Les attitudes deviennent forme.Villa Douce,Reims

Conférence à la Villa Douce

(voir lien ) texte conférence ci-dessous
Conférence exceptionnelle
organisée avec le soutien de l’Association des Amis du Frac Champagne-ArdenneLe Frac Champagne-Ardenne

a le plaisir de vous inviter à la conférence de

Marlène Belilos, psychanalyste

le jeudi 20 mai 2010 à 18h30

à la Villa Douce / Université de Reims Champagne-Ardenne
9, bld de la Paix F-51100 Reims

Il y a 40 ans, à Berne, l’Anti-Metz

 

Harald Szeemann organisa «Quand les attitudes deviennent forme, un point de rupture dans l’histoire de l’art.»

C’était en 1969, je travaillais à la télévision suisse romande, Harald Szeemann m’avait appelée

« Cette fois-ci il faut venir filmer cette exposition avant le vernissage. Non, il n’y pas d’œuvres ».

C’est ainsi que je réalisais ce film. Mars 1969 je me rendis à Berne pour rencontrer des artistes que je n’oublierai plus jamais, c’était il y a 40 ans. Des phrases brèves une ambiance de chantier tous lancés dans une aventure folle à la poursuite d’un point d’impossible.

Depuis la question, ma question à laquelle je ne suis pas arrivée à répondre.

Pourquoi cette exposition a-t-elle été. autant commentée. Pourquoi représente-t-elle pour beaucoup d’artistes et de commissaires d’expositions encore aujourd’hui, une référence incontournable.

Pourquoi encore l’été dernier, la Fondation Prada décida de reproduire l’exposition.

En écoutant , Laurent Lebon lors de l’inauguration du Centre Pompidou à Metz, j’attendais le moment où il se référerait à Szeemann, et bien sûr cela n’a pas manqué.

Pourtant la démarche de Szeemann, c’était l’anti Metz.

La Kunsthalle, c’est un bâtiment,  qui ressemble à une espèce de temple protestant. Rien de glamour. Du béton et encore du béton. Un cimetière, disait Szeemann,qui en prenant ses fonctions en 1961, déclarait « je ne serai pas le gardien d’un cimetière».

Mais alors aussi, tout sauf le chef d’œuvre, qui comme vous le savez a été le titre d la première exposition de Metz. Un bâtiment magnifique sur des chefs d’œuvres .

Ce qui a fait dire à un artiste que c’est un couvre-chef d’oeuvres.

 

Quelques exemples de cet engouement autour des attitudes

A Barcelone, au MACBA, en mars 2009, 40 ans après à Londres ,  Florence Ostende, et Kari Conte, qui finissaient leurs études en tant que commissaire d’exposition, curator, dit-on, au Royal College of Art à Londres , ont présenté ce film pour leur travail de fin d’études, dont le thème était « le caractère éphémère d’une exposition ». « l’homme à l’esprit  divisé »

Le travail s’intitulait « Replay the show », rejouer le spectacle.

Cela m’avait beaucoup émue de le montrer là, car Szeemann des années auparavant l’avait souhaité. Le film que je lui avais envoyé, s’était égaré.

Je l’avais envoyé à Tegna où il habitait désormais et le film est arrivé en Tunisia.

Finalement je l’ai amené .

Comme dirait, Jacques Lacan un message arrive toujours à destination.

Mais me direz-vous toute exposition temporaire est par nature éphémère, alors celle-ci, qu’avait-elle de plus éphémère que les autres ?

Mais Szeemann qu’avait-il avec l’éphémère?

Je pense aujourd’hui avec le replay de Venise que cette exposition a des possibilités infinies, elle est devenue permanente.

Petite anecdote, il y aurait peut-être une réponse de ce côté-là.

En lisant la biographie de Szeemann, notamment au sujet de l’exposition qu’il réalisa sur son grand-père, il dira qu’il est l’inventeur de la permanente.

Bon laissons cela pour l’instant.

A la Biennale de Venise, 1997, Fabrice Hybert qui gagna cette année-là le grand prix pour le pavillon français, avait intégré ce film, dans son installation. Il était venu voir le film avec Szeemann chez moi.  Au centre Pompidou en 2006, la bibliothèque Kandinsky, avait organisé en sortant des photos de ses archives une exposition dont le thème était « Sortir de l’Atelier », là aussi une partie du film fut présentée. Sortir de l’atelier était-ce cela qui caractérisaient  « Les attitudes deviennent forme? »

Au centre culturel suisse, 18 mars 2005, enfin après le décès de Harald Szeemann, avec le directeur je projetais ce film sous forme d’hommage.

