Publié par : marlène Belilos | avril 17, 2010

Biennale Venise 2007

De quelques vénitiens et événements artistiques

Sur la Place Saint-Marc à Venise.6 ans que je n’étais pas revenue.

C’était en 2001, Cyrille Putman faisait remarquer les manques dans l’éclairage des monuments. Ici, disait-il, on inonde les monuments de lumière. A Paris on dirige de fins pinceaux lumineux.

Cette même année Harald Szeemann , deux fois organisateur  de la Biennale en  1999 et  en 2001, écoutait avec intérêt un artiste chinois lui expliquer que pour faire fuir les pigeons en Chine, tout le monde se mettait à battre des mains. On imagine les applaudissements de milliards de chinois.

Il est vrai que selon les lieux à Venise c’est un peu une calamité, même si comme le dit cette « cameriere » de l’hôtel Bauer, « è Venezia ». C’est Venise.

Szeemann est présent partout à Venise et Beuys lui rend hommage.

Vittoria Vianello

Pas très loin de là, Vittoria Vianello finissait son repas au restaurant Santo Stefano sur la place du même nom. Elle m’a longuement parlé de son mari, mort il y a quatre ans.

Un «  tesoro », c’est le seul mot qu’elle trouve pour le qualifier.

Elle a 84 ans, et déjà à l’époque,  elle n’en a fait qu’à sa tête. Sa mère aurait souhaité qu’elle épouse un avocat, elle a épousé l’homme qu’elle aimait. Dans l’Eglise sur cette même place. Elle a perdu l’enfant qu’elle attendait, elle était enceinte de 7 mois.Elle était tombée dans l’escalier. Elle est contente d’habiter in «  centro » de Venise, -elle le répète souvent. C’est étonnant de penser que Venise a un centre. Elle vit  dans une petite maison de deux étages, mais n’en occupe qu’un seul. Sur la terrasse, elle va arroser les citronniers, en souvenir de son mari.

Elle rit souvent et je la crois quand elle dit que chez elle tout est « lucido », brillant.  Elle a une gentillesse à considérer le monde.

Pour moi, elle ira prier Santa Rita et Padre Pio.  Je ne sais pas très bien comment le prendre. Quel rapport établir entre ses prières à venir  et ses propos actuels.

Emile au Florian

Sur la place Saint Marc, Emile  ressemble à un personnage d’un film de Visconti, avec son costume blanc impeccable, sa canne et son chapeau. J’apprends qu’il est là tous les soirs, il vient à la même heure prendre un café au Florian, avant que son fidèle Michele  ne vienne le chercher. Il  est aussi d’un autre âge, non qu’il soit très âgé- mais d’un autre temps. Il déplore la Révolution en France  qui a chassé les aristocrates de leur palais. A Rome tous les comtes vivent encore chez eux. Lui Emile, Comte de son état, a quitté la France, bien que ses parents y vivent toujours. J’entends là, quelque chose. Ses parents restés en France, cela ne lui déplait pas. Il aurait pris le large.

Il a eu un coup de foudre pour Venise et restauré un « palazzo ». Il veut me le montrer. Ce sera pour une prochaine fois, je repars demain.

J’ai envie de le revoir, je pars au Harry’s Bar et revient pour lui demander de m’accompagner. Mais c’est lui qui est parti.

Devant Gucci, les subsahariens- comme on dit en France- vendent des imitations des sacs Prada et à l’inverse devant Prada. Je découvre que les vendeurs à la sauvette ont des horaires et changent de lieu.

A la Biennale, il n’y a pas vraiment de choc. Elle est placée sous le signe de l’injonction « Pense avec tes sens et sens avec ton intellect »

On reconnaît alors les visiteurs, dans les rues de Venise, aux grands rouleaux qu’ils essaient de porter sous leur bras.

Ce sont ceux de  l’artiste américain Felix Gonzalez -Torres qui engage les visiteurs à se servir. Une feuille cerclée de noir et une autre sur laquelle est indiqué que c’est la tombe du soldat américain.

Le pavillon américain, le pavillon italien , le pavillon français avec Sophie Calle.

Je comprends que cette formule : « Prenez soin de vous » ait pu l’intriguer, mais de là à en faire un pavillon. Sortis de Paris, les interprètes de la formule sont inaudibles.

Harald Szeemann toujours lui, voulait abolir les pavillons nationaux. Manifestement il n’a pas été suivi. Au contraire, ils sont disséminés dans toute la ville et d’autant plus visibles en tant que tels.

Pourtant un des slogans de la Biennale est « Pour l’art  pas d’étrangers » .

C’est paradoxal.

Paradoxe aussi de se retrouver le plus à l’aise au Palazzo Grassi chez Pinault qui expose une partie de sa collection.

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