Publié par : marlène Belilos | février 15, 2013

pacifisme bêlant ou pacifisme hurlant

Le pacifisme bêlant sʼoppose au pacifisme hurlant

Jʼai eu lʼoccasion en présentant le recueil «Freud et la guerre», aux éditions Michel de

Maule, de développer la position de Freud sur la guerre, une position qui évolue, et nʼest

pas la même en 1914 et en 1933. Jʼaimerai dans lʼaprès-coup vous livrer quelques

réflexions sur le pacifisme de Freud, dont on peut suivre les fluctuations dans ces diverses

correspondances.

Sʼattacher au «pacifisme» de Freud cʼest tout lʼobjet de son débat avec Romain Rolland,

mais aussi avec Van Eden et Einstein bien sûr. Freud signe un appel mondial contre la

guerre en juillet 1932, il en a signé un comme Einstein, à la demande Van Edden dans Die

Amsterdammer ,

Pour le dire vite cʼest une évolution entre son patriotisme du début de la première guerre

mondiale, lʼengagement de ses fils et un scepticisme qui apparait assez tôt et bien avant

la veille de la deuxième guerre.

Le débat sur la guerre et la paix oriente pour Freud son débat sur la mort et la vie, et est à

lʼorigine de sa deuxième topique, cʼest ʼécriture de «Au-delà du principe de plaisir»,1920

qui marque sa découverte de la satisfaction liée au masochisme, lʼinstauration dʼ «un

principe de déplaisir», comme le souligne François Ansermet (,Note 1) dans son article

sur «Retour à lʼinanimé»

Les paires oppositionnelles: paix/guerre, sont ainsi à mettre en parallèle avec vie/mort.

Ainsi Freud revisite le«Si tu veux la paix prépare la guerre» pour «Si tu veux la vie

supporte la mort»

En1933, le pacifisme est qualifié de bêlant ; de fait il sʼoppose au «pacifisme hurlant» de

1914.On peut hurler pour la paix avant 1914 mais en 1930, en parler cʼest bêler.

Lʼexpression «pacifisme bêlant» est de la revue Esprit à la fin des années 30.

Cette accentuation sur lʼintensité de la voix mʼa arrêtée.

Cʼest que de 1914 à 1933 la situation a changé.

Avant 1914, comme le note Marc Ferro,(note 2)» les rares images dʼactualité de

1911montrent des masses déliant au cri de «guerre à la guerre».

«Ce sont les pulsions patriotiques nationales qui dominent», et de citer,» Benedetto

Croce qui disait «le socialisme est une idée mais le patriotisme» est un instinct.»

Cʼest la place au pacifisme hurlant

Après la première guerre» qui sʼest traduite par des millions de morts, revendiquer le

pacifisme cʼest agressif, la gauche est pacifiste depuis la révolution russe qui a montré

lʼexemple, cʼest la place au « pacifisme bêlant».

Marlène Belilos

Note 1 François Ansermet in Freud et la guerre «Retour à lʼinanimé»i

Note 2 Marc Ferro

Politique Autrement

Lettre N°31 Février 2004 Histoire et signification du pacifisme

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