Je me trouvais devant le lieu un quart d’heure avant.  Personne. Je me suis dit cela fera un flop. Je téléphonais à quelques amis histoire de ne pas me retrouver seule.

En fait le centre a du refuser du monde : il y avait les artistes contemporains dont Boltanski, Annette Messager, Ben et tant d’autres.

Au FRAC à Metz, juillet 2005 festival des latittudes, justement et aussi à Erevan et encore en février au festival de Toronto.…

Alors imaginez-vous moi, qui n’étais que journaliste et productrice, à l’époque à la télévision suisse romande, responsable des émissions artistiques, pourquoi étais-je marquée à ce point par cette exposition ? Quelle était cette prégnance.

J’avais filmé à ce titre de nombreuses expositions, dont d’ailleurs de nombreuses expositions organisées par Harald Szeemann, lui-même, alors ?

Pourquoi alors bien des années après aujourd’hui plus de 40 ans , je n’ai eu de cesse que de vouloir faire découvrir cette exposition

C’est ainsi qu’après de multiples démarches, et à l’époque les encouragements de Jean-Jacques Aillaghon , alors président de TV5, que j’ai pu grâce à Catherine Millet et à Artpress, réaliser un DVD.

Ce que j’essaie de vous dire là, de m’expliquer c’est pourquoi m’avait-elle autant frappée ?

Bien sûr c’est une exposition qui avait fait scandale.

Mais cela n’était qu’un effet, et à l’époque,il y en eut d’autres de scandales, des tentatives de happening.

Et j’avais filmé le Living Theatre, invité par Szeemann, le premier spectacle d’Ariane Mouchkine 1789, qui était venu donner une représentation à la Maison de la Culture de Thonon

Il y avait, il est  vrai une expérimentation de nouvelles formes d’art.

Mais cette exposition, c’était encore autre chose.

Elle fit scandale, oui.

La population bernoise réagit en déposant un tas de fumier devant le bâtiment, des jeunes recrues comme on dit en Suisse, des appelés, vinrent brûler leurs effets militaires, devant le bâtiment, du jamais vu.

Oui, il y eut un débat au Conseil municipal de la ville de Berne, sur la fonction de l’art.

Oui, elle provoqua en définitive le départ de Szeemann de la Kunsthalle de Berne.

Szeemann quittera le 1er octobre 1969, la Kunsthalle pour inaugurer son Agence de travail intellectuel à la demande. C’est ainsi qu’il  s’extrait de l’institution et devient indépendant.

Cette agence, il  la place à la Fabbrica Rosa, à Maggia, dans le Tessin, dont les archives un kilomètre ont été rachetées par le Museum Paul Getty a Los Angeles.

Tout le monde et chacun entendit donc quelque chose qui se perpétua et qui se perpétue encore.

Pour moi, j’avais eu la chance d’être là au bon moment, et au bon endroit, il n’y a pas de hasard. Mais plus que cela, j’avais été physiquement dans ce lieu, où la création était en train de se faire, il y avait eu pour moi en même temps perception et j’assistais à la mis en place du concept, ils commentaient pour moi.

Peut-être que j’étais devenue dépositaire de la trace de cette expo avec ce film. C’est ainsi que je me l’explique aujourd’hui.

Je n’en tire aucune fierté mais peut-être est-ce ainsi que je peux m’expliquer cette nécessité de témoigner.

C’est tout ce qui reste de cette démarche, avec le catalogue,  puisque les  œuvres n’en étaient pas.

 

Qui est cet homme qui a fait sa thèse sur Albert Jarry.

 

Harald Szeemann quand il organise cette exposition «  Les Attitudes «   travaille déjà depuis 9 ans à la Kunsthalle de Berne, où il a organisé de nombreuses expositions.

Pas n’importe lesquelles : chacune permet à la capitale suisse de découvrir un pan de l’histoire de l’art en train de se faire.

En juillet 1967, voilà ce qu’un journaliste Edouard Perron,  de La Suisse, un journal populaire disait de lui. Il intitulait son article « Visite à un homme heureux »

« De bonne grandeur, un air imposant qu’il doit plus à sa barbe de marin qu’à sa corpulence, ici c’est un peu jeu de mots Szeemann veut dire marin en allemand, l’oeil vif et le plus souvent chargé de malice, comme s’il faisait une bonne blague, Harald Szeemann- mi-bernois, mi-anglais, si l’on en croit ses deux passeports et malgré son nom hollandais- tient en mains, depuis 1960-61-les destinées du Musée d’art moderne de la ville de Berne.

