Publié par : marlène Belilos | avril 8, 2010

Au Quai Branly: Comment se révolter? Jam

Jacques -Alain Miller apostrophé par Catherine Clément devait répondre à la question : Comment se révolter?

Cette conférence donnée au Musée du Quai Branly, dans le très beau théâtre Claude Lévy-Strauss, faisait partie d’un cycle sur le thème: Est-ce ainsi que les hommes vivent? emprunté à Louis Aragon.

Je donne ici mes impressions et quelques phrases que j’ai notées au fil de la plume, pas plus.

Jacques-Alain Miller dit qu’il  a reçu cette apostrophe comme un oracle et comme une énigme.

Il a été docile, dit-il, à la demande de Catherine Clément, il est au moins le un qui ne se révolte pas et est prêt à répondre. Il a donc trois mots pour supporter son discours, un propos qu’il lance comme une bouteille à la mer, comme la révolte même.

Une révolte, ça ne se délibère pas, du registre de l’émotion, plus que de la raison délibérative, il a relu à cette occasion »La révolte des Anges » d’Henry de Montherlant( D’une bibliothèque les volumes disparaissent, c’est un ange révolté qui les dérobe.)

La révolte est disjointe du savoir, la révolte ne pense pas. Mais la révolte n’est pas la subversion, qui elle demande la connaissance approfondie de l’ordre qu’il s’agit de ruiner, différente de la révolution. La révolte a lieu dans l’instant: C’est la rencontre d’un impossible à supporter. Ce n’est pas pour rien que Catherine Clément a invité un psychanalyste. Concerne des personnes chez qui la rencontre ne suscite aucune révolte. L’impossible à supporter est chez vous, la révolte c’est quand vous situez cet impossible chez les autres. On recherche une thérapie quand on est le siège d’une révolte intérieure. Une partie de vous se révolte. « J’écarte l’idée de thérapier la révolte, elle est à respecter comme telle. le non porte à l’incandescence le négatif qui ferait l’honneur de l’humanité ». A relu aussi « L »homme révolté  » de Camus, dans lequel Camus y introduit un cogito collectif « Je me révolte donc nous sommes »

Le révolté paie de sa personne, met sa vie dans la bagarre, le sérieux de sa révolte se mesure à ce que le sujet met en jeu: perte de ses gains, de sa liberté et de sa vie aussi.

Toute révolte ouvre sur un horizon de mort, met en jeu l’héroïsme. C’est le pari de Pascal, un jeton en vue d’une rétribution. Les sacrifices, les suicides pensent gagner une rétribution. Au cours du siècle dernier: Histoire ou sens de l’histoire, « les lendemains qui chantent », c’était le titre d’un livre, Gabriel Péry, un résistant du PCF, fusillé. La révolte à l’origine ne spécule pas sur la vie, tient dans l’instant. Elle est un ravissement, enter rassemblé dans l’unité de votre être vers la mort.

L’homme révoltant est le partenaire de l’injustice. La révolte vise l’autre, je n’atteins l’autre qu’à me sacrifier, cette idée est travaillée par le suicide. Comment se révolter de la bonne façon ce qu’on peut attendre d’un psychanalyste, averti de la revertion de la révolte ne pas s’y engouffrer mais marquer le pas.

Publicités

Responses

  1. super !!!! merci pour ces mots qui me produisent une revolte des pensées et vont dans le sens de ma bataille !

  2. If only I had a penny for every time I came here… Incredible writing!


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :