Publié par : marlène Belilos | mai 12, 2010

Mes notes Cours Jam, 12 mai 2010

Avertissement au lecteur: il s’agit de notes prises au fil de la plume, sans enregistrement,pouvant comporter des erreurs et n’engageant que ma responsabilité , il ne s’agit aucun cas d’une transcription complète et prétendant à l’exhaustivité de la pensée de Jacques-Alain Miller

Depuis un mois, vous avez eu autour de Freud, né en 1856, une actualité distillée pas par ses affidés, mais par ses adversaires, relevant non de l’éloge, mais plus de la diffamation. Freud passionne le monde médiatique. En 2010 il y a un phénomène Freud.

Ce qui en sortira une fois apaisées les passions n’est pas prévisible. Je serai porté à me fier au dicton qui a cours sur Madison Avenue, où crèchent les publicitaires: 3 La mauvaise publicité n’existe pas, c’est de la publicité dès qu’on parle de vous. On parle de Freud, ce phénomène en termes marchands coïncide avec l’entrée dans le domaine public de son oeuvre et donne lieu à des traductions nouvelles. Il y aura dans l’avenir une possibilité de se mettre à lire Freud. Au centre du débat, ce n’est pas l’oeuvre de Freud, pas la pratique de la psychanalyse. Il y a la vie de Freud. Ce phénomène st de nature à nous interroger sur la place de la biographie dans l’idéologie contemporaine. Cette idéologie ne veut pas de grands hommes, elle est inquisitoriale. Pour attirer l’attention, le slogan c’est  » on vous trompe ». Un sociologue allemand , Ulrich Beck, avait qualifié la société contemporaine de société du risque. Chacun se trouve dépendant d’un ensemble d’appareillages complexes échappant au contrôle de l’individu. Il est différent de monter à cheval, ou de monter dans un avion. Pour le cheval, il est question de savoir si vous avez l’habitude, la compétence, si vous connaissez l’animal. Vous avez la capacité d’évaluer les éléments de l’action que vous entreprenez. Pour l’avion, vous pouvez choisir la compagnie,  bonne ou mauvaise réputation, vous n’êtes pas en mesure de contrôler l’appareillage, vous êtes tributaire d’un ensemble de procédures qui requiert un acte de foi dans la fiabilité où vous allez confier votre vie. A partir d’un certain degré de civilisation, le citoyen est conduit à s’en remettre à l’aveugle à un nombre de choix faits par d’autres, pas vérifiés par lui-même et qui pourtant conditionnent sa survie. La société du risque , une interprétation de la vie contemporaine, pas indigne au sens analytique. L’existence de ce risque est omniprésent. Dans ce pays on a introduit dans la constitution le principe de précaution qui répond à la société du risque. A côté, il est  une autre conséquence: « La société du soupçon » . Quand ce soupçon est intensifié dans un discours, il va jusqu’à nous donner une société inquisitoriale. Il fut un temps, la deuxième partie du 19ème siècle, le début du 20, on constate qu’il y avait une révérence aux grands hommes. Le thuriféraire Carlyle portait très haut l’idéalisation des grands hommes, vouée à servir d’étalon aux ambitions de tout un chacun. Cette révérence est passée emportée par ce que Hanna Arendt appelait la crise de l’autorité. Elle était en mesure de diagnostiquer une crise de l’autorité de la société contemporaine, aujourd’hui jusqu’à la dérision et au ravalement. A tout grand homme, « tu n’es rien que ce que je suis ». Ce qui se présente excédant ma mesure, l’excès qui valait le respect, le sentiment de la distance, aujourd’hui provoque un ressentiment. Nous avons affaire à une satisfaction dans le ravalement qui est d’époque. La psychanalyse est née au moment où le culte des grands hommes battait son plein. Il n’est qu’à songer à la place éminente qu’occupait  la figure de Goethe pour Freud. Leonard de Vinci , dont il a tenté une lecture analytique,  était rangé dans la catégorie des grands hommes dominant l’histoire de l’art de l’époque et servant de repère à la création artistique. Grands hommes était un sintagme prégnant pour Freud, de songer à se hisser à ce statut .Désormais c’est désuet, les optimistes vous diront que c’est un progrès de la démocratie et de l’égalité qu’elle emporte. L’idéologie contemporaine n’est pas favorable aux fondements de la psychanalyse. Ce que Freud a appelé le transfert et Lacan le sujet supposé savoir. Pour Freud, le ressort le plus essentiel du transfert, le sujet pouvait avoir conscience du sentiment de l’amour ou de son contraire, une passion majorant dans la vie du sujet la personne de l’analyste. Pour Lacan, rapport au savoir, le savoir mis en fonction est essentiellement caché, mis sous la barre S2, dans le discours de l’analyste, supposition de savoir.Le psychanalyste ne s’y identifie pas mais lui donne sa place, c’est la version lacanienne de l’ICS en tant qu’il prend sa place dans la cure analytique. Cette instance n’est pas observable, sa structure ne tombe pas sous le signe d’aucune représentation. La société contemporaine est intolérante au savoir supposé, tout expliquer, tout exhiber serait une condition de la démocratie. L’information doit être la plus complète pour que ce savoir soit transporté aussi là-bas et qu’il rende compte de lui-même. Qu’en est-il de ce savoir ainsi exposé on l’identifie volontiers avec la science. On suppose que ce savoir exposé donne le statut de la science. Un savoir qui rendrait compte de lui-même, un savoir auto-vérifié, un idéal qui fait florès. C’est une conception sommaire et erronée de l’histoire de la science qui intervient par changements de paradigmes. D’un côté cet idéal de la science soigne le soupçon apaise la crainte du risque. Dans une société diverse, hétérogène, un soupçon qui n’épargne pas la science ainsi définie.Elle est distribuée par des excès, la moralité peut-être soupçonnée.L’écologie arme le soupçon contre la science ainsi exposée. L’idée d’un savoir qui se soutiendrait de lui-même, Cyrano de Bergerac qui part vers la lune armé de son bouclier. Cette illusion d’un savoir qui serait dessous, toujours arbitraire, un oracle aux fondements du savoir. Parce que le savoir est troué que peuvent faire bouchons des noms propres. Phénomène  pour le psychanalyste.

