund Freud, mais dont il n’aime pas trop évoquer la figure.L’anglais distingue « nude » , nu et « naked », dénudé, dirions-nous, c’est cet adjectif que Lucian Freud affectionne.

Et nous voilà, avec deux grands Freud, Sigmund, dont l’œuvre entre cette année dans le domaine public, et ce petit-fils au trajet singulier qui détient un record avec une toile vendue en mai 2008 au milliardaire russe Abramovici, à 30 millions de dollars.

L’un de ses modèles et assistant, -depuis 1989-, venu à Paris répondre aux journalistes, David Dawson, répète tout de même l’anecdote que Lucian Freud, lui a rapporté.  Il avait à l’instigation d’un ami demandé à son grand-père, Sigmund Freud, de signer une pétition, celui-ci avait refusé de « laisser cette marque-là. » Depuis, en son nom si l’on peut dire, le petit-fils Lucian, refuse de signer ses toiles.Lacan nous dit que « le nom sert toujours à boucher quelque chose », chez les Freud on ne bouche pas. Mais Freud Sigmund signait ses oeuvres pas des pétitions, ce qu’il s’autorisait, le petit-fils ne s’autorise pas lui au nom?

Reflection with 2 children

De la sexualité réaliste mais pas très violente

Toutes les toiles sont réalisées comme dans la bonne tradition classique, dans son atelier d’après modèle, même la Reine d’Angleterre dont il fit le portrait en 2001 fut contrainte de s’y soumettre.  Les séances de pose durent pourtant des heures, des journées de travail pleines et entières, croyons-en son modèle. « L’atelier », est le titre qu’a choisi, Cecile Debray, commissaire de l’exposition, dans la mesure où c’est de cet espace que tout est observé. Comment alors renoncer à trouver des parallèles avec ce grand-père, qui aussi  dans l’espace  de son cabinet recevait toute la journée,des patients, mais dont il ne supportait pas le regard, une des raisons dit-on, de les avoir allongés.

Lucian Freud, préfère lui se regarder y compris en ses modèles, dont certains ont des corps débordants. »Cette chair de mon corps est participée par le monde, il la reflète », disait Merleau-Ponty, et Lucian Freud le paraphrase à peine:« La peinture est chair » dit-il ,

Leighundertheskyglight

Bacon, un ami qui lui apprit à vivre

C’est ce qui se raconte, Francis Bacon, autre grand peintre irlando-britannique, son ami, lui apprit à vivre, on ne comprend pas bien comment. Bacon et son homosexualité tourmentée, Lucian Freud, père de famille, avec sa peinture d’un réalisme sexuel effréné mais sans violence, un peu sage dirions-nous, même. Celui que l’on qualifia à ses débuts de « pompier de la couperose » cherche à « intensifier le réel » Un compagnonage artistique,ils formaient alors ce que l’on a appelé l’Ecole de Londres et Lucian Freud doit beaucoup de sa renommée à son modèle, ami de Bacon, Leigh Bowery, -performer culte de la scène gay à Londres.Il est content de venir à Paris car son peintre favori est Ingres, en 1960 il avait été à Montauban, visiter le Musée Ingres, et en 1967, avec Bacon visiter l’exposition Ingres aux Galeries Nationales du Grand Palais. Il avait réalisé adolescent des sculptures,dont une en albâtre d’un poisson sur un rocher , qu’il avait offerte à son grand-père, qui en avait fait présent à Marie Bonaparte, alors que son petit-fils s’en étonnait, Freud  lui aurait répondu « c’est pour qu’elle t’achète des oeuvres plus tard », ce qu’elle fit, d’ailleurs.

Nous apprenons que dans sa cuisine trône le portrait de Balzac, encore un curieux de la Comédie humaine, comme son grand-père.

Marlène Belilos

A voir à Beaubourg, à partir du 10 mars  au 19 juillet

Un catalogue avec des articles de qualité, une chronologie bien faite, des photos de David Dawson, à ne pas manquer.