 

Petite incise ici : La Kunsthalle, est plus un lieu d’expositions temporaires, qu’un Musée d’art moderne, ne possède aucun fonds propre.

Et  un temporaire, qu’il prendra au pied de la lettre.

« …conscient de la tâche informative qui lui échoit de par le subventionnement de la Ville et de par l’appui de la société privée qui l’emploie-un comité d’artistes locaux-, s’est fixé un double but : faire connaître les têtes de file du mouvement pictural et sculptural actuel, les morts aussi bien que les vivants, et développer certains thèmes de l’art moderne en les présentant sous leurs multiples faces et facettes ; C’est ainsi qu’il s’est appliqué à réunir le plus possible d’oeuvres d’un Morandi, d’un Vasarely, d’un Herbin, d’un Hundertwasser, et des Suisses les plus marquants pour la peinture, ; d’un Etienne-Martin, d’un Kowalski, d’un Link, pour la sculpture, et de bien d’autres dont le nom a échappé à notre plume. C’est ainsi qu’il a organisé de toutes pièces des expositions comme « lumière et Mouvement, comme « Blanc sur blanc », comme les jeunes sculpteurs anglais, comme la rétrospective du surréalisme, ou comme cette étonnante plongée dans la Science-fiction qui attire des amateurs et des curieux du monde entier… »

 

 

L’exposition  du point de rupture

L’exposition se tint à Berne du 22 au 27 mars 1969,

Le titre tout d’abord  fera discussion Antiform, sur une idée de Robert Morris, Microemotive art de Piero Gilardi, une discussion à laquelle les artistes sont déjà associés.

Finalement c’est « Les attitudes deviennent forme » qui émergent avec comme sous-titre

« Live in your head »

En Hollande, au Stedelikj Museum où les mêmes artistes seront présents, le titre sera en néerlandais , une jolie expression que l’on peut traduire

« des vis carrées dans des trous ronds »

Est-ce pour cela que l’expo ne rencontra pas le même succès ?

Comment se décida-t-elle ? On peut se reporter au journal que tenait Szeemann .

22 juillet, 1968 à Amsterdam

Szeemann raconte qu’il préparait une exposition sur les jeunes artistes hollandais et qu’il a  poussé par erreur la porte de l’atelier de JanDibbets, qui le vit arroser du gazon sur une table, « un geste »et qu’il décida alors de voir s’il trouverait d’autres artistes qui dans le monde avaient de tels gestes.

Le journal de Szeemann

On ne peut pas exposer des gestes

Mais Dibbets me parle de deux autres artistes en Hollande –de Ger Van Elk est ses créations à partir de ficelle et de toile , de Marinus Boezem le sculpteur d’air-de l’Anglais Richard Long avec ses marquages de terrain. En Italie, un artiste , connu pour ses tapis en polyuréthane figurant des paysages de jardins et de lacs, aurait décidé d’arrêter son oeuvre et de faire pour ainsi dire, de l’art en parlant de nouveaux artistes : Piero Gilardi-suisse lui aussi.

19 novembre 1968 à  Arnhem

« comme une réunion d’artistes, à partir de laquelle l’exposition se créerait tout naturellement :pas de transports, pas de marchands d’art, mais le résultat de la discussion entre les artistes, et de l’autocritique du musée. De ce fait le titre de l’exposition devait être aussi anodin que possible, plutôt que d’être un nouveau « hit » qui postulerait un mouvement. De mon côté, je pouvais assurer que chaque artiste serait représenté comme il l’entendait, ne faisant un choix que si tel était le souhait de l’artiste. L’exposition ne devait tout simplement pas être marquée du sceau du musée, mais prouver qu’on pouvait produire quelque chose de différent en partant du même(entre les artistes) esprit »

Maintenant, Szeemann s’est soumis –volontairement –au flot d’idées de tous les artistes, compagnons de cette aventure. Je pense à cela , car après il y aura des critiques qui diront qu’il est devenu lui-même un super artiste et s’est substitué à eux. Je mesure à quel point cette critique était non seulement erronée, mais il ne fallait pas avoir compris la démarche elle-même pour la formuler.