Le nom de Freud est inéliminable pour la psychanalyse. Que questionner la vie de Freud, l’individu Freud, ça équivaut à une mise en question de la psychanalyse.

Puisque cette année mes propos:Vie de Lacan, j’y vois une invitation de traiter de la relation de Lacan à Freud.Ce rapport Lacan a fini par en donner la clé un propos impromptu: transfert négatif. Il l’a toujours tenu sous surveillance , pour mesurer ce que la psychanalyse devait à Freud mais aussi aux travers de son désir. Quand Lacan s’est trouvé exclu de L’Association internationale, organe voulu par Freud, Lacan a mis en question Freud. Il a fait le » Séminaire sur les 4 concepts fondamentaux ». Le nerf de ce séminaire, c’est la mise en question du désir de Freud, mise en question des signifiants maîtres et de la fonction du père. Il reste un Séminaire freudien, allégeance à Freud, mais ce qui le traverse, la 2ème partie de l’enseignement de Lacan; c’est le désir de rectifier ce que la psychanalyse doit au désir de Freud et d’outrepasser ses limites. le désir de Lacan n’est jamais un amour aveugle. On peut situer le rapport de Lacan à la psychanalyse elle-même, c’est d’abord un rapport cornélien, se soutient de la psychanalyse telle qu’elle devrait être et qui essaie de s’égaler à cet idéal, ainsi il peut dire moi au moins. Aussi un rapport racinien, quand il le peut et avec elle les psychanalystes. La critique qu’il adresse aux psychanalystes sont d’une méchanceté, d’une virulence auxquelles n’atteignent pas celles des gens de la boutique d’en face. Personne qui ne soit psychanalyste ne peut savoir à quel point ça foire, mesurer les limites qu’il a « positivées » dans son tout dernier enseignement: mode de jouir, le sinthome.. Limite  » ne varietur »à l’acte analytique , à ses effets, concerne le patient, l’analysant. Il y a l’analyste, ses limites de la pratique analytique qui lui font un destin peu enviable.Dans ses enseignements, il s’attache au psychanalyste comme il est et à la psychanalyse comme elle va. Se tient sur les bords du désespoir (Ecrits page 459). Situation de la psychanalyse en 1956, pour le 100ème anniversaire de Freud. Lacan demande de se reporter sur le psychanalyste sur le mathème de la passe, ne traite pas de la fin de l’analyse, du savoir de la psychanalyse, il fait une description satirique de la psychanalyse telle qu’elle s’organise.Indique sa position à lui quand il rédige ce texte, trois ans après scission de 1953, création de la SFP demande affiliation à l’IPA, demande d’exclusion de Lacan de la liste des didacticiens.