Publié par : marlène Belilos | février 3, 2015

Charlie -Hebdo, feu Hara Kiri

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Publié par : marlène Belilos | janvier 16, 2015

Une histoire française: Coulibaly , Kouachi, black,blanc, beur

C’est avec un prêt à la Cofidis qu’ Amedy Coulibaly, aurait acheté ses armes. C’est à l’hypercasher qu’il se rend, et BFM,qu’il appelle pour rectifier les informations diffusées. Un vrai modèle d’intégration à la française, le pays du surendettement, où l’on ne vérifie pas le nombre de prêts et les capacités de remboursement. Il connait les codes. L’hyper c’est français et c’est en France que j’ai découvert la séparation entre le casher, pour certaines classes sociales, et le mépris d’autres qui ne sont fièrement pas « cashcroute»… Féru de TV, déjà à Fleury- Merogis ,muni d’une caméra miniature, il contacte le Monde pour réaliser un documentaire critique. L’acte manqué: son coup de téléphone à BFM, où il ne raccroche pas le combiné, ce qui permet à la police de l’écouter et ce jusqu’à l’assaut qu’elle décide au moment de ses prières, interprétant qu’il s’apprête à mourir..encore que les musulmans font les prières au coucher du soleil.
Schéma d’intégration jusqu’au sommet de l’Etat, rencontre avec l’ancien président de la République, avec les jeunes issus des quartiers. C’est français, ces rencontres de la base au sommet. On félicite, il a sa photo dans le journal, celui qui se fait appeler Doly, et qui est le seul garçon d’ une fratrie de 10 filles, d’un père à la mort duquel on ne le laisse pas assister. Mais dans les quartiers, comme on dit, le rêve est autre. Sortir de la galère, des petits boulots. «Peut-être que le Président me filera un job», c’est là que s’arrête le miracle. Reprise de la galère, donc. et réponse dans le moi idéal, il se rêve en chef , comme en prison, où il a rencontré un mentor, ce sont des passages entiers du livre de ce dernier qu’il récite aux otages. Il veut convaincre…comme l’a dit un journaliste, s’il prend des otages c’est qu’il veut parler…Etre reconnu…dans sa bibliothèque, un autre livre d’Amélie Nothomb, «Hygiène de l’assassin. Kouachi, eux sont les frères d’une histoire misérable. Nés d’une mère qui élève seule 5 enfants, et tapine, nous dit-on pour y arriver. Ils la retrouvent morte un jour d’une surdose de médicaments, désespoir devant l’arrivée d’un 6 ème enfant. Qu’est ce que la République n’a pas fait? Retour du Djihad, surveillance et écoutes téléphoniques, quel est le forfait en préparation. En Suède, au retour du Djihad, on écoute pour entendre, savoir ce qui a manqué, et chercher avec chacun quelle solution envisager.

