Publié par : marlène Belilos | mars 8, 2010

lucian freud

Un Freud peut en cacher un autre

Beaubourg accueille en majesté Lucian Freud, avec 50 toiles dessins, photos,- sa dernière exposition y remonte à 1987. Bien sûr, on avait pu le voir sous les auspices de la Fondation Maeght et de,Jean-Louis Prat, en 1995, son directeur d’alors.

Lucian Freud a pour particularité de se cacher, refusant photos et interviews, et a contrario de se peindre nu, avec une préférence appuyée pour la mise en valeur des organes sexuels et de ne pas souhaiter évoquer sa filiation : petit-fils du grand Sigmund Freud, mais dont il n’aime pas trop évoquer la figure.L’anglais distingue « nude » , nu et « naked », dénudé, dirions-nous, c’est cet adjectif que Lucian Freud affectionne.

Et nous voilà, avec deux grands Freud, Sigmund, dont l’œuvre entre cette année dans le domaine public, et ce petit-fils au trajet singulier qui détient un record avec une toile vendue en mai 2008 au milliardaire russe Abramovici, à 30 millions de dollars.

L’un de ses modèles et assistant, -depuis 1989-, venu à Paris répondre aux journalistes, David Dawson, répète tout de même l’anecdote que Lucian Freud, lui a rapporté.  Il avait à l’instigation d’un ami demandé à son grand-père, Sigmund Freud, de signer une pétition, celui-ci avait refusé de « laisser cette marque-là. » Depuis, en son nom si l’on peut dire, le petit-fils Lucian, refuse de signer ses toiles.Lacan nous dit que « le nom sert toujours à boucher quelque chose », chez les Freud on ne bouche pas. Mais Freud Sigmund signait ses oeuvres pas des pétitions, ce qu’il s’autorisait, le petit-fils ne s’autorise pas lui au nom?

Reflection with 2 children

De la sexualité réaliste mais pas très violente

Toutes les toiles sont réalisées comme dans la bonne tradition classique, dans son atelier d’après modèle, même la Reine d’Angleterre dont il fit le portrait en 2001 fut contrainte de s’y soumettre.  Les séances de pose durent pourtant des heures, des journées de travail pleines et entières, croyons-en son modèle. « L’atelier », est le titre qu’a choisi, Cecile Debray, commissaire de l’exposition, dans la mesure où c’est de cet espace que tout est observé. Comment alors renoncer à trouver des parallèles avec ce grand-père, qui aussi  dans l’espace  de son cabinet recevait toute la journée,des patients, mais dont il ne supportait pas le regard, une des raisons dit-on, de les avoir allongés.

Lucian Freud, préfère lui se regarder y compris en ses modèles, dont certains ont des corps débordants. »Cette chair de mon corps est participée par le monde, il la reflète », disait Merleau-Ponty, et Lucian Freud le paraphrase à peine:« La peinture est chair » dit-il ,

Leighundertheskyglight

Bacon, un ami qui lui apprit à vivre

C’est ce qui se raconte, Francis Bacon, autre grand peintre irlando-britannique, son ami, lui apprit à vivre, on ne comprend pas bien comment. Bacon et son homosexualité tourmentée, Lucian Freud, père de famille, avec sa peinture d’un réalisme sexuel effréné mais sans violence, un peu sage dirions-nous, même. Celui que l’on qualifia à ses débuts de « pompier de la couperose » cherche à « intensifier le réel » Un compagnonage artistique,ils formaient alors ce que l’on a appelé l’Ecole de Londres et Lucian Freud doit beaucoup de sa renommée à son modèle, ami de Bacon, Leigh Bowery, -performer culte de la scène gay à Londres.Il est content de venir à Paris car son peintre favori est Ingres, en 1960 il avait été à Montauban, visiter le Musée Ingres, et en 1967, avec Bacon visiter l’exposition Ingres aux Galeries Nationales du Grand Palais. Il avait réalisé adolescent des sculptures,dont une en albâtre d’un poisson sur un rocher , qu’il avait offerte à son grand-père, qui en avait fait présent à Marie Bonaparte, alors que son petit-fils s’en étonnait, Freud  lui aurait répondu « c’est pour qu’elle t’achète des oeuvres plus tard », ce qu’elle fit, d’ailleurs.

Nous apprenons que dans sa cuisine trône le portrait de Balzac, encore un curieux de la Comédie humaine, comme son grand-père.

Marlène Belilos

A voir à Beaubourg, à partir du 10 mars  au 19 juillet

Un catalogue avec des articles de qualité, une chronologie bien faite, des photos de David Dawson, à ne pas manquer.

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Responses

  1. J’ai vu l’expo samedi, j’ai été trrès « touchée ». Lucian Freud arrive a déborder le cadre, on dirait que ses corps « dégoulinent » des tableaux. Il sait capter la lumière et rendre vivant la saleté, l’horreur du corps avachi, vieux, laid. Même les hommes sont repoussants je trouve, et son atelier est sale… on est entre l’horreur et la fascination, le dégout et l’attirance : n’est ce pas la définition de la jouissance ?

    • Oui, votre réaction m’intéresse, mais je ne suis pas du tout d’accord avec vous. Pour aller plus loin, je trouve que c’est un copiste besogneux dont on ne sait pas où il va, aucune envolée, hyper-réaliste, pompier avait-on-dit? Pompier de la couperose? J’arrête, là. Non vraiement

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