New York, 13 décembre

Pour Bruce Naumann «  l’exposition doit montrer les deux dimensions private et public pieces, l’exposition une addition des distances requises par les objets et les situations »

Bob Morris voit ce nouvel art « comme une interaction entre l’oeuvre et le matériau à partir d’une gestalt toujours changeante »

Joseph Kosuth , en tant que conceptualiste, il dédaigne de donner une forme physique à ses idées.  Ses œuvres sont des pensées sur l’art,  phrases clés inscrites sur des panneaux ou comme à Berne insertion dans le journal local de 4 annonces sur la classification des catégories de l’espace.  Chaque bernois a sans le savoir un Kosuth, « Artworks for everybody in local newspapers »

Michael Heizer, chez lui il ne s’agit plus d’exposition. Ses travaux dans le désert sont des traces fascinantes . dans un premier temps, il a encastré dans le sol des formes conçues par lui comme pour faire violence à la nature. Depuis peu il lui importe plus de laisser une trace dans le désert que d’imprimer son style dans la nature.

Serra, j’essaierai d’obtenir un billet pour lui, afin qu’il puisse faire de nouveaux travaux directement sur place à Berne, avant tout la Splash piece 210 kgs de plomb fondu. J’ai obtenu de Cologne la Belt piece qui servira d’enseigne à l’exposition.

Keith Sonnier, chez Serra tout est force. Chez Sonnier élégance brillance et désinvolture sa présence à Berne est incontournable, à cause de ses œuvres, des plaques de flock incorporant de la corde, collées au mur, et partiellement arrachées

Richard Artschwager il voudrait placer ses Blps à berne les Blps sont des formes anonymes comme des ouvertures de boîtes aux lettres, faite de divers matériaux et collées par l’artiste à divers endroits, à la manière d’un commentaire ou de façon autonome.  il propose comme titre « Weaks interactions »

Ca continue :  integrer Sol Lewitt et Carl Andre 

Kienholz représenté dans l’expo avec un concept tableau de 1966 » American trip » fait avec Tinguely.  Il prête pour l’exposition un Naumann du début et une œuvre immatérielle d’Yves Klein

14 février à Berne, la direction des téléphones accepte de mettre une ligne supplémentaire  afin que Walter de Maria puisse parler directement avec les visiteurs de l’exposition.

 

 

Qu’est ce qui se voulait là

Du 1-20 juillet 1968 Szeeman avait fait emballer la Kunsthalle par Christo.

« Déjà, dit –il, quand nous avons tenté l’emballage par Christo des bâtiments de la Kunsthalle afin de déclarer le musée comme œuvre d’art, visible par tout le monde et que le public n’avait plus besoin d’entrer, cela a provoqué pas mal de remous auprès des gens »

Les attitudes c’est autre chose « j’attendais avec impatience la réaction d’une nouvelle génération d’artistes qui devaient en quelque sorte donner forme à ce que les hyppies essayaient d’exprimer, à ce que tous ces mouvements de beatniks, underground et de la côte Ouest étaient en train de mijoter. Ainsi le geste est devenu primordial. C’est en quelque sorte au tachisme mais non plus sur une toile. Il existe maintenant une telle culture de l’objet qu’on s’exprime en objet. De cela est né le Land art et l’art conceptuel selon laquelle la manière de produire de l’artiste est déjà œuvre d’art, c’est l’idée de la priorité du geste. »

 

 

« retrouver le contact avec la nature ou intervenir dessus » 

Les artistes comme Marinus Boezem à l’initiative de l’exposition avec Jan Dibbets,  c’est ainsi que la carte postale qu’il envoie alors à Szeemann est totalement dans cet esprit « J’espère  cordialement que le temps sera doux pendant l’exposition, avec un vent soufflant à trois-mètres seconde, de telle sorte qu’il y ait une brise modérée : alors les feuilles et les brindilles seront  en constant mouvement, les petites branches commenceront à bouger, le papier et la poussière tournoieront au-dessus du sol.

Revendication poétique majeure, de Boezemn qui souhaite se confondre avec le vent.

Michael Heizer qui veut laisser une marque sur la terre est-ce plus dérisoire que les exploits astronautiques. Comme il le dit dans le film « à New York il n’y a pas de place. »

Rapport avec la nature mais aussi autonomie de l’objet artistique

Et surtout sortir du marché pas de vente possible

Comme le dit aussi Artschwager comme faire pour désigner dans ce monde où l’industrie réalise des objets parfaits.

Echapper aux marchands comme Walter de Maria qui en posant un appareil de téléphone avec des informations sur l’installation et une simple inscription L’artiste vous appelera peut-être

Des monuments dressés à leurs souvenirs

Que nous raconte Joseph Beuys

« Je ne suis pas si sûr de le savoir. Ce qui me parvient de son univers sinistre et pathétique a davantage de quoi me repousser que de quoi me charmer . Et pourtant il a là une sorte de grandeur morose jusque dans ses obsessions matérielles, le feutre et la graisse qui ne peut laisser indifférent. C’est un happening du souvenir, c’est à dire un happening immobile attentif à retrouver l’ambiance exacte, la chaleur juste d’une minute chère du passé. Passé mystérieux pour nous mais que Beuys nous invite à imaginer à partir de découvertes et de frayeurs enfantines puis de la rencontre de la camaraderie militaire d’un jeune homme de 19 ans mobilisé qui allait devenir pilote de stukas sur le front russe. Monuments qu’ils dressent à leur souvenir et qui se refusent au fignolage et au maniérisme ;

La dernière exposition

« En un sens , cette exposition est la dernière possible :au-delà il n’y aurait plus  ni musée, ni galerie possible. »

Telle était je pense l’utopie des artistes, dont 15 n’étaient représentés que par des photos ou des documents écrits, car ce qu’ils créent n’étaient pas vendable, ni exposable.

Finalement, comme le disait Walter Benjamin « Balzac le premier a parle des ruines de la bourgeoisie, mais c’est seulement avec le surréalisme qu’elles sont apparues en plein jour »

 

Les artistes , une nouvelle définition

 

Phillips Morris donne de l’argent, même pas tellement 25000 dollars, mais c’est le déterminant, et aussi un objet de scandale.Quel responsable de musée aurait pu en France faire inaugurer une exposition par un patron d’industrie ?

69 artistes viennent et font du lieu un atelier,

Car c’est le lieu même de l’exposition qui devient l’atelier

S’attaque à l’esprit de propriété, utopie irréalisable,

Après l’exposition rien, n’est créé, pas de chefs d’œuvre.

Aujourd’hui, j’ai entendu  M. Lebon citer un artiste, avec fierté, au sujet de l’exposition intitulé « chef-d’œuvres » à Metz. un « couvre chef d’œuvres », nous sommes à mille lieux de Szeemann.

En conclusion on peut dire que mettre en avant l’idée immatérielle, n’était pas de vendre un produit, mais d’avoir accès à l’expérience.

Ce mouvement est venu de la côte ouest des USA : la manière de représenter était plus importante que le contenu de la représentation.

Il a dit quelque chose de l’autonomie de l’oeuvre d’art comme Duchamp l’avait testé

Szeemann a quitté son travail après cette exposition.

Depuis son agence pour le travail intellectuel indépendant, pour pratiquer son métier de la manière la plus authentique possible il est devenu conservateur indépendant, rattaché au Kunsthaus de Zurich dès 1981, commissaire de la Dokumenta 5 de Kassel, en  1972,  Zeitlos Berlin 1988, Biennale de Lyon 1997,  Biennale de Venise en  1999 et 2001.

Il a toujours voulu considérer le musée non pas comme un lieu de reproduction mais comme un laboratoire. Les attitudes auront été l’expérience la plus extrême de son parcours.

Ce n’est peut-être pas tout à fait exact car après avec Fluxus il était venu me montrer des films qu’avec les techniciens de la tv nous avons regardé toute la nuit , mais qui n’étaient pas diffusable. Sûrement qu’ils annonçaient beaucoup de l’époque que nous vivons.

Pour Szeemann,  cette exposition aura été un point à partir duquel il a pu réaliser des expos avec les artistes en leur donnant des lieux autrement plus importants et majesteux que la kunsthalle, il faut l’avoir vu à Venise

Tout de suite après son départ de la Kunsthalle, il a fait la plus petite exposition dans son appartement , rebaptisé galerie « Grand-père, un aventurier comme vous et moi ».

Il a créé avec les artistes un nouveau type d’exposition

 

Il est mort le 18 février 2005.

« Il y a 41 ans, je me suis fixé l’obligation obsessionnelle de construire quelque chose avec les artistes et basé sur l’art, et depuis ça a toujours été excitant, je me suis tenu à ça. Et puisque, j’avais décidé d’être indépendant, ceci m’a forcé à emprunter la voie de l’innovation…..  Avec le plaisir et l’aventure, vous vivez mieux, et vous pouvez le croire, de la passion elle-même , de l’obsession, une nouvelle éthique a émergé, pour vous, votre lien social avec les autres…. Les artistes sont ma « non société », des individus qui me mettent en contact avec d’autres individus. J’adore cette merveilleuse propagation des énergies. Et je suis reconnaissant à chacun qui continue à me faire confiance, car ainsi je peux vivre mon obsession. »

 

 

 

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