Lacan jette un regard sur ce qu’il a été, longtemps confiné dans sa pratique, n’a pas joué un rôle dirigeant dans la société, sa pratique, orientation du  rapport de Rome , voir : « Ses antécédents ». Désormais s’engage dans l’histoire en action de la psychanalyse. Partenaire de la nouvelle SFP dont il est l’un des fondateurs « Engagé au-delà de notre destin » L’ai-je voulu? L’ai-je désiré? ou est-ce que ,j’y étais coincé ?Il évoquera toujours cet espace d’incertitude, de n’avoir pas pu faire autrement. Met toujours en fonction la demande de l’Autre. Lacan doute de l’interprétation de lui-même. Autant il évoque sa pratique, sa pratique, la certitude de l’acte. Autant sa fonction politique, historique, a une certaine distance. versant racinien : « Alors qu’ici je parle de la situation réelle telle qu’elle est donnée.Ce texte réaliste qui sert d’arrière fond à sa tentative de changer les choses de ce qu’il a appelé une école: Proposition sur la passe d’octobre 1967, pas accueilli sans remous. des traces avec le discours à l’EFP (page 261 Autres Ecrits) . 15 décembre 1967 A Rome, nous avons le texte tel qu’il l’a écrit « la psychanalyse raison d’un échec ». Je souligne « échec » comme le résultat de son action pour décoller de la psychanalyse de 1956, a échoué avec son école. On peut résumer les circonstances, déçu de la proposition de 67, départ de notables avec leurs analysants. On peut reprendre la main, mais « échec » résonne autrement, son école hostile à la passe.. La passe est un échec. N’est pas un effet de surenchère, ça leur ferme la bouche et ensuite tout continue comme avant.

Echec résonne son enseigement se déroule dans les résonnances de ce mot. On peut comprendre la pertinence de son diagnostic, il y a obstacle à la régénerescence de la psychanalyse. L’ambition de Lacan de penser la psychanalyse avec Freud mais en dépassant les limites de la conceptualité. Son ambition passer du précepte au concept. De façon de faire auxquels il s’agissait d’obéir: précepte, lui se présente comme celui qui peut faire penser par soi-même.Rares sont ceux qui pensent la psychanalyse par eux-mêmes et qui restent dans le champ psychanalytique. celui qui a inventé le comportementalisme était un psychanalyste pour en sortir. Ne pas se contenter d’attitudes, d’habitudes de manières de faire. il mettra en exergue, les concepts, les mathèmes. Ce qui travaille Lacan, c’est l’ambition de mathématiser la psychanalyse, Postulation Spinoza au premier plan.Les affects de la vie , amours, désirs obéissent à un ordre logique, comme Spinoza sur le mode euclidien. Il s’avance avec signifiant, signifié, notions lévistraussiennes et empruntées au discours mathématique. mesure l’écart entre cette ambition et la situation réelle. Veut un mathème du début et de la fin de l’analyse, ne pas laisser à l’injonction morale. en 1956 se livre à une satire de la société analytique, comment les analystes font d’un savoir supposé. Il est très difficile de s’entretenir d’une dimension d’incommunicable. Satire car sur la base de ce savoir supposé, ils ne peuvent qu’édifier qu’une autorité fictive, qui ne se démontre pas. La place de l’analyste ce ne serait pas simplement le prestige.A Bruxelles « la psychanalyse est une escroquerie », ne pas se rancarder de la bonne foi de sa pratique. Un fondement de la psychanalyse elle -même « En raison de son savoir supposé pourrait aller jusqu’à des extrêmes ». Les inquiétudes que doit présenter pour l’analyste ce dont Lacan a donné l’exemple.On peut en pousser l’étude sur son style de vie, chapitre non écrit. Le psychanalyste est établi sur son « je ne pense pas », dans la position de rebut de sa propre pratique, entraîne une certaine mécréance quant au savoir, car ils savent que le secret du savoir de ceux qui en sont les agents c’est la jouissance, ils basculent alors dans une indifférence aux effets de savoir.Difficulté à prendre parti, à se risquer, reproche est fait à l’analyste de « terrer les coutures mentales » en 1956. Aucun événement de savoir n’est en mesure d’attaquer la psychanalyse. Il y a un crédit que la science accorde à la psychanalyse en 1956, en 2010, le crédit est remplace par le discrédit. cette exigence du discours commun à la psychanalyse n’aurait pas déplu à Lacan, déçu que le pouvoir ne demande pas plus à son Ecole. . en 1956, le crédit c’était l’incommunicabilité de l’expérience, s’est toujours mesuré pas tranché. Il faut être passé par une analyse de la communauté scientifique. un effet de ségrégation intellectuelle :le savoir supposé conduit au ghetto. , il a tenté de les en faire sortir ce qu’il appelait « l’Ecole soit en mesure de répondre ».Depuis lors progrès: exigence du savoir exposé de façon toujours plus insistante, la psychanalyse est en mal de reconnaissance : ethnologie, neurosciences se passer des recours extérieurs. Le retour à Freud que Lacan a rêvé structuraliste entre Jakobson et Lévi Strauss, laisse la psychanalyse exposée à des revendications abusives. Retour à Freud apparaît essentiel, on a à répondre de Freud, pas sur le mode de la dévotion, mise en question du désir de Freud, ce qui perce du désir de Lacan.

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