Publié par : marlène Belilos | octobre 23, 2014

Niki de Saint Phalle ou la guerrière blessée

imagesC’est en 1971 que Niki de Saint Phalle épouse l’artiste suisse Jean Tinguely. S’ensuivent alors 20 ans de compagnonnage artistique, entre  » Nanas », serpents et machines articulées, dont la plus connue est la Fontaine Stravinsky devant Beaubourg. On les a surnommés les « Bonnie and Clyde de l’art contemporain » (1). Lui, partenaire de la solution créatrice de Niki, est issu d’un milieu ouvrier et d’un pays conservateur. Il détournera la précision suisse par ses machines inutiles, et, après les « tirs » où ensemble ils se servent de fusils pour exploser des tubes de peinture, acte de Niki dirigé contre les hommes, il va l’aider celle-ci à mettre au point ses sculptures monumentales dont la « Hon », une femme dont le sexe sert de porte d’entrée aux visiteurs. Voir l’oeuvre de Niki de Saint Phalle au Grand Palais (2), c’est une fête de couleurs et de formes déployées sur trois étages. Lire l’oeuvre de Niki de Saint Phalle, c’est décrypter son ton bravache de femme, de flle blessée. La flle d’une des plus anciennes familles de la noblesse française, Fal de Saint Phalle, a construit une œuvre qui répond au traumatisme d’un épisode douloureux qu’elle a raconté de diverses façons, pour avoir été, à l’âge de 11 ans, livrée à un père jouisseur. Elle va « se sauver par l’art », dira-t-elle. Ainsi, le flm Daddy (3), dont seuls des extraits sont présentés à l’exposition, flm réalisé par Niki de Saint Phalle et le cinéaste Peter Whitehead en 1972.
Dans Mon secret, Niki écrit : « Jean Tinguely, ma famille et presque toute la presse furent indignés par ce flm. Seule ma mère, quelques rares critiques et Jacques Lacan prirent ma défense » (4). Mais elle avait interdit à sa mère de voir le flm. Il aura fallu 30 ans à Niki pour évoquer ce qu’elle considère comme un crime. Ce flm, en forme de vengeance et de meurtre contre son père, réalisé dans une mise en scène baroque et diabolique, est destiné à régler ses comptes avec un père, aristocrate et banquier, qui, lors de cet été de 1942, transgressa les règles. Après une évocation de ses jeux de colin-maillard, blind man, dans les forêts de la propriété, elle offre des jeunes flles à un père ligoté sur une chaise et fnit par le tuer. Elle inverse les rôles, mais le flm ne lui apporte aucun réconfort. De cette histoire incestueuse Niki n’avait dit mot. Que dire, d’ailleurs, dans un milieu conservateur où le silence tient alors lieu de bonne éducation : « On a le droit d’être vu mais pas entendu». Mais c’est son corps qui parla et ses troubles symptomatiques la conduisirent en psychiatrie à l’âge de 22 ans où elle subit dix séances d’électrochocs. À cette annonce, son père, pris de remords, lui envoya une lettre sous forme de confession et de regrets. Il mourut d’une crise cardiaque en 1962, sans qu’ils n’aient eu une explication. En traitement avec un psychiatre, le Dr Cossa, elle rencontra là un médecin qui lui suggéra d’oublier, ce qui n’était, disait-il, que « fantasme». Il récidiva à la lecture de la lettre de regret du père, l’enjoignant encore de ne pas raconter de telles horreurs! La théorie du fantasme de Freud fut appelée, comme souvent, au secours de ce déni de réalité. Niki attendit encore 20 ans, en 1992, pour écrire un livre qu’elle dédia à sa flle Laura et intitulé sobrement Mon secret. Elle est la meilleure interprète de ce qui se passa, disant à la fois l’horreur et la honte, son combat entre l’amour pour son père et la honte qu’elle en éprouvait. Elle exprime la diffculté de s’en sortir seule, la nécessité de la loi, mais aussi du bénéfce qu’elle tira de cet isolement qui lui permit de créer. Sa mère vint à son secours pour lui dire qu’elle avait eu connaissance de la lettre du psychiatre et qu’elle avait fait parler son mari, compatissant à la cause de sa flle : « Si mon père m’avait fait ça, je lui aurais plus jamais adressé la parole». (5) Son oeuvre présentée au Grand Palais témoigne de tout cela dans un climat de gaieté et de tristesse.

(1) Cf sur YouTube Niki de Saint Phalle & Jean Tinguely, Les Bonnie & Clyde de l’Art, un flm de Louise Faure et Anne Julien, https://www.youtube.com/watch?v=3y-I-KpxiG8 (2) Niki de Saint Phalle, du 17 Septembre 2014 au 2 Février 2015 – Grand Palais, Paris http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/niki-de-saint-phalle (3) Daddy, sur YouTube, version complète – https://www.youtube.com/watch?v=Sx5eCjIVYFk (4) Saint Phalle (de) N., Mon secret, Éditions La Différence, Paris, 2010 (5) Saint Phalle (de) N., Mon secret, op. cit.

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