Publié par : marlène Belilos | mars 13, 2012

Ne tirez pas sur le psychanalyste! (envoyé à Libé mais publié par Rue89, le 30 mars.)

Ne tirez pas sur le psychanalyste

Depuis quelques jours, je ne comprends pas bien ce qui se passe. Oui, je sais bien que nous avons changé d’époque. Que vaut aujourd’hui une discipline qui se situe du côté du léger trébuchement de langage, du côté d’un oubli, d’un acte manqué? Qui veut encore écouter, ce qui est oublié ? Que vaut-elle face au sérieux? En fait un sérieux surtout revendiqué des maîtres en courbe et évaluations de toutes sortes.

Comment évaluer aujourd’hui ce petit rien qui fait que vous vous reconnaissez d’abord et avant tout dans ces répétitions que vous ne souhaitez pas. Que vous ne comprenez souvent pas pourquoi vous avez agi ainsi alors que vous ne le souhaitiez pas.

Ce qui m’interroge ce sont ces politiques, ces médecins qui déversent leur bile contre la psychanalyse. Que leur a-t-on fait? Ils veulent évaluer la psychanalyse, celle-ci n’est pas assez scientifique, eux sont sérieux ils ont des chiffres, des courbes, des évaluations.

Il est vrai que la psychanalyse est du côté, du petit trébuchement de langage.

La bagarre s’est déclenchée à propos de l’autisme.

Ecouter les autistes. Bien entendu cela paraît paradoxal, me direz-vous. Pourtant c’est ce que les psychanalystes essaient de faire. Que veut dire parler pour un enfant plongé dans un grand mutisme? Etablir peu à peu un contact, chercher des signes de reconnaissance, rentrer dans son temps.

Mais tout cela n’est plus d’époque, on n’est plus à l’époque de l’empathie généralisée.

Bettheleim, Cooper, sont devenus des gros mots. Je ne suis pas forcément d’accord avec eux mais ils partaient du sujet en souffrance, en le considérant toujours comme un sujet.

Un enfant qui ne parle pas, quelles en sont les causes, les raisons ? On n’en sait rien, mais ne vous faites pas de souci dès que l’on aura isolé quoi que ce soit, une zone dans le cerveau par exemple, on trouvera la molécule.

Ce qui m’interroge, sans vouloir que tout le monde partage mon avis, et surtout pas des parents qui n’en peuvent mais, et confient leur enfant là où c’est possible, et toujours pour son bien, ce sont ces rangs serrés contre la psychanalyse.

Freud, Lacan, des empêcheurs de tourner en rond?

Collègues et amis, journalistes, poètes et écrivains, défendez avec nous la possibilité de rêver sans être évalué, de chercher dans le petit trébuchement de langage le signe de l’inconscient.

Marlène Belilos

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